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De la fiction… à la réalité ? Par Boualem Aïssaoui, producteur-réalisateur

6 juillet 2011

Contributions

Contribution : De la fiction… à la réalité ?

Par Boualem Aïssaoui,
producteur-réalisateur

Le Président vient de terminer un long tête-à-tête avec son homologue d’un pays de la rive nord de la Méditerranée autour de dossiers stratégiques liés à la coopération bilatérale et à des questions internationales, notamment aux derniers cas de décolonisation dans le monde.


Accompagné de son invité, le Président pénètre dans la salle de conférences, salue d’un mouvement de la tête les journalistes de la presse nationale et internationale accrédités auprès des services de la Présidence, esquissant un léger sourire lorsque son regard croise des figures médiatiques connues. Après avoir laissé la courtoisie à son invité pour répondre en premier aux questions de l’assistance, le Président, droit devant le pupitre, sans notes, répond sans emphase et sans détours, aux interrogations directes qui lui sont adressées. Parmi les journalistes présents, des vétérans de la presse nationale publique et privée peinent à se rappeler les temps où le premier magistrat du pays accompagnant ses invités tous statuts confondus, jusqu’au perron de la Présidence, sans doute par une courtoisie qui puise dans les pures traditions arabes, restait silencieux, le regard lointain, les poings serrés, écoutant jusqu’à l’accolade finale des propos où la politesse tenait lieu de communication. Aujourd’hui, le Président, lorsqu’il ne se plie pas volontairement à l’usage des conférences de presse au terme d’entretiens importants avec des chefs d’Etat et des monarques en visite officielle dans notre pays, reçoit avec autant de courtoisie des ambassadeurs et des envoyés spéciaux, transférant cependant à son protocole et à ses ministres concernés le soin d’accompagner ces derniers invités jusqu’à la pelouse de la Présidence où ils sont mis en contact avec la presse écrite et audiovisuelle. Alors que son programme d’action est entré dans sa troisième phase, le Président a prévu de recevoir cette semaine la presse nationale, désireux d’inaugurer ainsi une nouvelle tradition dans les relations entre «la presse et le pouvoir» qui ont été pour le moins heurtées ces dernières années. Il répondra à un panel de quatre journalistes choisis par les rédactions de quatre institutions de presse importantes, un journaliste représentant la chaîne publique de télévision, un journaliste représentant la nouvelle chaîne de télévision à capitaux mixtes dont les programmes sont globalement dédiés à la jeunesse, un journaliste de la presse écrite publique et un journaliste de la presse privée. Dans un salon mitoyen à son bureau, sobrement décoré, où trônent les symboles de la République, et qui inspire le respect dû à la plus haute institution du pays, dans une ambiance sérieuse et détendue, le Président répondra avec la franchise, la diplomatie et la courtoisie qu’on lui connaît à des questions dont il n’a eu connaissance, rappelons-le, que des thèmes majeurs auxquels elles se rapportent. Au bout d’une heure et demie d’un entretien diffusé en direct par les deux chaînes de télévision nationales représentées à cette rencontre, le Président remercie les journalistes pour la pertinence de leurs questions et pour leur connaissance des dossiers, avant que l’image de la présidence de la République, avec en surimpression l’emblème national, ne vienne occuper l’écran et laisser place peu après aux émissions-débats des rédactions, qui mettent côte à côte des représentants de partis politiques, d’associations et bien sûr des experts des dossiers qui ont dominé l’entretien télévisé du président de la République. Demain, le Président tiendra un Conseil des ministres qui devrait endosser le projet de loi de finances pour l’année prochaine, avant sa transmission aux deux Chambres, selon l’usage constitutionnel. La grande table de la salle où se réunit habituellement le Conseil des ministres a été changée dernièrement par les services du protocole instruits sans aucun doute par le Président qui a souhaité tenir désormais ses Conseils des ministres, dont la durée a été réglée à deux heures sauf événement exceptionnel, autour d’une table pleine sans l’immense espace vide qui séparait le Président de ses ministres et ces derniers les uns des autres, afin de donner de façon fort symbolique plus de cohésion à l’équipe gouvernementale, l’ancienne table de travail offrant beaucoup plus l’image d’une rencontre internationale où les personnalités devraient être séparées selon la coutume protocolaire, que celle d’une séance de travail officielle à caractère national. Un dossier international d’une extrême gravité attend le président de la République qui doit se rendre quelque part en Afrique pour en débattre avec ses pairs. Il a décidé, et l’information devrait être rendue publique, que désormais, en pareille circonstance, il recevrait pour informer ou réitérer la position de l’Algérie sur le dossier et recueillir bien sûr leurs avis, les présidents des partis représentés