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ABDERRAHMANE ZAKAD (URBANISTE, ÉCRIVAIN) Lire, écrire, ensuite c’est l’histoire

15 juillet 2011

LITTERATURE

 

 

 

ABDERRAHMANE ZAKAD (URBANISTE, ÉCRIVAIN)

Lire, écrire, ensuite c’est l’histoire

 

 

 

Lire, écrire, ensuite c'est l'histoire

En racontant des histoires, l’écrivain communique avec le lecteur par l’intermédiaire du livre. Tant qu’il y aura des humains pour lire, ils ne cesseront de réclamer des personnages à travers lesquels ils se reconnaissent plus ou moins. Les romans de la collection Harlequin

ont fait rêver de nombreuses adolescentes qui, sans les histoires qu’elles ont lues, n’auraient certainement pas rêvé ni consolidé leur personnalité. Il en est de même pour les garçons pour la lecture des bandes dessinées, Tintin, Bleck le Rock ou M’kidèche. C’est pour cela qu’il faut lire, car la lecture est la rampe à quoi se tenir. Ceux qui ne lâchent pas la rampe ne tombent jamais. Hélas! Nombreux sont à terre. Mes lectures de l’adolescence ont beaucoup avancé ma formation. Il fut un temps où les personnages de romans m’étaient plus familiers et mieux connus que les humains.
Julien Sorel, Rastignac, Emma Bovary, Anna Karénine, David Copperfield étaient mes compagnons d’esprit; il m’arrivait de me guider avec eux. C’est d’eux que j’entretenais mes camarades à la communale de Béjaia. Je ne puis oublier cela, comme je ne puis oublier Fouroulou que Mouloud Feraoun nous a fait aimer, ainsi que Hamid Serraj, Omar et Zhor de Bni Boublen que Dib nous a merveilleusement tressés et que le film L’incendie a repris.
J’ai beaucoup lu en fréquentant les bibliothèques, surtout celle de la mairie de Béjaïa – alors Bougie. J’y allais avec Saïd Mekbel, un lecteur boulimique et plus tard un écrivain de talent. J’ai en ma possession son premier texte écrit en 1957, texte intitulé «Ressemble à cette source». C’est grâce à la lecture que nous sommes devenus, lui journaliste, moi écrivain. Mais pas seulement. Il faut également des hectares de curiosité, un bol de perspicacité, une goutte de talent et surtout beaucoup de travail.
Écrire procure un enrichissement certain. Je me souviens de mon étonnement, lors de mes premiers écrits, à découvrir que je savais plus de choses que je ne croyais. Mon étonnement de voir venir à moi un afflux d’idées que je ne soupçonnais pas. Certaines étaient de portée générale, pouvaient se traduire par des pensées. La loi de l’enchaînement des phrases se révéla d’une grande richesse. Je me suis dis depuis: il faut toujours entamer, toujours tracer la première phrase. Il y aura quelque chose qui suivra.
Ensuite, c’est l’histoire dans le roman qui vous mène, phrase après phrase.
Les écrivains ont un surplus d’idées et d’observations du fait de leur curiosité. Je ne vois pas dans quel autre ordre d’activité ils auraient pu les utiliser. C’est la personnalité de l’auteur qui donne au style sa force de percussion. Je ne partage pas toujours les idées de certains auteurs mais quelques fois je les aime en raison de leur talent surtout quand ils écrivent simplement, clairement et sans fioritures. J’ai horreur de l’écriture obèse ou solennelle. Il faut que le style soit ferme.
Je me demande si Dostoïevski, Balzac ou Dib ont eu connaissance de l’immense plaisir qu’ils ont procuré aux hommes et du nombre d’esprits qu’ils ont touchés. J’aimerai que la lueur de leur grande notoriété les éblouisse quelques instants dans leur tombe, qu’ils s’en rendent compte, quitte à retomber ensuite dans l’éternel sommeil, après s’être dit: «Cette fois, je peux mourir vraiment.
J’ai eu mon compte de justice». Mais hélas, certains nous ont quittés dans l’anonymat et sans reconnaissance bien qu’ils ne la demandaient pas. Déjà que, de leur vivant, on les ignorait. Arkoun doit nous faire un pied de nez, là où il est. Et puis qui se souvient de Noureddine Aba, de Laâdi Flici ou de l’un de nos plus grands poètes, Abdelatif Benchehida?
Heureux encore que des chercheurs pour Dib, pour Mammeri et Feraoun, pour Mhand U Mhand ou pour bon nombre d’autres auteurs disparus, consacrent leurs travaux pour nous les faire revivre.
Ces écrivains, on aime bien les lire.
Je suis sûr qu’à chaque fois qu’un de leur livre est ouvert par un lecteur, ils le sentent dans leur tombe.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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