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16 juillet 2011

Contributions

L’algérianité,

par Mode D’emploi

Moncef Wafi Discussion sérieuse entendue dans un café au fin fond de l’Algérie profonde : le monde se divise en deux : l’humanité et l’algérianité.

En un peu plus de cinquante ans, l’algérianité est devenue un concept original, une marque déposée dont l’existence est revendiquée par ses propres théoriciens. Portée à bras-le-corps, levée en étendard, criée sous le ciel national, chuchotée dans les aéroports étrangers, l’algérianité est devenue, à force, un label, une marque de fabrique. Donc, pour les Algériens, il y a eux et les autres, l’humanité, le reste du monde, les différentes races et religions, les langues et dialectes. Une race à part avec ses propres coutumes, sa langue, ses origines spoliées par l’écriture officielle de l’histoire, ses héros méconnus et ses martyrs pris en otage. L’algérianité se définit comme une fatalité à vivre en absence de choix. Difficile à fuir, elle est impossible à cacher, se manifestant même en plein cœur de Washington. Constituée d’une boule de nerfs à fleur de peau, d’un tempérament moyenâgeux et d’une aptitude à semer le chaos, elle fait le peuple algérien. Un peuple nourri de contradictions, de malentendus internes, d’une haine pour ses enfants et affublé, par de faux prophètes, de frontons aussi pompeux que fabulateurs. Un peuple qui ne connait pas son passé, plus par omission volontaire que par ignorance, reste un peuple sans repères, incapable de baliser son demain alors qu’aujourd’hui est une journée dans le noir. Un peuple d’assistés forcés par la loi publique qui regarde le monde tourner derrière de doubles frontières intérieures et extérieures. Un peuple qui tourne le dos à son histoire est condamné à errer entre les pages usées d’un livret constitutionnel.

Evoquer, aujourd’hui, l’algérianité d’un peuple c’est vouloir réécrire l’histoire en plus sombre, passer au couteau plus de 800 âmes en une nuit, violer la femme et écraser le bébé au mur, la tête en avant. Parler de l’algérianité, c’est dire les horreurs d’un peuple qui s’est fâché avec ses entrailles, qui s’est éventré en cherchant à se pendre avec ses intestins. L’algérianité, c’est un peuple qui ne travaille pas la terre, qui tend la main aux subventions et qui vole sa propre poche. C’est un peuple qui a honte de son ombre qui, une fois ailleurs, crache sur ses frères en les reniant, la durée d’un visa. Dire que l’Algérien est spécial équivaut à une insulte à la face du monde et se croire supérieur aux autres est un parjure difficilement expiable. Le monde se divise en deux : ceux qui vivent et nous.
Le Quotidien d’Oran
Samedi 16 juillet 2011

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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