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La trilogie de Dib en arabe

21 septembre 2011

1.LECTURE

Culture : ÉDITION

Les éditions Sedia viennent de publier une traduction en arabe de la célèbre trilogie de Mohammed Dib ( La grande maison, L’incendie et Le métier à tisser).
Il existe déjà des traductions, dans la même langue, l’une syrienne et l’autre libanaise, de cette trilogie de l’écrivain algérien.

Mais c’est la première fois qu’elle est traduite en Algérie avec, en outre, des dialogues en arabe dialectal. La traduction algérienne de cette trilogie a été faite par Ahmed Ben Mohamed Bakelli, dans le cadre de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011». Les trois ouvrages dans leur version arabe seront disponibles au stand des éditions Sedia durant le 19e Salon international du livre d’Alger (Sila) prévu du 21 septembre au 1er octobre 2011 au niveau du complexe olympique Mohamed-Boudiaf.
K. B.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/09/21/article.php?sid=123232&cid=16

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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2 Réponses à “La trilogie de Dib en arabe”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Par UglyBetty, le 01 juillet 2012
    UglyBetty
    « Grande et vieille,Dar Sbitar était destinée à des locataires qu’un souci majeur d’économie dominait ; après une façade disproportionnée, donnant sur la ruelle, c’était la galerie d’entrée, large et sombre : elle s’enfonçait plus bas que la chaussée, et, faisant un coude qui préservait les femmes de la vue des passants, débouchait ensuite dans une cour à l’antique dont le centre était occupé par un bassin. A l’intérieur, on distinguait des ornements de grande taille sur les murs : des céramiques bleues à fond blanc. Une colonnade de pierre grise supportait, sur un côté de la cour, les larges galeries du premier étage. »

    Cette maison, Dar Sbitar, dans un quartier ancien de Tlemcen, c’est celle où habite Omar, un petit garçon de dix ans. le thème de la grande maison est souvent utilisé comme en coupe illustrative d’une société donnée depuis les romans réalistes du XIXe siècle jusqu’à « La ruche » de Camilo Jose Cela ou « La Vie. Mode d’emploi » de Georges Perec. Ici, c’est dans le but de montrer l’extrême misère de cette société algérienne et provinciale à travers la famille d’une veuve, Aïni, de ses enfants, Omar et ses deux sœurs, et d’une grand-mère grabataire. L’auteur explore le non-dit et les fissures psychologiques de ce monde clos et sans espoir. Mais à la fin la sirène qui annonce la guerre remue ce petit monde et le sort de sa routine : Omar en oubliera d’aller chercher le pain alors qu’Attyka -une pauvre possédée – prédit la fin du monde dans quarante jours, s’effondre au milieu de la cour :  » le quatorzième siècle ! Satan ! Satan!  »
    La misère extrême se traduit par l’omniprésence de la faim qui exerce sa dictature sur leur quotidien. Attyka chante aussi « Donnez-moi de l’eau fraîche / du miel et du pain d’orge  » et plus loin, Aouïcha et Mériem les deux sœurs d’Omar rêveront de couscous royal. Et quand ce n’est pas la faim c’est la chaleur estivale torride qui, jour et nuit, pèse sur ce petit monde, en plus de l’exploitation coloniale. La situation coloniale est aussi un thème présent dès le premier chapitre quand, à la surprise d’Omar, s’ouvre la parenthèse en arabe dans la leçon de morale de l’instituteur, M. Hassan, sur la patrie. C’est aussi l’arrestation d’Hamid qui tente d’organiser les ouvriers agricoles. L’origine espagnole d’une partie des colons, tel Gonzales le petit patron qui emploie Aïni à coudre des empeignes d’espadrilles, fait que les gamins des rues savent comment interpeller le menuisier ivrogne dans la langue de Cervantès : »borracho » ! Mais toute « lingua franca » est exclue.
    Dans ce roman , que couronna le prix Fénéon,premier volet d’une trilogie,que suivront: « L’Incendie » et « Le métier à tisser », l’écriture de Mohammed Dib est d’une langue française absolument classique empruntant beaucoup moins de termes arabes (ou berbères) qu’on pourrait s’y attendre vu le sujet. Surtout on ne peut ignorer cet indéniable humanisme avec lequel il nous peint ses personnages.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Par melouka, le 07 juin 2013

