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Libye : les périlleuses divagations du Cnt par Abdelkader Leklek

11 septembre 2011

Contributions

                Acte délibérément réfléchi, commandité et conduit par les rebelles du CNT, ou bien le fait de haineux vindicatifs isolés, ennemis de l’Algérie à Tripoli, qu’importe. L’attaque de l’ambassade de l’Algérie en Libye fait partie d’une stratégie globale qui, depuis la révolte de Benghazi, vise à isoler l’Algérie et à la priver de son rôle légitime, de partie prenante dans les conflits qui se déroulent à ses frontières.

L’outrage fait à l’inviolabilité de l’ambassade qui est garantie par l’article 22 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui dispose que : «Les agents de l’État hôte n’ont pas le droit d’y pénétrer sans l’accord du chef de la mission. Et que l’État hôte doit prendre toutes les mesures nécessaires à la protection de la mission. Les locaux de la mission, leur ameublement et les autres objets qui s’y trouvent, ainsi que les moyens de transport de la mission -voitures diplomatiques par exemple-, ne peuvent faire l’objet d’aucune perquisition, réquisition, saisie ou mesure d’exécution ». La séquestration des diplomates et de leurs familles, n’est que la preuve officielle irréfragable de l’absence de l’Etat libyen, d’un côté, et de l’autre, l’expression formelle de certaines manœuvres d’obscures officines dont les desseins étaient annoncés à partir du 17 février 2011.

Dès cette date et question de rattraper ses retards, et se faire redorer le blason, après les flops et les bides, enregistrés par la diplomatie et les services français, qui n’avaient rien vu venir, lors des révoltes tunisienne, et égyptienne. La France s’engageait avant tout les autres pour se repositionner. Un mois après et forts d’un mandat onusien, la résolution 1973, qui imposait une zone aérienne d’exclusion, sur tout le territoire libyen, pour soit disant empêcher Kadhafi d’utiliser son aviation contre son peuple. Les français faisaient mouvoir leur seul porte avions fraîchement rentré de la mission Agapanthe, en Afghanistan fin 2010, vers les côtes libyennes au large de Benghazi, où il arrivait avec tous ses bâtiments d’escorte et de soutien, de surface et sous marin, du groupe aéronaval, dans le cadre de l’opération ‘’Harmattan». En plus des huit avions Rafales et autres Super Etandard modernisés, le vaisseau embarque aussi des hélicoptères Caracal, Lynx et Puma. Il est soutenu par des frégates et un sous marin nucléaire d’attaque. L’Etat major inter amés français, annonçait l’exploit d’avoir fait intervenir son seul porte avion sur le théâtre des opérations en Libye, en 60 heures seulement alors que d’ordinaire le navire était en alerte d’appareillage en 10 jours. Dans la même période les Etats-Unis envoyaient deux navires de guerre d’assaut, amphibies, de leur armada de guerre, le USS Kearsarge et le USS Ponce qui franchirent le canal de Suez, le jeudi 3 mars 2011, en direction des côtes libyennes. Et le 11 mars 2011 la France reconnaissait officiellement, par la voix de Nicolas Sarkozy, le Conseil National de Transition libyen. Il faut dire qu’un travail préparatoire avait auparavant été accompli par le philosophe français qui n’est au programme d’aucune université de par le monde, pour influer et influencer la décision française. Bernard Henri Lévy,qui déclarait se trouvant à Benghazi le 3 mars 2011 à titre personnel (sic),il avait rencontré Moustafa Abdeljalil et consorts,et que bouleversé par ce qu’il a vu sur le terrain, admiratif de la bravoure des combattants de la liberté libyens, impressionné, enfin, par la qualité de ses interlocuteurs, il téléphona au Président de la République française, lui décrit sommairement la situation militaire et l’état des forces en présence,pour enfin lui proposer de lui faire rencontrer à Paris, les représentants du Conseil National de Transition. Nicolas Sarkozy, sans hésiter un instant, en accepta le principe. Le lundi 6, de retour de Benghazi, BHL est reçu par le Président Nicolas Sarkozy, il lui expose ce qu’il a perçu des espoirs et des attentes des combattants de la liberté libyens. Nicolas Sarkozy l’écoute seulement, selon le philosophe. Le vendredi 10 mars, dans une des salles de réunion du Palais de l’Élysée, le président français recevait trois membres de la délégation libyenne dont Moustafa Abdeljalil, ainsi que Bernard-Henri Lévy qui avait choisi de les accompagner. Il prend alors la décision de reconnaître le Conseil National de Transition comme seul représentant légitime du peuple libyen. Et fait la promesse de défendre les couleurs de la Libye libre. Depuis lors, la France joue en Libye le rôle d’occupant, que celui de forces mandatées par l’O N U, en collaboration avec les forces de l’O T A N, autorisées également par mandat onusien obtenu par un forcing des pays occidentaux le 25 mars 2011, pour faire respecter la résolution 1973, dans le cadre de l’opération baptisée ‘’Aube de l’Odyssée». A cette expédition participent aussi, les forces turques au nom de l’Alliance Atlantique, et qui à l’occasion se repositionneront stratégiquement, et courtiseront également les dividendes des marchés de reconstruction d’après guerre en Libye. Et de même pour faire plus légitime, la France et les Etats-Unis ont associé les forces armées des Emirats Arabes Unis, à cette opération, qui contribuent avec douze avions de combat, en plus du financement Qatari de la campagne.

