RSS

Chronique du jour : A FONDS PERDUS Recolonisation en vue Par Ammar Belhimer

1 novembre 2011

Contributions

ambelhimer@hotmail.com
Dans La face cachée de la révolution tunisienne. Islamisme et Occident, une alliance à haut risque (*), Mezri Haddad introduit son ouvrage avec beaucoup d’amertume : «Ce qui sentait le jasmin les premiers jours après la chute du régime tunisien, dégage depuis quelques mois une odeur nauséabonde, celle du tribalisme et de l’obscurantisme en Tunisie ; celle des cadavres par milliers en Libye, en Syrie et au Yémen, sans parler des autres pays qui sont ciblés par les stratèges américains, ceux-là mêmes qui avaient conçu le projet néoconservateur du Grand-Moyen-Orient.


Et on veut faire croire aux peuples que toutes ces révolutions sont spontanées ! Que cette Grande Discorde (Fitna Koubra) est une bonne chose pour le monde arabe ! Que je vous le dise tout de suite : derrière cette ivresse de la liberté et ce triomphe de la démocratie, se profilent trois poisons mortels : la tentation de l’intégrisme, la sublimation de l’anarchisme et l’abandon de la souveraineté. Au cas où mes compatriotes ne le sauraient pas encore, il y a pire que la dictature : l’anarchie. Et il y a plus tragique que l’anarchie : la guerre civile. Et il y a plus affligeant que la guerre civile : le retour du colonialisme (….) ». Le politicien tunisien va encore plus loin : «Les Etats-Unis ont décidé de jouer la carte islamiste, pas seulement pour la Tunisie, la cellule mère du «printemps arabe», le laboratoire d’essai, la rampe de lancement, mais pour l’ensemble des pays visés par ces «révolutions 2.0» et qui étaient déjà, sous George W. Bush, sélectionnés pour configurer le Grand-Moyen-Orient (GMO). En termes de géopolitique, les Américains cherchent à constituer en Méditerranée un arc géostratégique sunnite, qui partirait du Maroc jusqu’en Turquie, en passant par l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, le Liban, la Syrie et le futur Etat jordano-palestinien ! Avec le Pakistan, l’Afghanistan, l’Arabie saoudite et les autres pétromonarchies, l’Iran chiite sera ainsi définitivement isolé, le pétrole sera bien gardé et la foi des musulmans bien conservée.» Si « l’alliance » évoquée dans le titre et le propos de Mezri Haddad existe réellement, on doit bien en trouver traces probantes, loin des propos de sous-traitants locaux et autres «seconds couteaux». Ce qui structure le comportement occidental contemporain à l’endroit de notre région a été mûrement réfléchi. Retour à l’essentiel. A leur sommet de Strasbourg Kehl, en avril 2009, les dirigeants des pays de l’Alliance avaient chargé le secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, de réunir un groupe d’experts qualifiés, issus d’horizons divers, afin de jeter les bases d’un nouveau concept stratégique pour l’Otan. Présidé par Madeleine K. Albright (Etats-Unis) et vice-présidé par Jeroen van der Veer (Pays-Bas), le Groupe a commencé ses travaux en septembre 2009. Le 17 mai 2010, il présentait son analyse et ses recommandations finales (**). Dans la synthèse de leurs conclusions, intitulée «A nouveaux périls, nouvelle résolution », les auteurs du rapport dressent le tableau d’un «monde incertain et imprévisible », tout en demeurant «confiants» pour ce qui est de l’avenir grâce au maintien du «rôle de l’Otan comme garant de l’unité, de la sécurité et de la liberté de la région euroatlantique ». Leur «incertitude» provient de nombreux facteurs affectant plus ou moins directement l’espace arabo-musulman et parmi lesquels sont recensées : «Les ambitions de groupes terroristes internationaux ; la persistance de rivalités régionales, nationales, ethniques et religieuses aux effets corrosifs ; la dépendance croissante du monde à l’égard de systèmes informatiques potentiellement vulnérables ; la concurrence pour le pétrole et d’autres ressources stratégiques (d’où l’importance de la sûreté maritime) ; l’évolution démographique, qui pourrait accentuer des problèmes mondiaux tels que la pauvreté, la faim, les migrations illégales ou les pandémies. » Leurs projections d’ici à 2020 mettent en évidence «l’émergence de nouveaux dangers, les exigences multiformes d’opérations complexes et la gageure de s’organiser avec efficacité dans un siècle où la réactivité est vitale, l’adaptabilité est critique et les ressources sont rares». Le nouveau concept stratégique envisagé place au cœur des enjeux «les