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Tous en piste par El-Guellil

16 juillet 2011

Contributions

Ils s’engouffrent sans un ouf dans la voiture. Les femmes âgées sont très agiles à ce jeu. Pliées en deux, elles se redressent au moment opportun où la portière s’ouvre. Et vlan, elles lancent leur jambe dans l’habitacle. Ceux qui ont réussi vous regardent depuis leur siège comme pour vous toiser avec un léger sourire de vainqueur. Un gaz vous asphyxie, vous êtes KO. Non fair-play. Ils sont heureux de vous avoir doublé.

Le bus, c’est aussi la promiscuité. On entend les conversations des uns et des autres. Les feuilletons saccadés par les arrêts sont repris le lendemain aux mêmes heures et aux mêmes endroits. Certains l’empruntent pour se divertir, font plusieurs fois le tour de la ville. Les circuits n’ont plus de secret pour eux. Les dates et heures de certains habitués non plus.

L’été, c’est mieux. On prend l’air à travers les vitres lorsque l’allure se fait vive. Une fois, j’ai pris un bus privé qui faisait le centre jusqu’à l’université, en périphérie de la ville : j’ai cru entrer dans une boîte de nuit mobile – new generation – avec du raï à tue-tête. J’ai même pensé à un nouveau concept importé. Le bus suivait le rythme, même dans les virages. Loupant les arrêts demandés. Les voyageurs le suppliaient de réduire le son. Puis de repartir, puis de s’arrêter à bonne destination. Le chauffeur «jeune», les lunettes de soleil ajustées sur le nez, la vue basse, s’arrête à chaque croisement de bus pour faire un brin de causette avec le chauffeur à travers les vitres.

Il est coiffé d’une responsabilité dépassant les espoirs de sa mère, qui, fièrement, annonce la profession de son fils à qui veut ou pas d’ailleurs la connaître. «Oueldi chauffeur de bus kbir !». Lui, le chauffeur, il est heureux : il se sent libre, il se sent utile.

La corporation nous aide, pour l’instant, à compter nos morts sur les routes. Comptons donc et comptabilisons les accidents de la circulation. Et pourquoi pas ? Lançons une pétition pour supprimer les routes. Allez tous en piste! « Ya chauffeur, zid chouilla felmoteur !»
Le Quotidien d’Oran
Samedi 16 juillet 2011

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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