RSS

L’ÉQUATION AFRICAINEDE YASMINA KHADRA Rapt au large des côtes somaliennes

6 octobre 2011

1.LECTURE

Culture : EN LIBRAIRIE

Allemagne (Frankfurt). Une vie bien rangée. Un cabinet médical qui tourne. Une épouse belle et aimante. Tout baigne pour le Dr Kurt Krausmann !


Puis soudain le drame. Jessica, sa compagne, met fin à ses jours. A cause d’une promotion qu’elle attendait et qui a été accordée à un de ses collègues, elle se donne la mort. Le ciel s’effondre sur la tête du Dr Kurt. «Pourquoi ? s’interroge- t-il. Afin de l’aider à surmonter sa peine, son ami Hans, qui travaille dans l’aide humanitaire, lui propose un trip. Un voyage sur son bateau aux Comores. Malheureusement, le voilier est attaqué par des pirates au large des côtes somaliennes. C’est le début du cauchemar. Mao, l’infortuné cuistot philippin, est jeté par-dessus bord. Kurt et Hans sont conduits à terre. Un périple à travers brousse et désert. Les deux amis sont séquestrés dans une grotte. Ils retrouvent un otage français détenu depuis plusieurs mois. Bruno, un ethnologue qui vit en Afrique depuis une trentaine d’années. Pendant que le marchandage des captifs se poursuit, les trois otages luttent pour survivre. Bientôt, Hans (le plus riche d’entre eux) est cédé à une bande de criminels contre de l’argent. Kurt apprend à connaître un monde impitoyable. Chaolo, alias Blackmoon, l’un des gardes ; Jomo, le poète-pirate qui a publié un recueil de poèmes sur l’Afrique et dont la femme et les deux enfants sont morts dans l’explosion d’une bombe ; Moussa, le chef véreux, et le capitaine Gerima qui se rebelle contre sa misérable condition d’Africain face à l’Europe nantie. «Aucun peuple n’est conçu pour la guerre. Le nôtre pas plus que le vôtre», crache-t-il à la figure de Kurt. «La brute que je suis aimerait avoir un job peinard, et un bout de femme qui l’attend le soir et, pourquoi pas, un ou deux marmots qui se jetteraient à son cou au retour du boulot. Manque de bol, à la place d’un cahier d’écolier, on m’a foutu une pétoire dans les pattes et on m’a dit : “Sauve ta peau comme tu peux.“ Alors, je fais ce que je peux…» (P. 140 et 141). Bruno et Kurt réussissent à prendre la fuite alors que Hans est abattu. Une ONG les recueille. Ils reçoivent les premiers soins dans un centre de réfugiés au Darfour. Lorsque Kurt prend l’avion pour rentrer en Allemagne, il réalise qu’il n’est plus le même homme. Il a laissé une partie de son âme en Afrique et un bout de son cœur chez Dr Elena Juarez, rencontrée sur le camp des réfugiés. Et si finalement la vie était ailleurs ? Une chose est sûre, cette vie lisse et aseptisée ne lui convient plus. Au lieu d’être heureux d’avoir eu la vie sauve, le médecin se replit sur lui-même. Il y a l’avant et l’après- Afrique. «J’espérais ne rien emporter d’Afrique et ne rien y laisser, je me rends compte combien j’étais naïf. Dans le petit avion qui me ramène en Allemagne, je sais que je ne rentre pas entier. Une partie de moi est restée captive du désert…» (P. 286). Kurt rejette la société de consommation où il vit. Un autre prisme s’impose à lui : «(…) élimine une émission de reality-show, m’attarde sur des top-models qui se pavanent en boucle, semblables à des fragments d’artifices… Le clinquant illusoire s’exhibe sans vergogne, fier de son panache… Je cherche une morale à leur narcissisme et ne lui trouve aucun réel mérite, sinon la pratique sédérante de l’anorexie, cette faim volontaire qui se veut le critère majeur de la perfection. J’ai vu en Afrique des êtres squelettiques, des ventres sous vide, des poitrines sans souffle…» (P. 301) L’équation africaine, dernière publication de Yasmina Khadra, est un roman d’action et d’aventure qui nous impose un autre regard sur le continent africain. Un roman époustouflant dans lequel l’auteur de L’attentat, Les sirènes de Bagdad, L’olympe des infortunes… démontre une fois de plus l’étendue de son talent.
Sabrinal
L’équation africaine, de Yasmina Khadra, Editions Media-Plus, 2011, 327 P.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/10/06/article.php?sid=123997&cid=16

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Les commentaires sont fermés.

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...