RSS

L’insoutenable légèreté d’âme des dirigeants du Mouloudia d’Alger La chronique de Abdelhakim Meziani

6 août 2011

Contributions

L’insoutenable légèreté d’âme des dirigeants du Mouloudia d’Alger La chronique de Abdelhakim Meziani  dans Contributions logo_imp
Edition du Samedi 06 Août 2011

Culture

L’insoutenable légèreté d’âme des dirigeants du Mouloudia d’Alger

La chronique de Abdelhakim Meziani

De nombreuses familles algéroises attendaient Hamoud Boualem, figure emblématique s’il en est de la culture citadine et du raffinement.

C’était, finalement, et contre toute attente, le groupe Khalifa qui devint le principal sponsor du doyen des clubs algériens, il y a de cela une dizaine d’années. La nouvelle avait fait l’effet d’une bombe dans les milieux concernés. À Alger, par exemple, où des mécènes comme les fondateurs de Hamoud Boualem, les Bensiam, les Benmérabet ou Cheilh Omar Smaïl n’étaient plus de ce monde pour relever un tel défi, les vieilles familles étaient très choquées par le fait que leur progéniture resta sur la défensive alors que sauver le MCA  et le rendre à ses enfants, devait constituer la préoccupation cardinale, une mission historique. Surtout aujourd’hui, à un moment où l’espace citadin s’effrite chaque jour davantage à l’instigation de la culture de l’oubli et du mépris affiché par les clercs qui ne lèvent même pas le petit doigt pour le sauvetage de La Casbah d’Alger. Repliée sur elle-même, des siècles durant, exactement depuis l’assassinat du roi Sélim et-Toumi par Aroudj Barberousse, la société algéroise a pourtant donné le meilleur d’elle-même dans la prise de conscience du fait national et l’émergence d’une dynamique culturelle salutaire. Une dynamique  qui aura permis à la contestation nationale, dès 1920, de s’appuyer sur le mouvement culturel et sportif pour opposer notre identité historique et culturelle aux tentatives d’asservissement  mis en branle  par la caste coloniale. C’est dans cet esprit d’ailleurs qu’intervient la naissance du Mouloudia Club d’Alger, un espace d’expression qui va jouer un rôle déterminant dans la conscientisation des citoyens. Expression culturelle par excellence, le sport allait ainsi contribuer, dans ce cadre, à la promotion et à l’épanouissement de jeunes Algériens qui ne se reconnaissaient nullement dans le projet de société tel qu’élaboré par la soldatesque française.
Dans cet univers de souffrances et de violences, me confiera mon ami Omar Dib, le rappel incessant au passé glorieux, la défense du patrimoine culturel et artistique, les poèmes et les chants citadins, constituèrent l’une des formes les plus actives de la résistance face à l’occupant. Ce qui fit dire à Charles-Roger Ageron que les poètes et les initiateurs d’un tel mouvement ont bien mérité de leur peuple. Ils se sont montrés des gardiens vigilants. Ils ont dit jusque dans leur désespoir, l’invincible espérance d’un peuple croyant, que l’aube du siècle dernier galvanisa, annonciatrice qu’elle était de bouleversements en profondeur et de l’émergence de potentialités religieuses, artistiques, culturelles, intellectuelles et sportives insoupçonnées. Les rapports fructueux qui s’établirent alors entre le Mouloudia et les défenseurs du patrimoine musical classique algérois allaient contribuer valablement à l’émergence d’une vie artistique et culturelle jusque-là insoupçonnée. Notamment au siège de Nadi et-Taraqi (Cercle du progrès), grâce à une prise en charge et des subsides offerts généreusement, pourtant, par de vieilles familles algéroises, avant que ce haut fait de la pensée nationaliste et de l’expression artistique et culturelle ne soit réduit à sa plus simple expression par l’intolérance religieuse symbolisée à l’époque par les tenants du wahhabisme, fraîchement installés, et l’abominable chasse aux adeptes du soufisme  à Alger. C’est ainsi que le patrimoine musical citadin trouvera en le Mouloudia club d’Alger un partenaire idéal qui mettra à sa disposition ses propres structures tant pour les répétitions que pour les concerts. Rappeler ces quelques hauts faits d’un club qui a contribué pleinement au raffermissement du sentiment national et à la guerre révolutionnaire populaire est loin d’être fortuit, encore moins une vue de l’esprit. Car le MCA n’est pas un club ordinaire. Il est, au moment où il fête ses 90 ans, et demeure le fer de lance civilisationnel et culturel d’une société qui a brillé, et brille encore par son raffinement, son savoir-vivre et son savoir-faire.

A.M.
zianide2@gmail.com

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=160488&titre=L%E2%80%99insoutenable%20l%C3%A9g%C3%A8ret%C3%A9%20d%E2%80%99%C3%A2me%20des%20dirigeants%20%20du%20Mouloudia%20d%E2%80%99Alger&

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Les commentaires sont fermés.

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...