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Ya biladi… par El-Guellil

12 septembre 2011

Contributions

             Dès les premières manœuvres les vents se mettent de la partie. Chergui et gharbi décident de malmener l’embarcation qui perd le cap. Malmenés, les passagers eurent le mal de «mère».      

  De mille neuf cent soixante-deux à «leurre», les moteurs passent à mille neuf cent soixante-cinq. Le tangage et le roulis ne permettent plus de continuer. Retour au port. «Larguez les amarres !» Le temps d’une rencontre de football entre l’Algérie et le Brésil de Pelé, un joli but de Fréha et on change de commandant de bord.

Les passagers sont invités à l’embarquement. L’ancre est levée, l’équipage a changé. Le cap est tracé, sans demander à qui que ce soit son avis. Quelques «fhaymia» sont jetés à la mer. Les mères ont peur, mais on leur explique que s’est dans l’intérêt général. «Gauche oueldi, gauche !» L’essentiel des passagers est en classe économique, ce sont les premiers touchés par les intempéries. Affaiblis, on décide de les soigner gratuitement et de leur donner quelques avantages. Il ne faut surtout pas qu’ils s’occupent des affaires qui ne les regardent pas. Le pilotage, la barre, la mécanique, les soutes étaient gérés par ceux qui occupaient les cabines. Ceux-là n’apparaissent qu’en jour de fête, en tenue de gala. Leurs enfants ont été évacués par canots de sauvetage vers d’autres ports, d’autres rives pour apprendre la navigation, des fois que le navire ait besoin de relève.

«Gauche oueldi, gauche» ! Le commandant de bord, dit-on, est sincère, c’est l’équipage qui ne suit pas. Les passagers passaient le plus clair de leur temps dans des chaînes interminables. Pour manger, il fallait faire la queue, pour les toilettes, pour la douche, le téléphone… Gare à celui qui ose parler à haute voix… les murs ont des oreilles !

A mille neuf cent soixante dix-huit à leurre, pris de malaise, le commandant fut évacué pour soins à l’Est. Le navire malheureux décide de retourner à son port d’attache. Larguez les amarres. Quelques larmes. Le plein. Un autre commandant parmi les gens de la cabine. Un autre cap. On lève les amarres. Pour consoler les passagers, on leur fournit du fromage rouge et des kiwis en classe économique, mais dès que les réserves ont été bouffées… «Droite oueldi, droite !».

A mille neuf cent quatre vingt-huit à leurre, le bateau chavire, des enfants sont jetés à la mer.       Les mères n’ont plus peur… On lève l’ancre, beaucoup d’encre a coulé, beaucoup de sang aussi, le bateau est en carénage, on colmate les brèches, on cherche un cap, on essaye de lever les amarres… On tente un « y’en a marre… le mal de mère persiste et de vague en vague, on surfe entre les écueils tant que le plein des réservoirs le permet…

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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