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A quand un enseignement de qualité dans nos universités ? par Benderdouche Salima*

12 juillet 2011

Contributions

C’est la question que je me pose la fin de cette rude année universitaire ! Je ne parle pas d’autres filières ni d’autres facultés, je parle de ce que j’ai moi-même constaté.



J’ai assuré le cours d’Informatique de deux sections de 250 étudiants chacune parmi les quatre sections représentant l’effectif des étudiants de 1ère année LMD Sciences et Technologies. Le programme du 1er semestre traite de la Bureautique, une publicité gratuite à Bill Gates comme l’a bien dit une collègue ! Ce semestre a commencé le 02/11/2008 et terminé le 02/03/2009, en ôtant la période des vacances de 15 jours et les jours fériés donc, impossible de terminer le programme. Vous allez peut être m’imaginer entrer à l’amphi avec un ordinateur portable et le data show eh bien non, pas du tout ! J’étais dans l’obligation d’utiliser la craie et de rédiger des polycopies que j’ai pris le soin d’y mettre des captures d’écran pour faciliter la compréhension aux étudiants- dont beaucoup faisaient preuve de bonne volonté, quoi qu’on puisse dire sur leur niveau.Ces cours étaient accompagnés d’explications détaillées en Arabe et en Français car les étudiants n’arrivaient pas à bien comprendre ce dernier, mis à part quelques rares éléments et quelques Africains qui viennent étudier en Algérie. D’ailleurs cela ne m’a nullement dérangée ayant toujours opté pour l’enseignement en utilisant la langue maternelle, mais cela est une autre paire de manche. Le programme du 1er semestre prévoit une séance de travaux dirigés par semaine ; pas de travaux pratiques ! Imaginez des enseignants faisant des exercices de Traitement de texte ou de Tableur avec de la craie et le tableau noir ! Mais heureusement que depuis deux ans, le problème ne se pose plus, car l’on a pu se procurer des salles de Travaux Pratiques grâce à la compréhension et à la coopération du chef de la cellule.

Le second « semestre » a commencé après les examens du premier, c’est-à-dire le 10 mars 2009 et terminé le 09 juin(y soustraire la période des vacances de 15 jours et les jours fériés) ! c’était une course contre le temps très dure, sachant que je ne me suis jamais absentée ! Le programme traite de l’algorithmique et de la programmation en Langage Fortran 90, et les séances prévues sont bien des travaux pratiques, une séance par semaine pour chaque groupe, pas suffisante à mon avis étant donnée la durée du « semestre ». Pour assurer le bon déroulement de ces séances, l’on a prévu de recruter avec chaque enseignant (e) un(e ) second(e ) pour se partager la tâche ; les groupes étant en surnombre ( au moins vingt cinq (25) étudiants par groupe pour une dizaine de microordinateurs). Cependant, c’est exactement l’effet contraire qui s’est produit -figurez vous-, car certains de ces enseignants «nouveaux», n’étaient pas du tout consciencieux, mis à part trois ou quatre ( et j’exagère en allant jusqu’à ce nombre !). Cela a entraîné un retard pour certains groupes! Ces enseignants ne savaient même pas de quoi il s’agissait, ne se donnaient pas la peine d’assurer la séance et étaient rarement contrôlés sachant que c’étaient des heures supplémentaires, donc comme si elles n’existaient pas mais leur salaire existe bien ! Ils prétextaient que leur domaine était loin de l’informatique, mais cela n’est pas une excuse car certains dont je remercie fortement, ont bien réussi avec leur travail consciencieux et leur persévérance et le programme est très simple pour un ingénieur non informaticien, sans parler de titulaire d’un Magister ou d’un doctorant.

Certains de ces enseignants ont été choisis par égard à Madame ou Mademoiselle ou Monsieur, par «charité» vraisemblablement, puisqu’ils n’effectuaient aucune tâche en contrepartie donc cela ne peut être considéré comme une paye !

Néanmoins, ce qui m’a le plus sidéré dans tout cela, c’est qu’aucun (e ) d’entre eux n’avait de regret ou de remord du tort causé à leurs collègues qui portaient le poids tout seuls, trouvaient cela tout à fait logique, vu que la vie soit chère et que tous les moyens soient bons pour avoir de l’argent même si cela est au dépens de la qualité d’enseignement (que diraient les employés travaillant dans le cadre de la grille sociale à 3000 DA par mois !!) et qu’est ce que cela leur aurait coûté d’enseigner convenablement six ou huit heures supplémentaires par semaine sachant que je remettais les fiches avec solution expliquée !

Je n’ai précisé ni de lieu ni de noms, mon objectif étant d’exposer un problème parmi tant d’autres, pas de juger qui que ce soit car chacun de nous est voué à sa conscience et est entre les mains du Juste.

Je lance un appel à tous les enseignants soucieux de l’avenir de notre université et ils sont bien nombreux j’en suis certaine, de tirer la sonnette d’alarme ; pas à ceux qui pensent que nos étudiants ne valent pas la peine qu’on se fatigue pour eux et pas à ceux -même s’ils sont rares- qui ne se donnent même pas la peine de corriger honnêtement une feuille et se contentent de recopier la note d’examen dans celle du devoir synthèse ou de rattrapage sachant qu’un étudiant aurait pu tomber malade le jour de l’examen et aurait bien voulu se rattraper en passant l’été à réviser avec espoir de ne pas refaire l’année, tout en demandant en contrepartie que tout examen doit être assuré convenablement avec sévérité et surveillance stricte sans laxisme et surtout d’établir des systèmes d’embrouillage de champs de portable dans les salles d’examens et de cours.

Etant ingénieur en Informatique ayant enseigné à l’université pendant plus de 7 années, mon soucis a toujours été d’essayer de contribuer modestement -sans vouloir prétendre ce que je ne le suis pas – ne serait ce que par ces quelques heures hebdomadaires assurées avec dévouement-Dieu m’est témoin- et par cet appel pour que nos étudiants puissent bénéficier d’un enseignement de qualité et que les meilleurs soient encouragés ,valorisés et aidés car je sais très bien ce que c’est d’être méconnu(e) ….A bon Entendeur!

*Ingénieur Informatique

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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