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ESPACE LECTEURS L’obsessionnel, l’hystérique et la vérité

9 août 2011

Contributions

Dans l’un de vos articles vous disiez : Selon Lacan, le futur obsessionnel est un enfant dont la demande est insupportable pour l’entourage. Il demande une petite boîte. Là où, pour Maurice Bouvet, la psychose reste menaçante pour l’obsessionnel en raison des symptômes para-psychotiques que l’on y rencontre, type dépersonnalisation, sentiment d’étrangeté, etc. Lacan est d’accord avec les auteurs qui voient une incompatibilité entre les deux affections. «C’est très, très, très rare. Personnellement, je ne l’ai jamais vu dans ma pratique, Dieu merci», nous assure-t-il. Comment ça ? Curieux F.

Réponse

Dans son articulation, Lacan se réfère à Freud, selon qui, il y a chez l’obsessionnelle diffusion précoce entre instinct de vie et de mort. À un stade précoce, les tendances destructrices se détachent, l’installant dans une subjectivité très particulière. Le futur obsessionnel demande une petite boîte de rien du tout et c’est intolérable pour les parents car cette demande a le caractère d’une condition absolue, affirme Lacan, qui est propre au «désir en tant que tel». Cette demande aboutit de façon implacable à la destruction de l’Autre, ce qui fait tout le drame de l’obsessionnel, car de cet Autre, il en a le plus grand besoin pour exister. C’est cette négation de l’Autre qui rend le désir de la petite boîte si intolérable. C’est ce qui explique la contradiction profonde entre l’obsessionnel et son désir. Une des spécialités de l’obsessionnel, c’est l’escarpolette entre projection et introjection, à ceci près que pour Lacan, la projection est imaginaire alors que l’introjection est symbolique. Faute de pouvoir comme l’hystérique s’identifier au petit autre imaginaire, l’obsessionnel sur la voie de son désir va rencontrer le signifiant phallique et cela, de mille manières, comme si un champ de champignons était ce qu’il y avait à traverser, cette chasse aux champignons étant pour lui une condition pour la subsistance de son être hors du point d’appui du désir de l’Autre, cher à l’hystérique. L’oeuvre de Freud, selon Lacan, nous montre le sujet humain en train de se constituer comme Je dans l’acte de la parole. Le sujet obsessionnel est assurément dans une position problématique par rapport à l’Autre, qui est menacé de mort par son désir. De quoi parlera un obsessionnel «tout venant» lorsqu’il rencontre un psychanalyste ? D’empêchements, d’inhibitions, de craintes, de doutes, d’interdictions. Ce n’est que par la suite, lorsque l’analyste aura fourni à cet obsessionnel quelques clefs, qu’il lui confiera ses fantasmes, dans ce qu’ils ont de plus envahissants, de captivant, d’absorbant voire d’engloutissant, nous dit Lacan. On peut dire que l’obsessionnelle demande sans cesse à l’Autre la permission de désirer ce qui le met par rapport à cet Autre dans une grande dépendance qui n’est pas sans impliquer le refus (Versagung, Freud). «Le pacte est refusé sur fond de promesse », dit Lacan. Tout comme l’hystérique, l’obsessionnel a besoin d’un désir insatisfait, à ceci près que chez lui, cela passe par un désir interdit entièrement versé sur le compte de l’Autre. Son agressivité est doublée par la crainte de rétorsion de l’Autre, d’où le camouflage très compliqué auquel se livre l’obsessionnel. La grande illusion de l’obsessionnel consiste à ce que l’Autre consente à son désir. Et de s’exalter à cet adage : «Ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fit». Mais l’obsessionnel se montre infatigable dans ses manigances pour attirer l’autre dans ses rets. Il va imaginer toute une gamme d’exploits pour obtenir la permission de l’Autre. Et ils réussissent très, très brillamment, nous confie Lacan, dans cette tâche. Toutefois, dans l’exploit obsessionnel, dont l’Autre n’a rien à dire, occupé qu’il est par son Autre à lui, il y a quelque chose d’irrémédiablement fictif. Décidément, c’est un «rude lapin». Sa visée à lui, l’obsessionnel, est le maintient de l’Autre. Là où l’hystérie est mensonge (jeu de mot en prime) pour dire la vérité, l’obsessionnel dit la vérité qui aime en songe. D’où son souci du verbal, de la récapitulation, de la falsification aussi. Il n’y a pas de véritable danger de mort dans l’exploit à la mode obsessionnelle. Mme N. Amel

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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