aux deux chambres. Le Président considère, et il l’a fait savoir à des visiteurs étrangers, que les positions de l’Algérie sur les grandes questions internationales sont à la fois conformes à son héritage historique, à ses intérêts bien compris dans lesquels se reconnaissent, par adhésion directe ou par consensus, tous les acteurs de la société algérienne et qu’il était vain de vouloir par calcul politique «personnaliser » l’attitude de l’Algérie à l’égard de telle ou telle situation, fût-elle géographiquement la plus proche de ses frontières. Dès son retour de mission à l’étranger, poursuivant l’action de promotion des libertés publiques inscrite dans son programme de réformes, le Président sait qu’il aura à trancher sur un dossier qui risque de lui valoir des résistances, ou tout au moins des incompréhensions. En effet, le Président se propose d’affecter par une procédure réglementaire d’urgence l’édifice occupé actuellement par la centrale syndicale (appelée à construire son propre siège et à compter désormais avec l’action grandissante des syndicats autonomes reconnus par la loi), qui tire, certes, sa légitimité de l’histoire contemporaine du pays, aux associations de la société civile et de transformer l’immense terrain qui l’entoure en espace d’expression où les citoyens organisés viendraient donner de la voix pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur leurs conditions de vie, leur besoin accru de justice sociale, de démocratie et de bonne gouvernance. Maintenant que l’état d’urgence est levé, laissant place en raison du contexte particulier du pays à une loi sur la sécurité nationale sans effet sur les libertés publiques, le droit d’organiser des marches est reconnu, réglementé et encadré comme dans toutes les capitales du monde à la grande satisfaction des syndicats, des associations et des partis politiques agréés dont certains ont d’ailleurs fusionné sur la base des connexions de leurs programmes, pendant que d’autres ont simplement disparu faute de militants ou de représentation locale, régionale et nationale. Le Président ne s’arrête pas là dans les actions destinées à donner au pluralisme politique tout son sens dans la construction et le développement démocratique de la société algérienne. En effet, il vient d’instruire le Premier ministre, reçu en audience et interrogé comme de coutume à la sortie du bureau du Président par la presse accréditée à la Présidence, que désormais la nomination aux postes de dirigeants des grandes entreprises de l’Etat y compris les télévisions publiques ferait l’objet d’appels à candidature dans la plus grande transparence. D’ailleurs, en parlant de télévision, et le Premier ministre vient de le confirmer, un groupe de télévisions sera incessamment créé pour encadrer les chaînes publiques traditionnelles et le bouquet des chaînes thématiques nouvellement mis en service. Le premier magistrat du pays a demandé par ailleurs que la loi sur l’audiovisuel ayant permis déjà la création d’une télévision à capitaux mixtes soit rapidement élargie, qu’une instance indépendante de régulation représentative soit mise en place, et que le cahier des charges pour l’ouverture de l’audiovisuel au secteur privé professionnel soit allégé sans tarder, les acteurs de l’activité audiovisuelle nationale publics et privés préalablement consultés comme le suggère les conclusions de la commission nationale sur la réforme du secteur audiovisuel mise en place il y a quelques mois, conclusions qui écartent toute création de chaîne privée à caractère religieuse, régionale, partisane ou associée au capital étranger. Le Président a demandé également au Premier ministre de hâter l’expertise de gestion de la première télévision publique, unique durant de longues années, de faire prononcer par la voie réglementaire les sanctions positives ou négatives qui s’imposent au terme des contrôles de gestion qui ont été diligentés, de faire réparation aux cadres ou partenaires injustement écartés, de veiller strictement à ce que des intérêts privés sous des déguisements divers ne viennent s’enrichir de façon directe ou indirecte sur le dos du téléspectateur, c’est-à-dire du contribuable et des gens du métier, de valoriser les compétences internes et de promouvoir de nouvelles compétences compte tenu des défis et des enjeux sur le plan national et international. L’idée éditoriale du Président reste de favoriser l’émergence d’une nouvelle «race» de managers par les effets attendus du pluralisme audiovisuel qui donnerait plus de crédibilité aux télévisions publiques trop longtemps par elles-mêmes ou contraintes, enfermées dans le discours unique et qui devraient travailler désormais à la promotion de l’Etat de droit, un Etat juste et fort, et non l’inverse comme proclamé ici et là, car pour être fort un Etat doit être d’abord juste, au respect de la chose publique, en suscitant des débats contradictoires et constructifs dans leurs grilles des programmes, en un mot à contribuer avec professionnalisme à l’émergence d’une société démocratique enracinée avec intelligence et sérénité dans ses repères identitaires et fortement