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19.l’âne d’or ou les métamorphoses

9 août 2011

1.Extraits

XIX. De mon côté, je me dispose à prendre ma part du repas, tout en suivant des yeux mon convive, qui dépêchait avidement les morceaux. Tout à coup je le vois qui pâlit, qui jaunit, et va tomber en défaillance. L’altération de sa face était telle, que, mon imagination se peignant déjà les Furies de la veille à nos trousses, l’effroi me saisit comme j’avalais la première bouchée,

et le morceau, bien que des plus modestes, s’arrêta dans mon gosier sans pouvoir ni descendre ni remonter. L’endroit était très fréquenté; ce qui mit ma terreur au comble. Deux hommes cheminent ensemble; l’un d’eux meurt assassiné: le moyen de croire à l’innocence de l’autre? Cependant Socrate ayant donné raisonnablement sur la provende, se mit à crier la soif. Notez qu’une bonne moitié d’un excellent fromage y avait passé. À deux pas du platane coulait une rivière; une belle nappe d’eau, paisible à l’oeil comme un lac, brillante comme l’argent, limpide comme le verre. Vois cette onde, lui dis-je, c’est aussi appétissant que du lait: qui t’empêche de t’en régaler? Mon homme se lève; et, après avoir cherché une place commode sur le bord s’agenouille et se penche le corps en avant, très empressé de mettre ce liquide en contact avec ses lèvres. Mais à peine en ont-elles effleuré l’extrémité, que je vois soudain sa gorge se rouvrir. L’horrible plaie s’y creuse de nouveau. L’éponge s’en échappe, et avec elle deux ou trois gouttes de sang. Socrate n’était plus qu’un cadavre qui allait choir, la tête la première, dans le fleuve, si je ne l’eusse retenu par un pied et ramené à grand effort sur la berge. Là, après quelques larmes données bien à la hâte à mon pauvre camarade, je couvre son corps de sable, et j’en confie, pour toujours, le dépôt au voisinage de la rivière. Alors, tremblant pour moi-même, je m’enfuis précipitamment par les passes les plus écartées, les plus solitaires. Enfin, la conscience aussi troublée que celle d’un meurtrier, j’ai dit adieu à mon foyer, à ma patrie, et je suis venu, exilé volontaire, m’établir en Étolie, où je me suis remarié.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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