RSS

ALI N’BOUAROUR,DE MUSTAPHA BENTAHAR La poésie des premiers iddebalen

13 août 2011

1.LECTURE


Culture : EN LIBRAIRIE
ALI N’BOUAROUR,DE MUSTAPHA BENTAHAR
La poésie des premiers iddebalen

En son temps, il était renommé comme addebbal (tambourineur) et poète dans la région de Kabylie. Celui qu’on avait affublé du sobriquet peu flatteur d’Ali n’bouarour (Ali le bossu) n’avait pas son pareil pour animer une fête familiale et déclamer ses poèmes…


Mais c’était de la poésie orale que récitait l’artiste, mort en 1929. Une œuvre que personne n’avait pensé transcrire. Le docteur Mustapha Bentahar a heureusement pris la louable initiative de sauver de l’oubli et de la disparition les poèmes d’Ali n’bouarour, comme d’autres l’ont fait avant lui pour Si Mohand Ou M’hand. Après un long et minutieux travail de recherche, de collecte et de traitement, l’auteur a pu réunir l’œuvre poétique plus ou moins complète de l’ addebbal. Dans cet ouvrage, chaque texte est accompagné d’une traduction en langue française. Près de 150 poèmes ont pu être recueillis par Mustapha Bentahar, ils forment la deuxième partie du livre. La première est consacrée à la présentation de ce personnage atypique, son parcours et sa personnalité. Un poète qui s’inscrit dans la lignée de Si Mohand Ou M’hand, son illustre aîné. Mustapha Bentahar explique comment il est venu à s’intéresser à ce natif de sa région, ensuite tout le travail qu’il avait effectué auprès des personnes âgées qui avaient gardé en mémoire des poèmes, des souvenirs, des témoignages… Ainsi, on apprend qu’Ali le bossu ne souffrait pas d’une disgrâce physique, il a hérité de ce sobriquet parce que son père portait une bosse. Né en 1879 à Mechtras (Tizi Ouzou), Ali Harbit est «féru de musique dès l’enfance», écrit le docteur Bentahar. C’est donc tout naturellement qu’il «finit par trouver le chemin de sa vocation musicale et poétique dans le métier de poète-tambourineur (poète- addebbal). Profession prisée jadis, par ce que addebbal était l’animateur le plus recherché des fêtes ; celles du mariage et de la circoncision des garçons dont lui-même était le praticien. Le poète- addebbal était porteur de joie et de sens, capable, non seulement de conduire son petit orchestre composé de quatre musiciens et de deux instruments (tambour et haut-bois), mais d’improviser des poèmes bien frappés, porteurs de sagesse et de sens». Ali n’bouarour avait composé de nombreux poèmes, la plupart inspirés de son propre vécu, de ses pérégrinations et de sa société. La thématique est variée, surtout que le poète errant menait parfois une vie dissolue. Mais la sagesse finit souvent par l’emporter sur la déception, la rage ou la révolte. Car «Ali l’homme aux épreuves» pourra toujours compter sur le saint cheikh Mohand : «En ta contrée je n’ai nulle crainte/Car tu es le protecteur/ O maître Mohand ou L’houcine.» Mustapha Bentahar est né en 1958 à Mechtas, il est médecin de profession. Son amour de la poésie et son souci de contribuer à préserver le patrimoine immatériel de la région ont permis d’accoucher de cet intéressant ouvrage (édité à compte d’auteur). Un auteur qui mérite d’être pris en main par des professionnels de l’édition, pour que son livre soit enrichi et techniquement réussi. Il faut dire que, par certains côtés, Ali n’bouarour n’a rien à envier au grand Si Mohand Ou M’hand. Les férus de ce genre de poésie seront comblés.
Hocine T.

Dr Mustapha Bentahar, Ali n’bouarour, successeur de Si Mohand Ou M’hand, 2011, 192 pages, 550 DA.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/08/13/article.php?sid=121420&cid=16

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Les commentaires sont fermés.

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...