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DEUX REBELLES DANS LEURS GENRES Les vies parallèles de Matoub Lounès et Vladimir Vissotski

25 juillet 2011

Non classé

Culture : DEUX REBELLES DANS LEURS GENRES
Les vies parallèles de Matoub Lounès et Vladimir Vissotski

La mort de Vladimir Vissotski survenue le 25 juillet 1980 à Moscou avait relégué au second plan les jeux Olympiques qui se déroulaient dans la capitale soviétique. Malgré le silence des médias, une foule de 200 000 personnes lui avait rendu un dernier hommage lors de son enterrement au cimetière Vagankovskoe de Moscou.


Vissotski est poète, chanteur, comédien de théâtre et acteur de cinéma. Mais sa célébrité est due surtout à la chanson, art vers lequel il est venu paradoxalement presque par hasard. La biographie du Russe est éloquente. Par certains côtés son parcours rappelle celui du «rebelle», Matoub Lounès, et par d’autres celui de Amar Ezzahi. Matoub et Vladimir Vissotski sont tous les deux morts à l’âge de 42 ans. Né en 1956, le chanteur kabyle a été assassiné par balle le 25 juin 1998. Officiellement, l’artiste russe, né en 1938, est mort d’une crise cardiaque. Mais dans son livre intitulé Qui a tué Vissotski ?, le Dr Marlena Zimna, directrice du musée Vladimir-Vissotski de Koszalin (Pologne) avance une autre hypothèse. Vissotski a débuté une carrière d’acteur en 1959 avant de rejoindre en 1964 le théâtre de la Taganka de Moscou. En parallèle, il commence à composer, un peu pour son propre plaisir, des poèmes et des chansons, parfois politiques, mais généralement simplement «humaines». Au cours d’une soirée entre amis, quelqu’un décida de l’enregistrer sur un simple magnétophone. La cassette copiée de milliers de fois circule «clandestinement » à travers la Russie, l’Ukraine et les autres républiques soviétiques. Ce succès et l’insistance de ses amis l’incitèrent à commencer une «vraie» carrière de chanteur. Mais s’il est reconnu par les autorités soviétiques comme comédien, ses chansons ne seront pas autorisées, du moins officiellement, car ne correspondant pas à la politique artistique du régime à l’époque. Ainsi, et à l’exception de quelques chansons soigneusement triées, ses albums ne seront jamais enregistrés en URSS. Comme toujours l’interdiction ou la marginalisation ne font que croître l’intérêt des gens pour les textes de Vladimir Vissotski. Autre ressemblance avec Matoub Lounès (ils ont tous les deux une voix rauque), les chansons de l’auteur de Camarade Staline étaient écoutés partout sauf à la radio et à la télévision d’Etat. La notion de show business n’existait pas en Union soviétique et l’édition artistique et littéraire étaient entièrement contrôlée par l’Etat (il n’y avait pas d’éditeurs privés). Réussir une carrière artistique hors des «circuits» officiels relève du miracle. C’est ce qu’a fait Vladimir Vissotski certainement malgré lui. Le chanteur chaâbi Amar Ezzahi, lui, a volontairement fui le monde du show business. Le résultat est que, tout comme le chanteur russe, ses cassettes enregistrées lors des fêtes familiales circulent toujours de main en main. Ainsi, celui qui «boycotte » la radio et la télévision et n’anime pas des concerts est aujourd’hui un des chanteurs algériens les plus populaires. Vladimir Vissotski a épousé, en 1969, l’actrice française d’origine russe Marina Vlady. Ce mariage lui permet d’avoir l’autorisation de sortir à l’étranger et de se rendre en France et aux Etats-Unis, notamment et d’y enregistrer quelques disques dont un chez Polydor, partiellement en français. Il a également donné son unique concert africain à Casablanca en avril 1976. Mais un «rousski moujik» ne pouvait pas s’acclimater dans un pays étranger, il est rentrait rapidement à la «rodina» (patrie) après chaque voyage. A sa mort en été 1980, des chanteurs comme comme le Géorgien Boulat Okoudjava et Youri Vizbor composèrent une chanson d’adieu à sa mémoire. Le chanteur politique polonais Jacek Kaczmarski surnommé «le barde de Solidarnosc» et qui s’était en partie inspiré des chansons de Vissotski, rédigea à cette occasion Epitafium dla Wlodzimierza Wysockiego (épitaphe pour Vladimir Vyssotski). «Volodia» (diminutif de Vladimir) est aussi connu en Algérie par les anciens étudiants en URSS et en Russie ainsi que par les mélomanes. Le film documentaire sur le syndicaliste disparu Redouane Osmane commence par une chanson en langue française interprétée par Vladimir Vissotski. Spacité nachi douchi (sauvez nos âmes) est le titre d’une chanson de Vissotski qui parle du naufrage d’un sous-marin, bien avant le Kourskqui avait sombré le 12 août 2000 avec 118 hommes d’équipage. Vladimir Vissotski est aujourd’hui réhabilité. «Toute une époque a passé, mais il n’y a pas eu depuis sa mort une autre personnalité qui jouirait d’un amour populaire aussi absolu que Vissotski», écrivait le quotidien officiel Rossiskaïa Gazeta le 25 juillet 2005.
Kader B.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/07/25/article.php?sid=120525&cid=16

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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