Pendant tout ce branle-bas de combat, les algériens avaient ouvert des structures d’accueil à In Salah, où ils ont reçus leurs concitoyens et offert l’hospitalité à d’autres hommes et femmes, de différentes nationalités, rentrés en Algérie par le poste de Debdeb. Ils ont pareillement dépêché un paquebot le Tassili II, pour rapatrier des algériens et pas seulement, à partir des ports, de Benghazi et de Tripoli. Puisque le navire Algérien embarqua aussi des hommes, des femmes et des enfants, de différentes nationalités. En tout l’Algérie avait rapatrié 6000 personnes, dont 3800 Algériens et 2200 étrangers se répartissant en 25 nationalités. Il y avait des Libyens, des Egyptiens, des Mauritaniens, des Vietnamiens, des Philippins, des Pakistanais, des Espagnoles, des Irakiens, des Maliens, des Français, des Turcs, des Américains, des Britanniques etc. Cependant dans leur course aux avantages, les Français en tête, les Américains, les Britanniques, les turcs et toutes les forces de l’O T A N, d’un côté, le Qatar et les Emirats Arabes Unis de l’autre, en intervenant en Libye ne sont pas mus par les mêmes finalités. Si les premiers, convoitent le pétrole libyen, et les futurs juteux marchés, les ventes d’armes, et les positions d’influence géostratégiques, attirés par les avoirs libyens aux Etats-Unis qui sont estimés à 30 milliards de dollars et à 7 milliards de dollars en France. D’ailleurs toutes les résolutions votées par la ligue arabe lors de la réunion de ses membres le 27 Août 2011 au Caire, ont entériné les décisions du groupe de contact, elles mêmes dictées par ceux qui font la guerre en Libye au nom du C N T. Il s’était essentiellement agit de libérer les fonds, avoirs et les biens revenant à l’Etat libyen. Quant à la Turquie, ce n’est pas en bon samaritain qu’elle accueille les réunions du groupe de contact sur la Libye depuis le mois de mars à Istanbul. Les seconds, je vise les deux Etats Arabes de la coalition guerrière, et à travers eux toutes les monarchies du golf, dont les desseins sont idéologiques, philosophiques, doctrinaires voire dogmatiques. Ils cherchent à imposer à tous les musulmans leur hégémonie et leur domination et enfin ils veulent régenter toutes les consciences et toutes les opinions. Et cela se vérifiera sur le terrain, dès l’installation de ceux du C N T et de leurs succédanés dans pas longtemps aux commandes du futur Etat libyen, sensé par ses parrains et promoteurs occidentaux être démocratiques. Sans préjuger de ce que sera l’avenir, je prends le pari, que la future Libye sera conservatrice, dans son projet culturel, dans sa vie religieuse et dans sa gestion de toutes les relations sociales et actes de la vie courante des Libyens. A ce propos d’ailleurs, qui aujourd’hui à part Bernard Henri Lévy, peut définir ce qu’est le C N T, et aussi ce que veut et ce que recherche sa composante humaine. A part se débarrasser de Kadhafi, quel est son projet politique, et en quoi consiste son projet de société? Comment compte-t-il se comporter avec ses voisins ? Par exemple sur le problème du bornage des frontières, du problème relatif à l’utilisation des aux souterraines de la région, de la circulation des personnes et des biens avec ses riverains, etc. Alors, dans cette atmosphère de flou, d’opacité, et de confusion, à travers cette période de flottement, d’imprécision, et d’interférences de nébuleuses. Comment se peut-il que l’Algérie reconnaisse, ou bien ignore, méconnaisse sinon conteste, l’une ou l’autre des parties en conflit ? C’est un problème libyen interne. Quant au C N T, je ne trahirais nullement ma conscience, en procédant de cette approche naïve et ingénue, mais naturelle, pour le définir ainsi : c’est un assemblage factuel et conjoncturel cornaqué par Bernard Henri Lévy, parrainé par Nicolas Sarkozy, financé à crédit remboursable à un taux à déterminer, toujours à la hausse, selon l’évolution de la situation et de la fluctuation des intérêts des intervenants sur le terrain des opérations guerrières. Ses troupes sont armées et tactiquement dirigées par les experts militaires et la machinerie de guerre de l’O T A N. Toujours dans ma simple candeur, j’éprouve du mal à m’expliquer les exploits militaires réalisés à cette vitesse par une armée créée, ex-nihilo. Quant les spécialistes, de surcroît français de la question, attestent, que les forces françaises et britanniques qui agissent sur les champs de ce conflit, sont incapables et sous équipées, pour accomplir les prouesses faites en Libye, si la logistique américaine de soutien, ne leur venait en appoint. Alors la comparaison est vite faite, de même que les belligérants sont facilement identifiables. Pour ce qui concerne sa composante humaine, le C N T, depuis la mort mystérieuse de son chef des opérations militaires, le général Abdelfateh Younès, elle montre des divisions et des schismes en son sein. Et ce n’est que le début. Ce général, fut ministre de l’Intérieur dans le régime autocratique de Kadhafi. Cependant il n’est pas le seul dans l’équipe, à faire valoir ce palmarès, pour que triomphe la révolution. Tout l’aréopage qui forme le C N T, fut, à un moment ou bien à un autre de sa vie politique, un instrument, un outil répressif, sinon une courroie de transmission, un maillon dans le système répressif du narcissique et du mégalomane colonel chef de la jamahirya. Son premier responsable, j’ai nommé Moustafa Abdeljalil, a été pour ce qui le concerne ministre de la Justice du régime Kadhafi de 2007 à 2011. Il reste devant l’histoire, le président de la cour d’appel de Tripoli qui, à deux reprises, avait confirmé la peine de mort des infirmières bulgares et du médecin palestinien, accusés d’avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens. Un fidèle parmi les fidèles qui, en récompense de son intransigeance dans ce procès, a été nommé ministre de la Justice en 2007, pour son inflexible intolérance, par Seif Al Islam Kadhafi. Celui là même en quête sur ordre de son père, d’une éventuelle réhabilitation internationale, après divers frasques, dont lui-même, son paternel sinon l’un de ses rejetons étaient les auteurs, fini par contraindre Moustafa Abdeljalil à se dédire et à se désavouer, et à libérer, contre une hypothétique reconnaissance, les infirmières et le médecin. Faudrait-il rappeler que c’est Nicolas Sarkozy, qui joua l’intermédiaire, et que c’est la France qui offrit ses bons offices, et qu’enfin, c’est à la première dame de France, Carla Bruni Sarkozy, et la deuxième épouse du président français, qu’échoira l’insigne privilège de recevoir les condamnés à mort en Libye pour leur annoncer leur imminente libération.

