Le Carrefour D’algérie
Mardi 23 Août 2011
Sra…ma…sra
Par Sayah
Loi sur l’information?? Fète… elli… fète !!!
L’avant-projet de la loi sur l’information est-il un évènement en soi ou n’est-ce que le juste cours d’un quotidien et d’un avenir tracé par nos décideurs à l’intention d’un corps qui tarde à devenir mature et professionnel. Tous les indices analytiquement
vérifiables confirment que le métier de journaliste devient une tâche à haut risque pénal dans une galaxie où les décideurs attendent de cette corporation plus de sacrifices et moins de mises en accusation d’un pouvoir qui «réforme» pour le plaisir de durer dans le temps, dans l’espace et dans nos esprits. Qui veut-on museler plus? A quelles fins voudrait-on arriver avec plus d’articles contraignants d’une loi que toute la corporation attendait et espérait? A la lecture de certains commentaires de nos confrères, je ne peux m’empêcher de penser à ce législateur qui « pondrait » des textes à travers lesquels on ne laisse aux journalistes aucun moyen de défense ni aucun autre moyen justifiant la parution de l’article incriminé. Le bienheureux légiste se serait même fait plaisir en nous fourguant un article (137) réprimant l’offense à… chef d’Etat étranger. Sur les sept délits relevés dans cet avant-projet de loi, trois sont punis par une peine allant de 01 à 05 ans d’emprisonnement (articles 127,128 et 136). Pas de divulgation de l’identité des mineurs (article 123), pas d’offense à l’Islam ni à aucune autre religion (article 122), ni la publication de circonstances des crimes et délits (article 131) ni encore la réception de fonds, de dons ou autres avantages par l’entreprise de presse (article 126). Un projet de loi ainsi concocté devra, au moins, figurer parmi les plus belles œuvres d’un régime qui voudrait «professionnaliser» le secteur en le…contrôlant mieux. Car, vous vous en doutez, il n’est question que de contrôle. Le contrôle du scribouillard sur le contenu de son article et le contrôle du pouvoir sur l’itinéraire de la plume! Vous avez envie de dévoiler une malversation, une histoire de corruption dont tout le monde a eu vent? Faites-le et vous moisirez en prison avec, en sus, la mention «délit de presse- n’approcher sous aucun prétexte»! Et si vous n’avez ou ne pouvez avoir «d’opinions (?!!)» ni sur les corps constitués, ni sur les juridictions, ni sur l’armée, encore moins sur le parlement ou sur les administrations, alors, régalez-vous, mes chers confrères, sur le prix de la patate, de la tomate et chantez tous en chœur «fète elli fete, welli féte méte we dikrayete, mehiha we nsiha, féte elli féte»!
medhayas@yahoo.fr
23 août 2011
Contributions