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Fatwa: «Voter c’est comme enterrer» par Kamel Daoud

25 janvier 2012

Chroniques

Premièrement. L’affaire Khalifa revient donc sur la devanture, mais sans Khalifa. Question que se posent les journaux et les cafés: verra-t-on revenir à la barre Sidi Saïd, Medelci, Teboune et Boujerra Soltani et les autres ? Que vont-ils nous dire de neuf ? Peut-on conjuguer le « j’assume » autrement qu’à la première personne gratuite et insolente ? On ne sait pas. Le premier procès Khalifa n’a servi à rien et pas même à rendre l’argent ou à savoir où il est allé et d’où il vient. Peut-être même que le but est d’y innocenter plus de monde que la première fois jusqu’à ce qu’il ne reste que Khalifa lui-même comme unique personne à juger et à charger. On ne sait pas. Les grands procès algériens sont toujours trop gros pour être avalés, depuis toujours. 

Deuxièmement. C’est une fatwa de Ghlamallah, le ministre de l’Islam. Voter est une obligation religieuse comme visiter un malade ou enterrer un mort, a-t-il dit dernièrement à un journal. Une extraordinaire comparaison qui ressemble à lapsus et une métaphore d’opposant. Voter c’est comme enterrer un mort ou visiter un malade, il faut le répéter pour bien comprendre. A partir de cette fatwa, il est facile d’écrire une chronique, rire sans fin et sans horizons, s’esclaffer ou réfléchir sur qui est le mort et qui est le malade dans cette équation. Le ministre a-t-il dit une vérité sans le savoir ? L’essentiel, au-delà de l’humour involontaire et très ministériel, c’est que les mosquées sont désormais à usage politique frontal : on y interdit de faire la politique, sauf celle de celui qui paye les imams. Pire encore, désormais, les listes des bénéficiaires des logements sociaux seront affichées sur les murs des mosquées, entre autres. Ainsi, si les émeutiers peuvent casser la maison du maire, ils n’oseront jamais s’attaquer à la maison de Dieu. C’est habile mais désastreux : l’Etat qui n’existe plus délègue sa symbolique, son autorité et ses signes à un autre espace de pouvoir et de légitimité. L’Etat ne peut plus compter sur ses autres institutions, ses partis affidés, ses kasmas, sa TV ou ses journaux, mais espère le secours des mosquées pour sauver les prochaines élections. Et cela est grave, lourd de sens et de démission, preuve de la fin d’une époque et du début d’un effondrement. La conclusion ? En croisement : juger Khalifa c’est comme rendre visite à un malade ou enterrer un mort. Et voter ? C’est comme prier. Dans une urne. 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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