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Reniements et offre publique d’achat par Farouk Zahi

3 novembre 2011

Contributions

L’offre publique d’achat (OPA), consiste à jeter son dévolu sur l’achat d’une entreprise soit à l’amiable ou de manière dite inamicale ou hostile. Sous tendue par une faillite, elle mène droit à la dépossession. Cette opération, est autant valable pour un pays qu’elle peut l’être pour une entreprise ;

le cas libyen en est la meilleure illustration sauf que le trading cette fois ci, est confié aux philosophes et aux intellectuels occidentaux. Cette élite cérébrale qui hantent plus les plateaux de télévision que les amphis, est instrumentalisée par les lobbys pour ôter toute résistance aux quelques remparts dressés sur le chemin de l’asservissement au cartel pétro industriel. L’image «photoshopée» fait désormais, partie des ADM chères aux atlantistes-évangélistes. Ses dégâts aussi meurtriers que les rayonnements ionisants, s’exerceront de manière douce sur les opinions publiques des uns et des autres. Les campagnes de colonisation de Cortès à de Bourmont ont toujours été précédées de propagande cléricale justifiant le génocide des peuplades impies. On osait la comparaison de l’Amérindien et le noir d’Afrique au primate sans cervelle. N’a-t-on pas exposé la tête de Bouziane après la chute des Zaâtcha en 1849 à l’exposition universelle de Paris de 1855 ?

S’il est, malheureusement, vrai que les causes sont toujours d’ordre local : Autoritarisme, enfermement idéologique, inégalités sociales, brimades politiques, la préméditation du passage à l’acte n’en est pas moins échafaudée par les officines dites démocrato-humanitaires. Le landerneau ainsi constitué, véritable bouillon de culture des germes de la contestation, de la réponse répressive et de la condamnation internationale subséquente, sera le point de fixation des interventionnistes dument mandatés par le Conseil de sécurité. Les cas afghan, irakien et récemment libyen, sont là pour rappeler aux consciences politiques que la dépossession patrimoniale, mène tout droit à l’indifférence et à l’apathie vis à vis de la chose nationale ou communautaire. L’emblème et l’hymne nationaux furent pour longtemps, de la seule exclusive étatique ou partisane lors du monolithisme politique. Quant aux stèles mémorielles ou sanctuaires des martyrs de la révolution, leur visite périodique, presque lapidaire ne concernait que la caste officielle ou ses satellites. Le drame émotionnel que peut vivre une mère de chahid dépasse souvent l’entendement ; s’il lui est permis de visiter la tombe d’un enfant disparu naturellement ou accidentellement, il lui est difficile, voire impossible de rendre visite à la sépulture de l’enfant martyr pour cause de portes closes. Et même dans le cas contraire, l’accessibilité est rendue problématique par l’éloignement du cimetière du tissu urbain.

La prévarication des biens communs : domaines agricoles, biens patrimoniaux et entreprises livrés à la curée et à la prébende, enlevait par petites touches à la chose publique, toute sacralité. D’archaïques réflexes d’autodéfense se sont durablement incrustés dans le subconscient collectif. On déniait, il n’y a pas si longtemps aux francophones (le terme de francographe est mieux indiqué dans le contexte algérien), leur appartenance identitaire en stigmatisant par un lamentable raccourci, leur attachement supposé aux valeurs culturelles de l’ancien colonisateur. L’arabisation forcée et anti pédagogique fit que des cohortes entières de cadres émérites durent, à leur corps défendant, quitter le pays pour des cieux plus sereins. Au déclin de la gouvernance du défunt Houari Boumediene, pourtant connu pour avoir été élève de l’université islamique de la Zitouna, le bilinguisme prôné par Mostefa Lacheraf, fut sacrifié sur l’autel de l’inconséquence. N’est ce pas le défunt président qui recommandait à Kateb Yacine d’éviter de parler mais de continuer d’écrire ? Il se trouve actuellement, qu’aucune des deux langues n’est maîtrisée correctement. Nos voisins, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest, n’ont aucun état d’âme quant à l’utilisation de l’une ou de l’autre langue ; la langue nationale est cependant prédominante dans les actes de souveraineté nationale et dans l’expression artistico- culturelle. Les déclarations grandiloquentes des tribuns passés maîtres dans l’art du verbiage, ne sont dans le meilleur des cas que des leurres pyrotechniques. Ils n’éloigneront pas pour autant, les bellicistes convoitises si tant est elles seraient avérées. Le programme du Président, à la seule charge des exécutifs locaux et nationaux est brandi comme alibi sacral pour mystifier et perdurer. Les appels du pied qu’on fait, inconsciemment, aux va-t-en-guerre et à ceux impliqués dans le déni de repentance(1), ne peuvent qu’alimenter les visées à peine dissimulées d’un néocolonialiste qui ne dit pas encore son nom. Les mémoriaux élevés à la gloire des harkis dont on se rappelle les sacrifices après près d’un demi-siècle d’errance humiliante et les textes législatifs promulgués pour la défense de leurs droits moraux, ne sont-ils pas l’expression clairement affichée de vieux démons d’une longue colonisation assumée ? S’il faille après ce casus belli parlementaire français espérer un mea culpa comme exprimé aux victimes juives de l’holocauste, fait qui ne peut historiquement être reproché à la France, il faudrait malheureusement repasser.

Aussi commençons par réhabiliter la maison commune par la restitution du droit au débat, à la gestion de la ville, la prise en compte des avis citoyens et le retour d’écoute même par la négative, peuvent constituer le levain d’une cohésion communautaire prête à toute éventualité. La polarisation de la décision administrative, continue à être de la seule prérogative du centre qu’il soit local ou central. Et tant que le collaborateur sera considéré comme le subalterne qui n’a pas d’avis à émettre, le flottement est à craindre dans les cas où l’impérieuse décision est à prendre. Nous avons souvenance d’un responsable local de haut rang, qui disait à la cantonade: «Je réfléchis comme un stratège et j’agis comme un primitif». Il n’a, malheureusement, fait valoir que le deuxième qualificatif pour tenter de discréditer une dizaine de collaborateurs. Pour beaucoup d’entre eux, ils n’eurent que la galère pour ramer. Allez demander à ces rescapés de l’injustice quel rôle fut le leur dans le développement de leur secteur d’activité. Ils ne se rappelleront, pour la plupart, que de la tasse qu’ils ont bue dans leur naufrage. Ces drames à petite échelle mais vécus amèrement, sont autant de raisons d’abdication devant l’adversité menant droit aux rancœurs ruminantes. Placé dans l’attente d’une revanche à prendre sur la société qui n’a pas su les protéger des dérives, ils n’auront aucun état d’âme au renversement de la vapeur. Le cas de la présumée félonie de Misrata la libyenne, est édifiant à plus d’un titre.

(1) Aux dernières nouvelles, un historien de renom ami de l’Algérie se serait inscrit, lui-même, dans cette optique.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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