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8 août 2011

Contributions

Fella Ababsa : «J’ai été victime d’abus de pouvoir de Moubarak et de ses fils»

le 06.08.11 | 01h00

 	Fella Djazaïria, une artiste écorchée vive

| © D. R.

Fella Djazaïria, une artiste écorchée vive

La chanteuse algérienne Fella Djazaïria, alias Fella Ababsa, appelée aussi «sultanate ettarab» (la reine du tarab) a de qui tenir. Son père n’est autre que le grand poète, compositeur et notamment interprète de Hizya. Entière, elle se livre et «délivre» sans concession.

-Comment appelez-vous votre fan-club ?

Chourafaâ El Ahrar. Ce sont mes soldats, le peuple algérien, tout mon public en Algérie et au Moyen-Orient qui  m’ont soutenue et qui n’arrêtent pas de me soutenir. Mon fan-club. Je leur dois une grande reconnaissance depuis le début de ma carrière, depuis N’hadeth Maâk Ya Galbi.

-Vous suivez ce qui s’écrit sur vous…

Quand on voit ce qui se passe sur la scène politique, il faut tout prendre en considération. Il y a Internet, les réseaux sociaux… Parlons de culture. Ce qui s’écrit ici (Algérie) est repris par des journaux d’autres pays. Là où je me suis battue toute seule avec l’aide de Dieu et mon public, bien sûr. Et puis, quand  une artiste a porté dignement le drapeau de l’Algérie partout dans le monde…(?)
Justement, vous venez de  rendre hommage à l’Egypte et à sa révolution du 25 janvier à travers une titre Wahchani Ya Masr …
Vous savez, j’ai fait, avant cela, Loubnan Ya Siraj El Arab quand il y eut les bombardements. J’étais au Liban. J’ai assisté aussi à la guerre civile qu’il y a eu entre le Hizbollah, Amal… J’ai chanté aussi les victimes de la tuerie de Djenine. J’ai chanté aussi pour l’Irak. Bien sûr, j’ai commencé à chanter pour l’Algérie lors du terrorisme avec Kil Youm. Une chanson porteuse d’espoir. C’est ma couronne à moi !

-Une déclaration d’amour pour l’Egypte… Vous avez insisté pour le faire ?

J’ai subi un drame en Egypte. J’y étais partie toute jeune, avec Balligh Hamdi, pour enregistrer un album-studio. Ce n’était que pour trois mois. Et je me suis retrouvée retenue pour trois ans pour une affaire qui n’avait ni queue ni tête et ce, jusqu’à présent. Et quand il eut récemment la révolution sur la Place Tahrir, tout est devenu clair pour moi, alors qu’il y avait un point d’interrogation qui me poursuivait. Aussitôt, j’ai reçu un appel téléphonique du directeur général de l’Office égyptien des droits d’auteurs qui m’a annoncé ceci : «Mabrouk (félicitations) Fella ! Ton nom a été retiré», (d’une liste). Donc, on voyait que c’était une cabale et autre abus de pouvoir de Moubarak et ses fils, comme ils l’ont exactement fait lors du match de football Egypte-Algérie et la mascarade médiatique. Ce sont les fils de Moubarak qui étaient les auteurs de cette manipulation (anti algérienne). Ils préparaient les élections. Ils ont utilisé les deux peuples frères.

-Ce qui a donné le titre Wahchani Ya Masr…

J’ai voulu enregistrer Wahchani Ya Misr pour prouver que les peuples algérien et égyptien sont frères et unis. Et je suis avec la thawra (la révolution). Malheureusement, il y eut cet épisode de la manipulation de certains médias égyptiens lors de ce match de football (Egypte-Algérie) et ce, sous les ordres des Moubarak. C’est pas parce qu’il a été destitué (Moubarak) que j’en parle maintenant. Il mérite son sort. Il a fait beaucoup de mal non seulement à moi mais aussi à Balligh Hamdi  et à beaucoup de gens. C’était une dictature. Aussi, je félicite les peuples tunisien et égyptien pour leur révolution et leur liberté. Il ne faut pas se laisser faire, quoi !

