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Patriotes et humbles…

10 juillet 2011

Contributions

Chronique du jour : ICI MIEUX QUE LA-BAS
Patriotes et humbles…

Par Arezki Metref
arezkimetref@free.fr

Dimanche 3 juillet : Délit de presse…
Faut croire que notre houkouma cultive la singularité de façon forcenée, même si ce que font les autres n’est pas totalement mauvais, c’est plus fort que nous, on ne peut pas s’en empêcher. J’exagère ?

Si peu… Tiens ! Cet amendement au code de l’information, par exemple, celui qui exonère les éditeurs de journaux de toute responsabilité la laissant peser sur les épaules des seuls journalistes. T’en penses quoi ?
Qu’il s’agit là d’une façon de s’amender des excès que l’on a jadis fait subir aux éditeurs ? Ah bon ? Mais c’est tout simplement aberrant ! Bouge pas, je t’explique ! L’article d’un journaliste ne peut poser problème que s’il est publié, et pour qu’il le soit, d’autres responsabilités que la sienne sont engagées. Élémentaire, mon cher Watson ! J’en déduis que la désolidarisation de l’éditeur et du journaliste entraînera la docilité de ce dernier qui aura, et on le comprend, légitimement peur de faire face à lui tout seul à la machine judiciaire. Si c’est ça la dépénalisation du délit de presse, le remède risque d’être pire que le mal. Et l’info dans tout ça ? Douce amère, propre sur elle, gominée…
Lundi 4 : Cirque sympathique !
Je lis partout que le fameux cirque Amar est revenu au pays. Bravo ! Bravissimo ! Mais… quand j’ai vu comment les trapézistes se jetaient dans les airs, comment la ménagerie – de verre – était de plus en plus cassable et qu’il fallait réconforter les clowns plus tristes que jamais, j’ai pensé que le cirque Amar n’était jamais parti. Il s’était fondu dans le pays qui l’avait enfanté. Applaudissements… et avanti la fanfare !
Mardi 5 : Comment aimer son pays ?
On devrait, à chaque fête de l’Indépendance, décider d’un thème de débat. Vu la façon dont se présentent les choses, ne demande pas pourquoi, il me semble que j’aurais proposé le patriotisme. Tu sais ce que c’est, toi, le patriotisme d’aujourd’hui ? C’est aimer le pays à travers le pouvoir qui le dirige ? Et tant qu’on y est, en liant une nation et un zaïm, comme c’est le cas – forcé – dans un certain nombre de pays arabes ? Si c’est, entre autres, contre cette confusion des genres que s’élèvent les peuples pour sûr qu’aux oreilles des partisans des zaïms, cette formulation a tout d’un roucoulement qui rend béat de satisfaction. Et les autres…Quels autres ? Les autres je te dis ! Ah !… Ils sont bouchés ! Circulez ! Variation : le patriotisme se résumerait à des déclarations d’amour, à une notion parfaite et monolithique si possible théorique, un tantinet platonique, qui ne souffrirait aucune contradiction tant il serait malvenu de ternir la pureté de ce sentiment par des réserves de frileux. Et il y a ceux qui pensent qu’on l’aime comme il est, divers, chatoyant, convulsif et chacun à sa façon… Et puis voilà ! C’est dit, ya sidi ! C’est l’amour peut-être le plus … démocratique ! Curieusement, celui qui a le mieux défini cette chose bizarre qu’on appelle le patriotisme, c’est J. F. Kennedy en exhortant : «Ne demande pas ce que ton pays peut te donner, mais demande-toi ce que, toi, tu dois lui donner…» Du plus humble au plus influent ! Of course !
Mercredi 6 : Printemps arabe au féminin
De la Tunisie à l’Egypte, du Yémen à la Syrie, de Bahreïn à la Libye, toutes, elles étaient là. Partout ! Présentes ! Que ce soit dans les rangs des manifestants ou dans ceux des bénévoles en charge de l’organisation des tribunes, des soins aux blessés, en passant par la distribution des aliments. Elles étaient là en Tunisie, docteures, avocates, professeures d’université, diplômées ou non, avec ou sans emploi. Elles étaient là à Bahreïn sur la place de la Perle, mères de famille parfois accompagnées de leurs enfants, ou en Libye, mères, sœurs ou veuves des victimes du régime de Kadhafi et encore en Syrie dans