    A peine s’emboîtèrent-ils dans leurs pupitres que le maître, d’une voix claironnante, annonça:
    - Morale !
    Leçon de morale. Omar en profiterait pour mastiquer le pain qui était dans sa poche et qu’il n’avait pas pu donner à Veste-de-Kaki.
    Le maître fit quelques pas entre les tables , le bruissement sourd des semelles sur le parquet, les coups de pied donnés aux bancs, les appels, les rires, les chuchotements s’évanouirent L’accalmie envahit la salle de classe comme par enchantement : s’abstenant de respirer, les élèves se métamorphosaient en merveilleux santons. Mais en dépit de leur immobilité et de leur application, il flottait une joie légère, aérienne, dansante comme une lumière.
    M Hassan, satisfait, marcha jusqu’à son bureau, où il feuilleta un gros cahier. Il proclama – La Patrie.
    L’indifférence accueillit cette nouvelle. On ne comprit pas. Le mot, campé en l’air, se balançait – Qui d’entre vous sait ce que veut dire Patrie ?
    Quelques remous troublèrent le calme de la classe. La baguette claqua sur un des pupitres, ramenant l’ordre Les élèves cherchèrent autour d’eux, leurs regards se promenèrent entre les tables, sur les murs, à travers les fenêtres, au plafond, sur la figure du maître ; il apparut avec évidence qu’elle n’était pas là. Patrie n’était pas dans la classe. Les élèves se dévisagèrent Certains se plaçaient hors du débat et patientaient benoîtement.
    Brahim Bali pointa le doigt en l’air. Tiens, celui-là ! Il savait donc ? Bien sûr Il redoublait, il était au courant.
    - La France est notre mère Patrie, ânonna Brahim. Son ton nasillard était celui que prenait tout élève pendant la lecture. Entendant cela, tous firent claquer leurs doigts, tous voulaient parler maintenant. Sans permission, ils répétèrent à l’envi la même phrase.
    Les lèvres serrées, Omar pétrissait une petite boule de pain dans sa bouche. La France, capitale Paris. Il savait ça. Les Français qu’on aperçoit en ville, viennent de ce pays.Pour y aller ou en revenir, il faut traverser la mer, prendre le bateau… La mer : la mer Méditerranée. Jamais vu la mer, ni un bateau. Mais il sait : une très grande étendue d’eau salée et une sorte de planche flottante. La France, un dessin en plusieurs couleurs. Comment ce pays si lointain est-il sa mère ? Sa mère est à la maison, c’est Aïni , il n’en a pas deux. Aini n’est pas la France. Rien de commun. Omar venait de surprendre un mensonge. Patrie ou pas patrie, la France n’était pas sa mère.
    Les élèves entre eux disaient: celui qui sait le mieux mentir, le mieux arranger son mensonge, est le meilleur de la classe.
    Omar pensait au goût du pain dans sa bouche : le maître, près de lui, réimposait l’ordre. Une perpétuelle lutte soulevait la force animée et liquide de l’enfance contre la force statique et rectiligne de la discipline.
    M. Hassan ouvrit la leçon.
    - La patrie est la terre des pères. Le pays où l’on est fixé depuis plusieurs générations.
    Il s’étendit là-dessus, développa, expliqua. Les enfants, dont les velléités d’agitation avaient été fortement endiguées, enregistraient.
    - La patrie n’est pas seulement le sol sur lequel on vit, mais aussi l’ensemble de ses habitants et tout ce qui s’y trouve.
    Impossible de penser tout le temps au pain. Omar laisserait sa part de demain à Veste-de-Kaki. Veste-de-Kaki était-il compris dans la patrie ? Puisque le maître disait… Ce serait quand même drôle que Veste de Kaki… Et sa mère, et Aouicha et Mériem, et les habitants de Dar-Sbitar? Comptaient-ils tous dans la patrie ? Hamid Saraj aussi ?
    - Quand de l’extérieur viennent des étrangers qui prétendent être les maîtres, la patrie est en danger. Ces étrangers sont des ennemis contre lesquels toute la population doit défendre la patrie menacée. Il est alors question de guerre. Les habitants doivent défendre la patrie au prix de leur existence.
    Quel était son pays ? Omar eût aimé que le maître le dit, pour savoir. Où étaient ces méchants qui se déclaraient les maîtres ? Quels étaient les ennemis de son pays, de sa patrie ? Omar n’osait pas ouvrir la bouche pour poser ces questions à cause du goût du pain
    - Ceux qui aiment particulièrement leur patrie et agissent pour son bien, dans son intérêt, s’appellent des patriotes.
    La voix du maître prenait des accents solennels qui faisaient résonner la salle. Il allait et venait.
    M Hassan était-il patriote ? Hamid Saraj était-il patriote aussi ?
    Comment se pourrait-il qu’ils le fussent tous les deux 7 Le maître était pour ainsi dire un notable , Hamid Saraj, un homme que la police recherchait souvent. Des deux, qui est le patriote alors ? La question restait en suspens.

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