ouverte sur le progrès et la modernité, loin de tout dogmatisme et extrémisme. Pour le président de la République, dans le nouveau paysage audiovisuel national, une chaîne de télévision publique doit être exemplaire notamment en matière de service public. Dans sa détermination à donner de l’Algérie l’image d’un pays fier justement de ses compétences nationales, le Président reçoit, lorsque son agenda le permet, des hommes de culture et de l’art, des hommes et des femmes de médias connus pour leur grand professionnalisme, des chercheurs, de grandes figures du sport, comme il n’hésite pas à confier à d’anciennes personnalités nationales, chefs de gouvernement, ministres ou ambassadeurs, des missions d’information, de consultation ou de représentation sur des questions d’intérêt stratégique en Algérie et à l’étranger. Le Président est décidé à gagner la bataille de la communication commencée avec la réorganisation des services concernés de la Présidence qui faisaient plus dans l’apparence que dans l’action, réduite le plus souvent à la gestion de l’image du Président avec les conséquences que l’on sait sur l’opinion publique qui ne comprenait pas toujours ce regard excessivement sévère du premier magistrat du pays, alors que l’image qui devrait être renvoyée au public devrait être une image rassurante et sereine même s’il est vrai que la fonction de président de la République impose dans nos pays un train d’enfer à celui qui l’occupe jusqu’à se faire ressentir, par moment malgré lui, dans ses traits. Le président de la République étant en permanence en représentation sociale, la nouvelle politique de communication institutionnelle veillera à donner en toute circonstance une image positive du Président, l’expression du premier magistrat du pays à l’occasion des grandes rencontres avec la jeunesse dont il a été, rappelons, le ministre à l’âge de vingt-cinq ans ; renseignant à elle seule, pour peu que l’on décrypte les images diffusées par la première télévision publique lors d’une grande fête de football, autant sur ses dons naturels que sur ses capacités à accorder avec talent le port solennel de la fonction à l’esprit du moment. Pour donner du rang à la fonction présidentielle et pour responsabiliser davantage les membres du gouvernement, le Président a donné instruction pour que son nom ne soit plus cité, sauf lorsqu’il s’agit d’événement exceptionnel, dans le parrainage des manifestations qui servent souvent à promouvoir l’image de leurs initiateurs, étant entendu qu’une fois élu ou réélu, toutes les actions engagées par le gouvernement sont censées mettre en œuvre le programme du Président, programme endossé par le gouvernement et approuvé après débat par les deux chambres y compris les programmes de logement ou de relogement, la construction des autoroutes, des universités, des aéroports, en un mot les grands chantiers de son mandat dont il lance, selon la tradition, officiellement la mise en œuvre, et qu’il aura naturellement à inaugurer. S’agissant des membres du gouvernement, le président de la République vient de rappeler qu’ils sont responsables de leurs secteurs, qu’ils ont l’obligation d’engager dans le respect de l’expression syndicale des négociations sociales périodiques avec leurs partenaires afin de prévenir tout conflit préjudiciable à l’économie, au service public et à la paix sociale, qu’ils sont tenus de répondre aux doléances des citoyens et aux questions de la presse et qu’ils sont justiciables de leur gestion même après leur fin de fonction. Le Président qui ne demeure pas moins extrêmement vigilant lorsqu’il s’agit de la gestion de l’Etat, de son train de vie et de celui de ses agents, quels que soient leurs grades, remarque que les affaires de détournement et de corruption n’occupent plus le devant de la scène depuis que les dossiers qui ont entaché la vie économique et politique ces dernières années et l’image extérieure de l’Algérie ont été assainis soit par de très lourdes condamnations qui doivent donner à réfléchir, soit par des non-lieu et des réparations morales et matérielles ; l’émergence d’une nouvelle génération de managers compétents et patriotes, et l’introduction de nouveaux mécanismes de contrôle, loin de la pénalisation de l’acte de gestion désormais abolie, donnant du sens à la lutte permanente contre toutes formes de corruption. Par ailleurs, depuis que les paiements par chèque et carte bancaire ont été systématisés, signant la chute des grands barrons de l’informel, le dinar a gagné en valeur et tout le monde a observé qu’il y a désormais moins de monde devant les guichets de banque, et que les changes à la sauvette qui occupaient illégalement et insolemment des espaces mitoyens avec des édifices officiels ont disparu, laissant place à des bureaux de change installés dans des endroits appropriés de la capitale, notamment dans les centres commerciaux et les artères commerçantes. Revenons au secteur de la communication et notons que les ministères de souveraineté ont été instruits pour désigner des porte-paroles de haut rang, tenus de rencontrer la presse dans des espaces aménagés à cet effet