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Jeunesse, histoire et système Par : Mustapha Hammouche

6 juillet 2011

Contributions

Chronique (Mercredi 06 Juillet 2011)


L’éditorial de notre confrère El Moudjahid appelait, hier, à l’occasion du quarante-neuvième anniversaire de l’Indépendance, à accélérer l’écriture de l’Histoire pour que les jeunes, forcément tous nés après 1962, puissent s’y référer et prendre de la graine de la génération de Novembre.


Le journal se félicite, à l’occasion, que quelques livres traitant de sujets relatifs à la période de la Révolution aient été publiés ces derniers temps, sans bien entendu, commenter l’accueil réservé par les détenteurs officiels de la vérité historique et néanmoins révolutionnaires encore en exercice au pouvoir.
L’article qui célèbre l’œuvre révolutionnaire comme elle le mérite : “Le monde entier, pratiquement, saluera comme il se doit une telle performance qui mettra du baume au cœur à tous les autres peuples du continent victimes des affres du colonialisme.” C’est bien la question : pourquoi, malgré l’exemplarité de cette expérience, sinon “quelques dérapages sans conséquences directes sur le cours de la Révolution”, comme le rappelle, fidèle… à la vérité, le quotidien public, “pendant un bon bout de temps, l’histoire est restée un sujet tabou” ? Le journal le regrette, mais ne l’explique pas.
La vérité, c’est qu’il n’y a pas eu de tabou qui a frappé l’écriture de l’Histoire. Et s’il y en a eu, c’est aux historiens d’en assumer le jugement… de l’Histoire. L’Histoire a été, à ce point, profanée qu’elle a servi de marche-pied à tous les opportunistes en mal de légitimité et à tous les laudateurs de circonstances compositeurs d’hymne à hymne au maître du moment.
Mais les jeunes ne s’y sont pas trompés : ils ignorent peut-être l’Histoire, mais ils n’ignorent pas la nature du système. Pour preuve, cette significative réponse d’un jeune à qui on demandait, en 1992, son avis sur la désignation de Mohamed Boudiaf à la tête du HCE : “Je ne le connais pas ; ce doit être un homme honnête.” La religion de la jeunesse, depuis longtemps déjà, mais les régimes qui se sont relayés dans la mainmise sur l’État national refusent de l’admettre : la légitimité révolutionnaire a été largement dilapidée par les pratiques du sérail. La périphrase qui consiste à dire “la Révolution a été grande ; j’ai fait la Révolution, donc je suis un grand” a vécu : le syllogisme a été largement consommé. D’ailleurs parce que les historiographes — les historiens sérieux ne sont pas sponsorisés par la télévision et par des journaux uniques — ont trop écrit… leur histoire.
Ce n’est pas de repères que manquent les jeunes, c’est de crédibilité que manquent leurs dirigeants. Ce déficit de crédit seul explique pourquoi, dans les années 1990, de jeunes Algériens qui ignoraient tout de l’Histoire de l’Asie centrale et du Moyen-Orient se soient plutôt mieux sentis dans le kamis d’hirsutes afghans plutôt que dans l’emblématique kachabia du moudjahid.
Même dans l’appel à la vulgarisation de l’Histoire, l’intention immédiatement politicienne n’est pas absente : “Sans doute et une fois imprégnés de tous ces moments forts et intenses magistralement structurés par leurs illustres devanciers, se seraient-ils sentis autrement plus impliqués dans cette autre œuvre grandiose d’édification nationale”, conclut l’éditorial.
Il restera à convaincre cette jeunesse des retombées sur elle de cette “grandiose œuvre d’édification nationale”. Et là ce n’est plus de l’Histoire.
M. H.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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