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Une décentralisation des assises, pour se relever par Boukherissa Kheiredine

11 septembre 2011

Contributions

Commencez avec ce qui est juste, plutôt qu’avec ce qui est acceptable.  Peter Drucker

A force de s’assoir, on finira bien par s’y habituer et ne plus penser à se relever. D’assises en assises, la nonchalance réduit la performance. Se prévaloir de tentatives timorées à l’effort nécessaire pour enclencher une véritable réforme capable de redéfinir les enjeux socio-économiques réels risquerait d’être emporté par la désuétude temporelle. Les incidences n’en seront que le reflet déformé des résultats souhaités.

Si l’intention épouse le sentiment de s’en tenir aux objectifs prospectifs ? D’ailleurs nous enregistrons avec amertume et regret les échecs des premiers essais de rapprochement de l’Etat au citoyen. Les écarts spatio-temporels demeurent inchangés, et pire encore, ils s’élargissent de jour en jour aux grès des assourdissantes inerties de l’administration locale. La presse en fait quotidiennement l’écho. La grogne, la violence, le refus de l’autre, la mal vie, l’incompréhension des pouvoirs publics aux sollicitations plébéiennes, la mauvaise répartition des richesses, l’impasse sur la question du logement et bien d’autres maux fabriqués par l’incompétence administrative des pouvoirs publics. Les wali, les chefs de daïras et rarement les PAPC n’écoutent les échos plaignants de leurs concitoyens. Ils refusent même dans certaines localités de les recevoir par dédain. Conséquences fâcheuses : destruction, incendies, violence urbaines et bien d‘autre mode d’expression juvéniles pour communiquer leur colère à l’autorité.

Il ne s’agit donc nullement d’enclencher un train portant des vieillots en mal de notoriété dont les études prospectives n’ont servi qu’à remplir les feuilles blanches des bureaux désertés du CNES, orphelin de ces véritables meneurs, de dévoiler le secret d’un divorce accordé et consommé entre l’Etat et ses sujets depuis l’indépendance. Le peuple est complexe et l’autorité ne se résume qu’à la volonté de certains rescapés des temps anciens de se maintenir en permanence au sein d’un pouvoir leur procurant l’aisance de tirer profit des biens et des richesses pour lesquelles des millions d’âmes ont été sacrifiées sur l’autel de la révolution. Il serait injuste de percevoir le redressement de la morale par l’effondrement des mémoires. L’histoire est porteuse de toutes les solutions idoines capables de donner un second souffle à cette nation. Il suffit d’y être attentif…

La nouvelle démarche entreprise par le président n’en sera qu’un second échec qui dans ses écumes n’emportera que les restes des ruines discordantes des querelles communales désœuvrées. Est-ce une nouvelle manière de contourner le problème ? Un désaveu des résultats obtenus par la commission chargée des consultations des réformes ou est-ce une innovation en matière de gouvernance ? Apparemment, rien ne semble déroger aux règles anarchiques qui prévalent depuis des lustres au sein du rapport Etat/peuple. L’écart d’incompréhension s’instaurent de jour en jour sur notre territoire d’où la grogne gagne graduellement des proportions non gardée à vous signifier les véritables soucis de la plèbe. Le politique vacille entre quiétude, apathie et gain de temps pour redimensionner l’enclot. L’enfermement sur le véritable débat, dialogue et autres mesures ou concepts pouvant réinstaurer une confiance entre le peuple et ses dirigeants.

Le CNES n’étant pas à vocation consultative, mais d’effectuer des travaux de recherches susceptibles de renforcer l’action gouvernementale, semble dévier de sa trajectoire naturelle. Il se substitue au parlementaire, aux collectivités locales et aux représentants légaux de communes. Il s’habille en députés, attaché au gouvernement et usurpe le costume des élus locaux. Trois en un pour tenter peut-être de corriger les défaillances avérées de ses mauvais acteurs d’une démocratie occidentale.

A l’occasion de la réouverture des travaux pour la session d’automne 2011, par crainte d’être marginalisé ou mis à l’écart des réformes, le parlement réitère ses appels à vouloir convaincre qu’il est crédible et capable de mener des actions versant dans les objectifs assignés par le Président. Les réformes nécessaires à un équilibrage de la société. Alors qu’au sein même de ses arcanes le dysfonctionnement administratif et juridique bas son plein. Gaspillage à outrance des deniers du peuple, passe-droits, promotion fantoches, absence d’activité, anachronisme sidérant et bien d’autres facettes obscures de la gestion parlementaire. Avant de vouloir corriger les bosses des autres regardez dans le miroir pour détecter les siens.

