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Bachar El Assad, comme si vous étiez assis dans sa tête par Kamel Daoud

15 janvier 2012

Contributions

Lu hier sur Eljazeera.net, l’un des meilleurs éclairages sur le délire du régime de Bachar, les intestins du régime, sa névrose meurtrière, son surréalisme et sa logique de maffia. Il s’agit du compte-rendu fait par l’un des imams de Homs (Anès Essouide) après trois entretiens avec Bachar depuis le début de la Révolution. Traduction libre de quelques morceaux d’une longue confession qui parle de sinistre humanitaire à Homs, de guerre fabriquée à partir de milices alouites armées, poussées à prendre position pour la famille du boucher, de religion et d’opération de déplacements de populations sunnites pour loger des populations alaouites commerçantes proches du régime. 

A la seconde rencontre avec l’imam du quartier de Bab Essab’a de Homs, Bachar expliquera qu’il était au courant des dépassements de ses milices et des armées et des moukhabrate. «Si vous avez en tête mille images, moi j’en ai dix mille. Ne me parlez pas des agissements négatifs. Je sais que la solution c’est de retirer les forces armées mais je ne peux le faire qu’après le retour au calme», dira-t-il pendant cet entretien qui a duré deux heures et demie. L’imam raconte lui avoir répondu que l’équation était fausse : les Syriens n’ont plus confiance et rien ne leur garantit la vie sauve s’ils reviennent à leurs maisons. La réponse de Bachar sera claire : «Je ne referais pas les erreurs des années 80». 

«Quelle est la garantie ?», interrogera alors l’imam. 

«C’est cela le problème : la perte de confiance», répondra Bachar. 

«Ne pouvez-vous pas remplacer les balles réelles par des balles en caoutchouc par exemple ?» 

Réponse de Bachar : «C’est autre, un autre problème : l’économie du pays est en ruine». Réponse décousue, inattendue, qui étonna grandement l’interlocuteur de Homs. Il découvrira par la suite ce qu’il qualifiera indirectement d’étonnante capacité de délire de Bachar et son don pour le propos décousu et sans lien avec le réel. 

«Par la suite, j’ai demandé une garantie pour ma vie si je parlais librement car je lui ai raconté que les «Services» m’avaient demandé des comptes sur ce qu’il avait dit, en tant qu’imam de Homs lors du précédent rendez-vous». La réponse de Bachar était étonnante : «L’essentiel est qu’ils ne me demandent pas des comptes à moi !», rétorquera-t-il en riant. 

«Je lui ai dit, Monsieur le Président, les gens dans la rue se demandent si vous avez le pouvoir de la décision ou pas ? 

«Pour quel raison», demanda Bachar. 

«Vous dites que vous n’avez pas donné des ordres de tirer alors que les tueries se poursuivent. Pourquoi ne punissez-vous pas ceux qui ne vous obéissent pas ? Il y a des noms d’officiers connus dans toutes les mouhafadate. – Et je lui ai cité des noms. Pendez ces gens-là puis organisez des élections, les gens voteront pour vous». 

Réponse de Bachar ? «Il m’a répondu d’une manière qui m’a choqué et Dieu est témoin de ce que je raconte. Il a dit : J’ai puni Attef Nadjib qui a arraché les ongles des enfants (à Dar’â). Et j’ai puni mon cousin Djamil Assad à Lattaquié. Et lorsque Banias a bougé, j’ai relevé le mari de la fille de ma tante. Et lorsque je l’ai suspendu, ma tante m’a appelé, une très vieille femme, et elle m’en a voulu et m’a fait des reproches. Tellement que je lui ai promis de lui redonner son poste à son gendre après la crise. Même ma mère m’a téléphoné pour le même sujet !» 

L’imam raconte avoir subi un choc en écoutant cet homme et ses explications surréalistes. «Je me suis dit comment parler à un homme pareil ? Un homme qui parle avec sérieux de la déception de sa tante et ne se soucie pas d’un peuple qui se meurt. Je ne savais plus en quelle langue discuter avec lui !» 

L’imam de Homs raconte avoir découvert, finalement, qu’il ne s’agit pas d’un Président mais de toute une famille qui régente le pays et Bachar n’en est qu’un membre et que celle qui gouverne vraiment, c’est sa mère, de par sa longue expérience avec le Père Hafed. 

Cela éclaire donc mieux que dix mille analyses sur le surréalisme de ce régime et son délire de dénis du réel et du meurtre qu’il commet sur les siens. Il s’agit d’une famille, pas d’un Etat. Elle ne partira que dans le sang car il s’agit d’un pays féodal, familial, propriété héritée du père et donc non transmissible au peuple. Bachar et les siens ne comprennent même pas qu’on puisse leur enlever ce qui leur appartient de droit… filial. Le monde est un complot pour eux. 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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