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LES SECRETS DE L’EXTRÊME DE NOUR-EDDINE MAMOUZI Rahma ou les bourgeons de l’espoir

5 octobre 2011

1.LECTURE

Par

Rahma ou les bourgeons de l'espoir

Le désert en notre âme est parfois peut-être plus sauvage que celui qui assaille les esprits dans les espaces illimités de l’exil.

Il y a tant de choses à apprendre de l’inconnu. Même dans la déception tout comme dans la fascination, même dans le mystère tout comme dans l’impossible, même dans le drame tout comme dans le bonheur, même dans l’extrême tout comme dans le sentiment exacerbé, les secrets ne sont en définitive que l’évidence de notre propre croyance. Cette subtile réflexion, qu’il n’est sans doute pas donné à tous de dénouer, est étayée avec délicatesse et ferveur dans un récit intitulé Les Secrets de l’extrême (*) de Nour-Eddine Mamouzi.


Cet auteur, qui a l’expérience de l’humain, professionnellement parlant (par ses études universitaires et par ses divers séjours au Moyen-Orient et en Extrême- Orient), s’adonne totalement à une sorte d’exorcisme personnel où se mêle la foi dans la vie immédiate pour comprendre le sens de la vie. L’homme, qui est-il? que doit-il faire? que peut-il faire? Et c’est dans le passé et dans sa vie intérieure qu’il va l’apprendre. Voilà donc un cheminement mi-philosophique, mi-mystique, mi-littéraire – tout compte fait humain – qui éclairerait, soutiendrait, vivifierait son existence entière… Dieu et l’homme, la morale inséparable de la religion dont elle-même les racines sont dans la nature humaine, le bonheur de la découverte de la condition humaine face à ses devoirs, à ses droits et à sa destinée, tout cet ensemble de préoccupations éveille l’intérêt d’explorer l’Extrême et d’en connaître les Secrets.
Nour-Eddine Mamouzi nous propose une réflexion d’un humanisme élevé où toutes les douleurs pourraient trouver une réponse intellectuelle apaisante. Il s’adresse aux êtres doués de raison. Sans doute, la patience, la volonté, la culture,… la morale pratique, celle qui érige et dirige l’être humain vers l’Absolu Possible, cela globalement constitue une richesse pour l’esprit inventif, une réussite tangible de la fortitude face aux mauvaises ombres du monde actuel. Nous l’avons certes déjà apprécié amplement dans ses oeuvres précédentes Les Chemins de la nuit (2009) et L’autre rive de mes réminiscences (2010), le rêve qu’il fait est celui-là même que nous faisons, et avec lui nous disons fortement «Qui ne cultive pas le rêve, détruit son idéal».
Qu’est-ce donc que ce récit-rêve, et non pas, à mon sens «un roman»? Une allégorie, au vrai illustre, une vision générale d’il y a douze mille ans.
Nour-Eddine Mamouzi nous fait pénétrer dans les circonvolutions de l’Histoire et nous fait partager les nostalgies de ses personnages en quête de vérité d’un passé incommensurable. Et c’est par l’âme revivifiée et par la sainteté pure que l’on accède à l’Extrême du sacré. Mais ce sacré prend des aspects et revêt des tenues toujours de circonstance et toujours il est à l’extrême pointe de la condition humaine, – ce qui fait passer le courant divin dans la société formée par l’Histoire. Voici donc l’heure où commence l’Histoire de Rahma, le personnage légendaire, acteur et narrateur virtuel d’un monde de douleur où les âmes sont égarées et où le désert, quelque nom qu’il porte, nous prévient de la nature de cette solitude et de cette sérénité dont Dieu est le seul Agent rédempteur.
Dans Les Secrets de l’extrême l’âme trouve, en quelque sorte, sa raison d’être. L’idée développée par Mamouzi est complexe, et c’est justement par là qu’elle est intéressante: l’homme seul peut-il se faire et donc évoluer? Dans ce cas précis, la prière serait-elle une «clé» essentielle pour «accéder à la paix intérieure»? Le mystère perce dès lors que l’on cherche une solution humaine.
L’histoire nous donne de grands exemples d’hommes ayant eu recours au désert pour «comprendre le mystère divin»: la retraite a favorisé le développement de la pensée et la prière a ouvert des voies d’une splendeur multiple qui ont notamment permis à Saint-Exupéry de faire l’éloge du bédouin, c’est-à-dire là où l’homme sauve l’homme, l’Humanité n’est pas une vaine utopie. «C’est que, écrit Mamouzi, les valeurs du désert sont inusables: solidarité, hospitalité, générosité, humanité et humilité.» L’éloge de la vie bédouine a du sens! L’auteur essaie de nous convaincre de l’importance de ces «secrets de l’extrême» qu’il dénombre et analyse dans son «roman» avec des personnages en situation permanente face au destin qui les confronte sans cesse en des actes empreints de signes spirituels et temporels laissant ainsi à l’analyste le devoir de relever avec précision et enthousiasme «les secrets de l’Extrême».
Tout au long du «roman», l’imaginaire creuse des sillons à suivre en méditant sur l’homme rongé par la dualité «Bien et Mal» et les deux grands espaces dans lesquels il évolue: le ciel et le désert… Ainsi commence l’histoire: «Sur les Hautes Plaines, rien n’échappe au visiteur. La campagne est tellement proche des regards, qu’on a l’impression qu’elle est à portée de main. Il n’est pas un lieu où les paysans sont absents. Tous vivent en harmonie avec la nature. Mais la folie des hommes a fondé sa foi sur le mal. Dans un petit village implanté dans un massif forestier, un vieux sage demeurait sans nouvelles de son fils Abdelkader, disparu dans les sentiers de la terreur, en ne donnant plus signe de vie. Rahma, ce vieux sage, filait le dos courbé par une fatalité inconnue dans l’attente des desseins impénétrables de la providence…» Il est bientôt rejoint par son vieil ami Salem.
L’aventure de l’apprentissage humain va se déployer en vingt chapitres précédés de «L’éclair imaginaire d’une âme qui voyage» et suivis par «L’épilogue d’une longue marche».
Ici l’ambition de l’auteur est louable, car sa fiction est riche en péripéties historiques et en résolutions morales et éducatives. Cependant, je le répète: il n’a pas besoin de servants quelque grands que soient ces littérateurs pour nous convaincre de l’intérêt à lire Les Secrets de l’extrême que je considère comme une oeuvre utile et totalement algérienne.

(*) Les Secrets de l’extrême de Nour-Eddine Mamouzi, Éditions Zyriab, Alger, 2011, 222 pages.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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