-Vous avez fait un duo avec le chanteur marocain Mahmoud El Idrissi…

Oui, j’ai eu le grand honneur de chanter avec Mahmoud El Idrissi. Un titre parlant de paix. C’était une belle aventure. Le texte est magnifique rendant hommage à l’Algérie et aux deux pays. J’ai eu beaucoup de plaisir à l’interpréter avec Mahmoud El Idrissi. On n’est pas là pour chanter Ya habibi, hayati, mais pour chanter nos causes arabes. Je suis sur le point de terminer une opérette panarabe où je participe avec de grands noms comme Nabil Chiîr, Abdellah Rouiched, Diana Haddad, Saïf Saïd et ce, pour la paix. Je n’arrêterai pas de chanter pour l’enfance,  la paix, l’amour, la beauté, notre Algérie…

-Vous avez des projets en chantier…

Je fais plein de choses. Le problème ici, c’est que nous n’avons pas de sociétés de production. Depuis que mon contrat avec Rotana a pris fin, tout ce que je fais c’est avec mes propres moyens. Je souhaiterais qu’en Algérie, on sponsorise un peu plus les artistes parce que j’ai beaucoup à donner encore.

-Par exemple…

J’ai de nombreuses chansons issues du répertoire de mon père (Abdelhamid Ababssa) que je reprends. Il m’a laissée un trésor magnifique. Durant ce mois de Ramadhan, je dois enregistrer du médh (chant religieux) que mon père a écrit. Je dois faire un album 100% chansons algériennes ainsi qu’un best-of…

-Là, vous venez de faire la clôture du Festival de Djemila ( Sétif)…

Je suis heureuse d’avoir revu mon public à Djemila. C’était magnifique, mais cela n’a pas été relevé dans la presse.

-Cela vous manquait…

Oui ! C’est le premier concert en Algérie, depuis plusieurs années. Pour l’Année de l’Algérie en France, j’étais absente (du programme), malheureusement. Et bien d’autres événements.
Je n’ai pas été invitée. Je ne sais pas pourquoi ? Par exemple, je n’ai pas encore revu mon public à Constantine, Annaba, Tlemcen où se tient l’événement «Tlemcen, capitale islamique». J’ai appris à être patiente avec le temps.

-Quand vous regardez dans le rétroviseur de votre carrière artistique, qu’est-ce que vous dites ?  : «J’en suis fière ou…»  

Cela aurait pu être mieux si j’avais été comme beaucoup de chanteurs marocains ou tunisiens qui sont soutenus. Le miroir d’une nation, c’est la culture. Je pense qu’un artiste est un ambassadeur de son pays. Alors que je suis affublée par mon public du titre de «sultanat tarab». C’est la meilleure récompense.  Je suis positive. Pardonner ce qui s’est passé. D’ailleurs, j’ai déjà fait une chanson pour le wiam madani (la concorde civile). Mes références sont Djamila Bouhired, Fatma N’soumer et j’en suis fière. Mon père est un révolutionnaire. Ma mère aussi, c’est une Amirouche. Elle s’appelle Fatouma Amirouche. Mon grand-père, cheikh Mohamed Ababssa était l’un des membres fondateurs de l’Asssociation des oulémas musulmans et il était aussi propriétaire du journal El Mirsad.
Pour vous dire : si l’on place un militaire au ministère de la Défense, un artiste au ministère de la Culture…Tous les pays (arabes) iraient bien. Mettre l’homme ou la femme qu’il faut à la place qu’il faut. J’ai beaucoup confiance en l’avenir de notre pays et de notre monde aussi.

-Un mot pour la fin…

Je souhaite à tout le peuple algérien un Ramadhan karim, ainsi que des belles choses qui se réaliseront inch’allah !

K. Smail© El Watan

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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