Ainsi la boucle est bouclée. Alors de là à accuser, calomnier, dénigrer, incriminer et salir, sans retenue aucune, l’Algérie et son peuple. Il y a comme dit le proverbe, loin de la coupe aux lèvres. Quant à fabuler, sur Kadhafi en Algérie, sur les camions algériens acheminant des mercenaires et pas seulement, pour aider le despote. Il faut que les colporteurs de ces fadaises, annoncées sous forme de scoops, par Al-Jazira, arrêtent de confondre les mirages du désert et les réalités. Attaquer les diplomates algériens et leurs familles, envahir et dégrader l’ambassade gratuitement, prélude de ce que seront les relations entre l’Algérie et le C N T, pas entre l’Algérie et le futur Etat libyen, encore moins entre l’Algérie et le peuple libyen. Qui peut affirmer aujourd’hui raisonnablement, que le mélange disparate des personnes qui constituent le C N T, gouvernera demain la Libye libérée et débarrassée de son dictateur par les coalisés et par l’OTAN. En tous les cas, et sans être un instant dupes, nous avons reçu comme il se doit le communiqué, d’al-Qaïda au Maghreb islamique qui reproche à l’Algérie son soutien au régime Kadhafi et qui explique qu’il avait visé l’académie militaire parce qu’elle constitue ‘’le plus important symbole du régime algérien».

De même que nous avons enregistré, ce que le porte-parole du CNT, affirmait dimanche 28 Août ‘’ qu’un jour viendra où les dirigeants algériens devront répondre de leur attitude vis-à-vis des révolutionnaires libyens». Ce dernier et ceux qui le commissionnent, doivent assumer solidairement, aujourd’hui et demain la responsabilité de telles assertions. Car dans le préambule de sa constitution, le peuple algérien déclare qu’il est un peuple libre, décidé à le demeurer. Et pour ce faire l’Algérie se défend de recourir à la guerre pour porter atteinte à la souveraineté légitime et à la liberté d’autres peuples. Elle s’efforce de régler les différends internationaux par des moyens pacifiques. En conséquence l’Algérie demeure solidaire de tous les peuples qui luttent pour la libération politique et économique, pour le droit à l’autodétermination et contre toute discrimination raciale. Ainsi face à une nébuleuse, mais toujours sans faillir, solidaires du peuple libyen, les algériens, en cohérence avec leur loi fondamentale, espèrent que s’éclaircisse rapidement l’horizon, entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine, et ce n’est pas là une prémonition.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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