les rues de Baniyas pour dénoncer les détentions arbitraires. Certaines, comme la Yéménite Tawakul Karman, se sont affirmées comme leaders de la révolution, ou ont entamé une grève de la faim en guise de protestation telle Zainab Al- Khawaja, meneuse du mouvement bahreïni. D’autres ont payé cher leur aspiration à la liberté, victimes de la répression policière, arrestations, maltraitances. Certaines ont même été violées par des «représentants de l’ordre» après les manifestations. Des viols, encore, ont été attestés en Tunisie dans les zones rurales de Kasserine, de même qu’en Egypte ou à Tripoli où l’agression d’Iman Al-Obeidi par une quinzaine de militants pro-Kadhafi a été largement médiatisée. Donc qu’elles aient été du côté des révolutions ou opposées au changement de régime – manifestations de femmes yéménites en faveur du maintien du président Saleh ou sympathisantes s’offrant en bouclier humain au colonel Kadhafi -, les femmes entendent jouer un rôle décisif dans le destin de leur pays. Si les femmes ont largement apporté leur soutien au Printemps arabe, reste à savoir, comme le souligne The Guardian de Londres, si le Printemps arabe soutiendra les femmes.
Jeudi 7 : Rhapsodie hongroise
A en croire – et aucune raison ne justifie de s’en priver – l’hebdomadaire hongrois, Heti Valasz, Safiya Kadhafi, première dame de Libye et épouse du colonel du même nom, se dénommerait en réalité Zsofia, née Farkas à Mostar en Bosnie, et serait d’origine hongroise. Eh oui, on apprend à tout âge. C’est dans l’ex-Yougoslavie que Muammar Kadhafi, alors jeune officier en formation militaire, l’aurait rencontrée dans les années 60. Une «love story» qui se serait conclue par un mariage avant le coup d’Etat de 1969. Safiya Kadhafi, hongroise, est donc là, cachée dans l’ombre, depuis le tout début. Ça diffère quelque peu de la version «officielle», libyenne, qui soutient que la rencontre avec la future Madame Kadhafi aurait eu lieu à l’hôpital militaire de Benghazi où Zsofia arabisée Safiya aurait travaillé comme infirmière. Toujours selon la version officielle, elle appartiendrait à la tribu d’Al- Barassi, l’une des plus prestigieuses de Libye et serait originaire de la ville d’Ajdabiya. A la lumière de cette révélation, on comprend mieux pourquoi personne n’aurait entendu parler d’elle dans sa pseudo ville natale, et surtout pourquoi elle n’est jamais apparue en public, évitant ainsi de courir le risque de dévoiler sa mauvaise connaissance de l’arabe. Le cœur a ses raisons que la raison ignore, dit le proverbe !
Vendredi 8 : Gharbi !
Voilà un vrai patriote, Mohamed Gharbi ! Vrai patriote dans le sens où ce sont les valeurs réputées être celles des résistants de notre pays depuis toujours qui l’ont poussé à le défendre. Dans cette formidable interview de lui publiée dans ce journal ( Le Soir d’Algérie, samedi 9 juillet), il raconte avec les mots des patriotes simples, comment l’honneur des combattants anticolonialistes, ceux dont le combat a accouché de l’indépendance, doit être défendu contre les terros, repentis ou pas… Il a quelque chose du tragédien grec, Mohamed Gharbi ! Son récit des faits – et les pensées qui l’ont accompagné – à ce moment crucial où les 26 balles tirées sur Ali Merad allaient retentir comme autant de lettres d’un alphabet fatal, montre une grandeur d’âme. Le reste est lecture. Lecture du droit. Lecture de la notion de patriotisme. Lectures, lectures. On comprend quand il dit que pour lui, sortir de prison alors qu’il pensait y finir ses jours, est une sorte de nouvelle indépendance. Moment qui a dû être également le plus grand des bonheurs pour bon nombre de jeunes gens qui, comme lui, ont usé leur jeunesse dans les maquis d’où ils ne pensaient jamais revenir. Il redonne du sens à des mots que l’on croyait vidés !
A. M.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/07/10/article.php?sid=119807&cid=8

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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