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Chronique de Abdennour Abdesselam Mohya se saisit du préfixe distinctif “ssi” pour la caricature théâtrale

19 juillet 2011

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Edition du Mardi 19 Juillet 2011

Chronique de Abdennour Abdesselam

Mohya se saisit du préfixe distinctif “ssi” pour la caricature théâtrale

 


Dans sa légendaire pièce théâtrale Ssinistri, le dramaturge d’expression berbère Mohya colle le préfixe distinctif masculin “ssi” en initial de tous les noms des personnages de sa comédie où il décrit une société prise au piège de l’arsenal administratif qui installe une bureaucratie étouffante. Le titre de la pièce, porté par le comédien principal,

est à lui seul évocateur d’une société algérienne aux valeurs malheureusement trompées par des leurres euphoriques et dits positifs en après-guerre. Elle devient ainsi justement une société sinistrée dans son ensemble et sur tous les aspects de la vie. Les citoyens, au lieu de se solidariser contre un pouvoir tyrannique représenté par une administration répressive, s’occupent plutôt à s’entrechoquer entre eux comme pour exorciser le poids de cette tyrannie subie. Dans leur quotidien et pris individuellement, ils dénoncent tous la lourde injustice globale et flagrante mais tous s’en remettent en même temps chacun utilisant ses propres “tuyaux” et son réseau de connaissances personnelles jalousement gardées seulement pour soi. Mohya nous renvoie à cette conscience collective mais qui s’évanouit dans les trouvailles individuelles égoïstes et qui ne font que perdurer l’exercice de la tyrannie. Il choisira pour ses personnages des fonctions considérées comme les prototypes les plus courants de la société. Un à un, ils entrent en scène où l’humour se mêle au désenchantement. C’est là une technique propre à Mohya pour communiquer. SSinistri est une tirade d’un personnage sinistré de toutes parts et jouant le rôle d’un avocat fabuliste faisant les quatre cents coups en se hasardant de ses clients. “Ssipositoir” est une tournure langagière du mot suppositoire portée par un personnage jouant le rôle d’un simple d’esprit mais combien glissant et malin. “Ssirpilière” un sous-entendu de la serpillière affecté à un personnage qui joue le soumis malgré lui. “Ssitadir” nom tiré et forgé pour la circonstance de la formule “c’est-à-dire” arrangé pour le personnage qui joue le rôle de l’interprète. Celui-ci traduit ce qu’il veut bien traduire et ce qui doit plaire à un procureur complaisant, perché sur le haut de sa délégation et supposé défendre une justice juste. Ici le traducteur porte tout le sens du contact indirect et distant sciemment imposé entre le citoyen et toute institution pour justement installer l’inquiétude dans la société. “Ssifouni” est un sous-entendu du commerçant chiffonnier d’apparence gai luron, naïf mais éveillé sur les dribbles d’une justice aux ordres. Comme une comédienne intervient tout au long de la pièce interprétant l’épouse de Ssinistri le fabuliste aux quatre cents coups, Mohya utilise pour elle l’autre préfixation du distinctif féminin “Lalla” pour la nommer Lallamjilette sobriquet tiré d’une lame de la marque Gillette qui suggère surtout le profil d’un tranchant redoutable car l’épouse est complice du délire de son mari. L’ensemble de la pièce théâtrale est le reflet d’une réalité pesante sur laquelle bute la société au quotidien.
A. A.
kocilnour@yahoo.fr

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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