aléas de l’approvisionnement énergétique». Ce concept stratégique, élaboré en 1999, se veut adapté aux exigences sécuritaires qui s’étaient fait jour dans les dix premières années de l’après-Guerre froide. Il énonce un certain nombre de «fondamentaux » pour une organisation plus idéologisée que jamais puisqu’il s’agit, est-il écrit, de «donner du muscle et du nerf aux idéaux démocratiques». Traduire par : «idéaux du capitalisme», si tant est que ce dernier puisse en avoir. Les menaces potentielles qui pèsent sur ces «idéaux» ne sont pas conventionnelles parce que la probabilité d’une attaque militaire directe aux frontières de l’Alliance est faible, «du moins pour l’avenir prévisible». Tout aussi critiques sont cependant les «menaces moins conventionnelles», au rang desquelles revient de façon récurrente et instante «la perturbation illicite des lignes d’approvisionnement critiques». Au chapitre de la sécurité énergétique, il est fermement rappelé que «tout Etat moderne doit avoir accès à des fournitures énergétiques en quantités suffisantes. Or, pour leurs approvisionnements, la plupart des pays sont tributaires, à des degrés divers, de sources extérieures et de moyens d’acheminement comme les pipelines ou les navires. Toute rupture soudaine ou majeure des approvisionnements d’un pays de l’Alliance serait préoccupante, surtout si elle était due au sabotage d’infrastructures énergétiques ou à une intervention illicite affectant le commerce maritime (…) L’Otan a l’obligation de protéger ses propres réserves énergétiques pour garantir la capacité d’action de ses forces.» D’ailleurs, au sommet de Bucarest en 2008, l’Alliance avait décidé de prendre un certain nombre de mesures supplémentaires en matière de sécurité énergétique, parmi lesquelles «le partage du renseignement, le soutien à la protection des infrastructures critiques et l’aide à la mise en place d’un dialogue renforcé avec les pays fournisseurs d’énergie». Compte tenu de la sensibilité des enjeux énergétiques, la zone englobant l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient est qualifiée comme faisant «depuis longtemps partie des régions du monde les plus importantes sur le plan stratégique». Son évolution future affectera les intérêts de l’Otan pour ce qui est notamment de «la sécurité énergétique ». L’Otan annonce aborder ses relations avec les pays de la zone «en faisant preuve de patience stratégique». Mais aussi d’action. «Une approche globale des problèmes complexes» est énoncée combinant éléments militaires et éléments civils : «L’Otan est forte et polyvalente, mais elle n’est assurément pas la mieux placée pour toutes les tâches. D’autres organisations, des Etats ou des entités non gouvernementales peuvent prendre la direction des opérations lorsqu’il s’agit d’atteindre des objectifs aussi essentiels que la reconstruction économique, la réconciliation politique, l’amélioration des pratiques de gouvernance ou le renforcement de la société civile. Suivant les besoins propres à chaque situation, l’Otan pourra offrir ses services comme organisateur principal d’une action conjointe, comme prestataire d’assistance spécialisé, ou encore dans un rôle complémentaire (…) Par rapport aux premières décennies de son existence, l’Otan apparaîtra vraisemblablement moins souvent sur le devant de la scène internationale entre 2010 et 2020. En revanche, elle aura à jouer des rôles variés, tantôt en chef de file, tantôt en soutien, partageant alors les feux de la rampe avec ses partenaires et amis.» Mention spéciale est faite des «partenaires d’opérations» qui désignent certains pays qui participent à des missions de l’Otan, sans pour autant s’inscrire dans une structure de partenariat formelle. Dixit le Qatar en Libye ou l’Arabie saoudite à Bahreïn.
A. B.

(*) Mezri Haddad, La face cachée de la révolution tunisienne. Islamisme et Occident, une alliance à haut risque, édition Apopsix, 420 pages. Edité en Tunisie chez Arabesques, en vente depuis le 1er septembre 2011
(**) «OTAN 2020 : une sécurité assurée, un engagement dynamique», Analyse et recommandations du groupe d’experts pour un nouveau concept stratégique de l’Otan, 17 mai 2010, www.nato.intwww. nato.int/ebookshop.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/11/01/article.php?sid=125271&cid=8

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Les commentaires sont fermés.

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...