A défaut d’instaurer une décentralisation qui petit à petit prendra assise et instaurera un débat local à travers des règles intrinsèques qui seraient capables de restaurer la «djamaa ou la choura», voici venu le temps du replâtrage des concepts et le monologue des consultations à sens unique. On ne dialogue pas seulement qu’avec ses alliés. Il est utile et recommandé d’ouvrir la porte aux oppositions pour atténuer les violences nées de la marginalisation. S’entêter à penser avoir toujours raison, sans en être sûr de ses propositions, est le propre de l’absolutisme.

Acte I : Les assises immobiles

D’avis autorisé, les spécialistes qui se sont penchés sur les résultats des dernières assises et consultations menées parallèlement par la commission BTB et le CNES, sont resté sur leur faim. Concernant les assises de la société civile, ils vous diront que, bien s’assoir vous évite de contracter des douleurs lombaires. Or, ils se sont assis pour assoir définitivement l’inexistence de la civilité. Les deux pages publiées par le CNES, dénotent de la déliquescence de la démarche à l’égard d’une société civile qui se cherche encore, voir inexistante. Si les présents aux premières assisses ont été sélectionnés sur le registre des «docilement acquis» aux réserves de l’intérieur, la majorité restante pourtant nécessaire aux dialogues s’en est remis à la communication pour exprimer ses vœux. Résultat, nous étions encore dans la politique de l’exclusion….

Ce qui a d’ailleurs fait dire à un des spécialistes et ancien consultant au CNES, Abderahmane Mebtoul, que : «Les interlocuteurs privilégiés et souvent uniques du pouvoir algérien sont des organisations civiles appendices du pouvoir se trouvant à la périphérie des partis». Tout en signifiant que ces protubérances ne sont que les propriétés occultes, aux enseignes juvéniles, de l’alliance présidentielle. Les jeux étant clos et préétablis, les assises annonçaient déjà l’aboutissement des débats vers une «charte et un observatoire», pour des calendes grecques. La société civile se dotera ainsi d’un miroir pour s’observer et soigner ses assises immobiles. Certaines associations présentes aux joutes se sont même plaintes de constater que des propositions émanant des débats ont été censurés dans le fond comme dans la forme. Les tabous persistent dans l’esprit des cnesistes…

Quant à l’obscurité qu’avait entourée le rapport de la commission BTB, elle a fait dire à Boudjerra et consorts, deux mois après la clôture de ses travaux, que les réformes sentent l’odeur de sainteté. Elles manquent de transparence, de régularité quant au classement des lois et des priorités prévues, et pire encore, devancent la charrue avant les bœufs, les petites reformes avant la constitution. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir également l’ancien SG du PFLN, A. Mehri lors d’une rencontre, que: «Je ne perçois pas pour l’instant une réelle volonté au sein du système de répondre à l’aspiration du peuple pour le changement. Je dis bien changement et non pas réformes».

L’idée de relancer le dialogue par le bais du CNES, une volonté toujours présidentielle, serait-elle la traduction de l’inachèvement des deux assisses et des deux instances immobiles. Les partis politiques alliés et soumis, manquant du pouvoir d’indignation, sont fidèles à leur position initiale : ils approuvent !!!

Acte II : Les assises mobiles

Dans cette nouvelle série de consultations mobiles, le CNES se positionne en tant que supplétif aux représentants légaux de la population. Il est donc, juridiquement considéré comme médiateur de la république qui a pour tâche primordiale de sillonner quelques contrées du territoire et essayer de trouver le remède idoine à la maladie nationale. Il a donc pour mission de consulter et ausculter à travers les patients (wali, chef de daïras, PAPC et quelques associations acquises à l’autorité) la population. Diagnostiquer et prescrire les substances curatives adéquates.

Trouvera-t-il dans le corps de ces espèces clonés les paradoxes sociétaux qui imposent au reste de la plèbe le rythme nonchalant de cette terrible croisière. Comme ce fut le cas des précédentes consultations sélectives et des assises immobiles, point de vanité à se prévaloir être un visionnaire, elles accoucheront des mêmes résultats que les précédentes. Tronqués dés le départ, la démarche ne semble nullement présider à un balayage global et globalisant susceptible de couvrir intelligemment les différents foyers de salut. Elle s’articule plutôt autour des soubresauts de quelques grognards et communards qui avaient tenté par la violence de se faire une place au soleil.

