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“Une vie sur la pointe des pieds” de Hamid Grine Court, original et percutant

31 décembre 2011

LITTERATURE

Culture Mercredi, 28 Décembre 2011 

“Une vie sur la pointe des pieds” de Hamid Grine

“Une vie sur la pointe des pieds” de Hamid Grine    Court, original et percutant dans LITTERATURE 16_200_150

Court, original et percutant

Par : Madjid Hamlat

Ce recueil est la énième preuve littéraire que l’écrivain offre à ses lecteurs pour dire sa capacité de surprendre et de se renouveler. Vivace, fertile en faits qui détonnent et étonnent, cette compilation de nouvelles est le signe d’un vécu très dense de l’auteur, savamment transposé dans une trame fictionnelle au style poignant.

Le choix de la nouvelle est une manière pour l’écrivain d’établir un nouveau pacte fictionnel avec ses lecteurs ; une manière d’inviter ceux-ci à une nouvelle façon d’écrire et donc aussi à une nouvelle façon de lire une histoire. Contrairement au roman qui s’étale dans la longueur et qui tisse des intrigues au gré des chapitres, allant crescendo vers un dénouement qui a eu, à longueur de pages, le temps de se justifier, la nouvelle, elle, est le choix d’une difficulté d’écriture autrement plus engageante du point de vue à la fois du style qui doit à la concision d’être plus intense, plus expressif, et du récit qui, sans devoir emprunter des raccourcis réducteurs, doit à une forme du dire de tout dire en peu de mots. C’est ce contrat d’écriture que Hamid Grine, en commettant ce recueil de nouvelles, vient d’établir, nous offrant un bouquet de petites histoires aussi surprenantes les unes que les autres.

Des personnages exceptionnels
Souvent, la réalité qui nourrit l’imaginaire littéraire est beaucoup plus prosaïque, plus triviale que ne le laisse supposer sa traduction romancée. Sur la pointe des pieds semble démentir cette vérité, tout en confirmant le mérite du texte d’avoir fondé sa littérarité. En fait, Hamid Grine a réuni, dans son recueil de nouvelles, des personnages qui sortent de l’ordinaire, en étant des êtres qui surprennent par un trait de caractère, par une tare, par un pouvoir insoupçonné, par des situations uniques qui marginalisent ou singularisent. Chaque nouvelle est une pièce unique qui fait le récit d’une tranche de vie, en brossant un tableau inédit destiné à instruire sur une réalité et à accompagner, à travers le récit du vécu essentiel, un personnage particulier vers un destin particulier. La nouvelle est courte, au style élancé et lapidaire, qui nous conduit, à bout de souffle, dans une chute fatale ou une ascension triomphale, au seuil d’un destin accompli.

L’art du portrait
Voilà qui n’est plus pour nous surprendre, puisque Hamid Grine nous a accoutumés à son art consommé du portrait socio-psychologique. Nous n’avons pas fini de lire la peinture détaillée d’un personnage que nous en visualisons, d’ores et déjà, les traits affinés et grossis. Dans Sur la pointe des pieds, cette technique flaubertienne n’est ni fortuite ni dédiée exclusivement à l’art d’écrire. La nouvelle imposant ses contraintes, le portrait participe de la structuration dramatique du récit, qui fixe l’étendue d’une appartenance intellectuelle, met le doigt sur le recoin d’une sensibilité psychologique ou encore révèle la nature problématique ou favorable d’un ancrage social ou politique. Qu’il s’agisse de “la taille”, du ministre corrupteur et corrompu, de l’Européenne qui découvre la banalité de son arabe de compagnon, etc., tous les personnages de H. Grine sont décortiqués pour la bonne cause, préparés à être le reflet de la description qui en a été faite ou à décevoir, de manière inattendue, l’horizon d’attente des lecteurs. C’est le cas, à titre d’exemple, de “la coiffeuse” reconnaissante qui a le bras long à atteindre un général.

Des textes, des prétextes  et une réalité
Les personnages de Hamid Grine semblent non seulement réels, mais ils sont également les enfants d’un monde référentiel qui nous est si familier. En écrivain ancré dans la société algérienne, Hamid Grine n’en démord pas et fait de ses textes de judicieux alibis pour dénoncer des pratiques sociales et politiques qui structurent les rapports sociaux entre les individus et les groupes. Népotisme, corruption, violence, injustice, racisme, frustration sexuelle, inquisition religieuse et tant d’autres tares sociales et politiques traversent l’œuvre de part en part, induisant une lecture multidimensionnelle qui doit reconnaître au texte sa vocation plurielle.
M. H. 

Vente-dédicace
Hamid Grine dédicacera son recueil samedi 31 décembre 2011 à la librairie Point-virgule à Chéraga à partir de 14h.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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