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YUSEF U QASI, LE CAVALIER POÈTE DE MOHAMED GHOBRINI Les quelques traces d’un grand poète méconnu

4 février 2012

1.POESIE

Culture : 

«Je suis le ciseleur du verbe/Et lorsque se croise le fer/Je deviens maître des situations.» Ainsi parlait Yusef U Qasi Nath Jennad, le poèteguerrier qui avait vécu bien longtemps avant Si Mohand Oumhand. Mais à la différence de l’illustre créateur des «Issefra», la vie et l’œuvre de son prédécesseur restent méconnues.
La tradition orale n’a pas pu, pour ce qui concerne le fils des Ath Jennad, traverser aisément les siècles pour en conserver toutes les traces dans la mémoire collective. Et pourtant, d’après tous ceux qui, aujourd’hui, s’attachent à renouer le fil ténu, Yusef U Qasi était un poète de la grande espèce et qui mérite grand intérêt, hommage et reconnaissance. En nous présentant son opuscule Yusef U Qasi, le cavalier poète (écrit en tamazight, arabe et français), Mohamed Ghobrini nous aide à beaucoup mieux connaître le personnage. «Même si dans cette contribution modeste, avertit-il dans le préambule, les différentes parties de l’ouvrage sont imaginées, y compris le volet poétique qui n’est que fiction, il n’en demeure pas moins que l’ensemble des textes composant cet ouvrage tirent leur source de la tradition orale.» Malgré toutes les zones d’ombre entourant le poète et qui gênent considérablement un véritable travail de recherche, l’auteur n’a pas hésité à vouloir défricher le terrain et tracer des pistes de recherche pour les historiens et autres spécialistes. Une initiative louable, donc, et surtout une œuvre de pionnier qu’il faut saluer. A la lecture de l’ouvrage, l’on découvre que le poète «n’est pas seulement guerrier et stratège, mais aussi un sage, un fédérateur attitré et un meneur d’hommes. Personnage très influent dans toute la région de Kabylie, il fut l’un des principaux précurseurs du savoir à son époque, maniant le fer et le verbe avec une dextérité déconcertante». Né à Ath Gouaret (arch des Ath Jennad), vers 1680, Yusef U Qasi alliait tout à la fois les qualités de poète, de stratège et chef de guerre (contre l’autorité ottomane et son pouvoir beylical), d’homme sage et éclairé à l’esprit chevaleresque, d’érudit ( afsih) et de fédérateur aussi. C’est pourquoi sa vie s’apparente à une véritable épopée, de l’avis de Mohamed Ghobrini. L’aède, philosophe et homme politique était particulièrement épris de liberté. Il le disait si bien dans un de ses poèmes : «La liberté nous interpelle/ Il fait jour, le soleil est au zénith/Réservez-lui une place parmi vous» (p. 53). Mais comme c’est dans «l’adversité que l’on reconnaît les vaillants» (p. 39), et que la liberté seule ne fait pas la force, il ajoute : «Je vous recommande l’union/Attachez-vous à celle-ci avec cœur/Vous ne tomberez jamais.» (p. 45) Sur les derniers moments de la vie du poète (il est mort au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, sans autre précision selon l’auteur) ne subsiste malheureusement aucune trace ni témoignage transmis par la tradition orale. C’est le mystère total, notamment sur les circonstances de sa mort, souligne Mohamed Ghobrini. Toutefois, on peut toujours se recueillir sur sa tombe à Ath Gouaret. Enormément de travail reste donc à faire pour reconstituer un tel patrimoine culturel et historique. Selon l’auteur, les premiers jalons ont été posés, notamment grâce à l’association qui porte le nom du poète. Les bonnes volontés feront le reste. L’œuvre de Yusef U Qasi mérite d’autres efforts de recherche et de collecte pour qu’on s’y attarde. «Quand l’assiette est lavée/La lampe est éteinte/Il n’y a plus de place pour les tartuffes.» (p. 33) : n’est-ce pas là une belle preuve de cette sublime poésie d’antan qu’il faut revivifier absolument ? Mohamed Ghobrini, ancien journaliste et animateur d’émissions littéraires radiophoniques, conférencier et conseiller à la communication et aux relations extérieures au bureau des Nations unies (PNUD) est également connu pour ses essais en poésie berbère. En 2011, il avait obtenu le premier prix national de littérature amazighe.
Hocine T.

Mohamed Ghobrini, Yusef U Qasi, le cavalier poète, Editions El-Amel 2011, 94 pages.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/02/04/article.php?sid=129809&cid=16

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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