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Faut-il sauver le Ramadhan ? Par : Mustapha Hammouche

8 août 2011

Contributions

Faut-il sauver le Ramadhan ? Par : Mustapha Hammouche dans Contributions logo_imp
Edition du Lundi 08 Août 2011

Chronique

Faut-il sauver le Ramadhan ?

 


Par : Mustapha Hammouche

Les Ramadhans se suivent et se ressemblent. Mois de promotion de l’image, il fait courir tout ce beau monde en quête d’habilitation morale.

À commencer par les institutions qui redoublent d’application dans la conduite de leurs missions. Des mesures spéciales sont prises pour améliorer certaines fonctions : sécurité, contrôle des prix et de la qualité, transports, etc. Les hiérarchies prétendent pouvoir améliorer, en pleine période de jeûne et de torpeur, les performances de leurs troupes qu’elles n’arrivent pas à mettre au travail en temps normal. De fait, il suffit de s’introduire dans les locaux des services publics : bureaux désertés et nonchalance des employés présents, caractéristique du fonctionnement ramadhanien et admise comme manifestation du pieux effort. L’entrain et la forme en deviennent suspects !
Le parfait jeûneur doit avoir veillé, à satisfaire au devoir des tarawih, bien sûr ; le jour, il doit préalablement faire la tournée matinale de ses courses, alimentaires bien entendu, avant de consacrer le temps que lui laisse le retard et les emplettes à son devoir professionnel. Concrètement, et sauf exception, il y a consensus autour du ralentissement national.
Autour du ralentissement et du souci partagé de s’assurer d’abord la meilleure table pour le soir. Les tas d’ordures ménagères témoignent du statut de priorité nationale que la bouffe acquière, culminant en ce mois de… privations.
Avec de tels budgets, les Algériens n’investissent tout de même pas dans de vrais sacs-poubelles, et les hideux sachets d’emballage, éventrés, laissent échapper les preuves du gaspillage collatéral de nos quotidiennes crises de boulimie.
Les plus malins trouvent dans cette frénésie consommatrice qu’apporte le mois sacré l’opportunité de faire affaire le matin sur le dos de ceux qui fantasment sur le moyen de faire bombance le soir. Tout se vend. Dans des marchés ou se côtoient les amas d’articles avariés et putrides et les aliments, parfois tout aussi pourris, qui nous sont proposés. Et tout s’achète, en attendant de nous plaindre de l’inflation, une fois nos festins cuvés.
D’un autre côté, et comme les affaires dans notre pays sont, à juste titre, sujet à soupçon, le Ramadhan constitue un mois du blanchiment moral des fortunes. Des flibustiers des bazars viennent polluer l’esprit de l’action solidaire des quelques sincères bienfaiteurs. Il n’y a pas que les imposteurs de la charité qui disputent ce terrain de la charité aux vrais mécènes : des entreprises y trouvent le moyen de médiatiser leur “sponsoring” de la pitance et des responsables politiques disputent à tout ce beau monde, par médias interposés, ce terrain de la charité.
Le dévergondage comportemental, admis comme expression tolérable, dénature jusqu’à la vie sociale : les larcins, les rixes, aux effets tragiques (plusieurs morts déjà des suites de simples altercations) et les accidents de la circulation altèrent un peu plus la sombre fresque de scènes de notre vie quotidienne. Malgré cela, le discours sur les bonnes œuvres et les vertus dont le mois sacré nous éclaboussent
s’échine à cacher la navrante réalité d’un mois de tous les excès : gaspillage, nuisances sonores et environnementales, incivisme, imposture caritative…
Il faut peut-être commencer à libérer le Ramadhan de cette agression des forces combinées du bazar et de la permissivité active du populisme.

M. H.
musthammouche@yahoo.fr       

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=160629

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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