Ce ne sont pas les brûleurs de pneus de voitures ou les représentants de leurs circonscriptions qui méritent d’être auditionné. Cependant, le bon sens nous enseigne et nous recommande que les lieux de sagesse, «bayt al-?ikma», ne se trouvent pas dans les rues ni chez les locataires du pouvoir, mais entre les interstices des lieux du savoir et de la production intelligente et paisible de l’action. Nombreuses sont les associations marginalisées qui produisent des remèdes sociétales. Elles doivent leur exclusion à leur attachement à la vérité, elles refusent le compromis et souhaitent contribuer au lieu et place d’approuver…

Pour un patrimoine commun des idées

La société algérienne serait-elle destinée à attendre encore de meilleurs auspices pour voir un jour le ciel s’éclairer sur sa tête. La démocratie de façade ne servira qu’à badigeonner les interstices défaillants d’un système désuet. Nous sortirons de la taverne des Thénardier que le jour du grand appel que Dieu le Tout Puissant adressera à ses sujets réfractaires au changement et à l’alternance des pouvoirs. Sans moi, c’est le déluge et sans moi c’est la fin. Alors qu’avec eux, c’est la faim sans fin et c’est le déluge en permanence. Un matérialisme dialectique qui perdue consacrant une forme de despotisme caché mêlé à un entêtement propre à l’arabe.

L’homme sage est celui qui connait ses limites à servir autrui que d’être servi. Il faut savoir se retirer quant la table est desservie. Jusqu’à quand persistent-ils à vouloir gouverner sans détenir la science moderne nécessaire au salut des nouvelles générations. A chaque temps sa génération. Celle-là, pour l’ensemble septuagénaire, a sacrifié outre celle de 1962, entend handicaper celles des années 80 et des années 2000. Trois générations mises hors d’état de servir pour maintenir une hégémonie inefficace et retardataire.

Cosette ou causette, le salut ne viendra que de la force de sagesse de cette jeunesse désabusée. Cette catégorie de proscrits, qui ne trouvent refuge dans aucunes tribunes officielles. Elle se replie alors hors les lois et devient hors-la-loi, consacre le parallèle, multiplie les hargua, squatte les trottoirs, brûle les feux rouges, casse les vitrines, enflamme les stades, elle se prosterne pourtant devant l’égard. C’est ce qui fait défaut, avoir de l’égard à leur prière et un regard attentif à leurs sollicitations et lamentations…nul besoins d’assises et de gaspillage de deniers d’Etat pour comprendre cela.

Le meilleur vecteur pour arriver à éradiquer le mal local est d’instruire d’abord les wali et leurs collaborateurs, leurs subordonnés et les PAPC à s’ouvrir davantage au dialogue serein et sincère entre eux et leurs gouvernés. Recenser et circonscrire l’ensemble des revendications et des droits de la plèbe sans pour autant oublier de lui rappeler ses devoirs. Un troc dans un tel compromis n’en sera que bénéfique. Offrir plus d’étendues et d’espaces de concertation et de rencontre. Absoudre l’idée d’autorité que portent indignement certains responsables face à l’indigène. Assoir, sans assises, une véritable politique de la ville.

Nous en avons fait, il y a de cela plus de deux décennies, l’expérience. Et, elle a donné ses fruits. La gestion de proximité, gérer le quartier avant la ville, une démarche probante encadrée par l’Etat sur le plan technique et financier donnera sans mesure de très bon résultats. A chaque commune sa spécificité qu’il faudrait peut-être revaloriser, relever et mettre en exergue. Il y a de l’espace pour tous pour être loger et reloger, du travail par tout où des herbes poussent et où la terre vit et de l’eau qui coule.

Tant que le système actuel hérité des aléas de la guerre de libération nationale maintiendra son entêtement à vouloir demeurer possessif à outrance, centraliser les pouvoirs de gestion tout azimut, décider à la place des autres, rien ne se fera de meilleur pour cette malheureuse nation. C’est le «Raï» qui manque et sans lui rien ne vaille…consulter les sages vous dormirez tranquille.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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