dans leurs départements, chaque fois qu’un événement national ou international majeur venait à l’exiger. C’est ainsi que le porte-parole du ministère des Affaires étrangères renseigne maintenant régulièrement la presse et répond à ses questions dans une ambiance professionnelle décontractée chaque fois qu’un invité officiel rencontre en audience le ministre, et que celui du ministère des Finances présente aux journalistes la loi des finances et explique dans les détails ses constantes et ses variables ; le ministère de la Communication ayant quant à lui disparu de l’organigramme du gouvernement pour laisser place définitivement à un ministère de la Communication jumelé avec le celui de la Culture, la Haute Autorité de régulation de l’audiovisuel veillant désormais à ce que les chaînes de télévision publiques et les chaînes privées jouent pleinement leur rôle dans l’information du citoyen dans le strict respect de leurs cahiers des charges. Dans la composition du nouveau gouvernement de la dernière étape de son mandat, et dont le plus âgé ne dépasse la cinquantaine, faut-il rappeler que le Président, au-delà des compétences requises pour le choix des ministres, a porté une attention particulière au casting de certains responsables de ministères, notamment ceux destinés à être en contact avec la jeunesse, les sports, la solidarité pour ne citer que ces secteurs d’activité, dont les titulaires doivent présenter dorénavant un certain charisme et jouir d’un sens aigu de la communication, loin de tout bégaiement ou populisme. Dans la même lignée, le Président a souhaité lors de ses dernières rencontres avec les patrons de la presse publique et privée, reçus à l’occasion de la cérémonie de la célébration de la Journée Internationale de la liberté de la presse, qu’une presse parlementaire voit le jour afin de rendre compte avec davantage de précisions des travaux des deux Chambres dont les membres, dans le cadre de leur mandat national, devraient recevoir régulièrement leurs élus dans leur propre circonscription et informer sans restriction et sans démagogie l’opinion publique de leurs activités régionales. D’ailleurs, lors de son dernier déplacement dans une ville du nord du pays, le Président a invité avec force les autorités locales, en présence de députés et de sénateurs originaires de la région, à aménager de meilleures conditions d’accueil de la population dans les diverses administrations publiques, à répondre sérieusement aux préoccupations des jeunes en créant des espaces commerciaux réglementés réduisant peu à peu jusqu’à les faire disparaître les marchés anarchiques et informels, à développer les activités sportives, culturelles et artistiques, à susciter la création d’emplois massifs dans le secteur de l’environnement afin de donner une meilleure image de nos cités où l’absence d’hygiène, le délabrement des voies publiques, le manque d’espaces verts et d’aires de jeux devraient être rapidement rangés parmi les mauvais souvenirs du citoyen, rappelant à l’occasion que les jeunes ont besoin, au-delà de la réponse à leur attente légitime immédiate, d’un grand projet national ou régional dans lequel ils se reconnaissent, s’investissent et investissent leurs passions ; l’environnement et le cadre de vie étant des défis majeurs dans nos villes et nos campagnes. Le Président n’a pas hésité à dire à cette occasion que si l’urgence d’un sursaut national en bon ordre devant les enjeux et les défis du contexte actuel intérieur et extérieur venait à manquer et que si la bonne gouvernance devait passer par le recours à des élections générales anticipées à tous les niveaux de la représentation nationale, il n’hésiterait pas à franchir le pas. En parcourant comme chaque matin la presse nationale et internationale, et en s’attardant cette fois-ci sur les articles consacrés aux derniers changements intervenus dans un pays arabe, le Président, qu’une longue carrière diplomatique lui a appris à contenir ses réactions, relève le commentaire inhabituel de son conseiller de presse «qui s’interroge sur la position d’une puissance mondiale connue par ailleurs pour l’usage massif de la violence dans les affaires internationales et la “démocratisation” de la possession des armes à feu au sein de sa propre population, qui agit désormais comme un parti unique planétaire et qui n’hésite pas à appeler sans scrupules à “la retenue”, avant d’applaudir au transfert du pouvoir civil à l’armée, alors que sa doctrine fondamentale affichée de longue date, invitait plutôt au contraire !». Dans le même registre, que dire de ceux qui appellent au respect des libertés alors qu’ils ont été les champions de leur confiscation, qui continuent d’ignorer le droit des peuples à l’autodétermination, de fermer les yeux devant la plus grande tragédie du siècle, celle vécue par le peuple palestinien depuis plus de soixante ans, de contingenter la libre circulation des personnes sur leur territoire, et s’ériger «à partir du ciel» en défenseurs des populations civiles et de leur aspiration au changement souvent légitime — mais exposé à toute forme de manipulation ou d’appropriation — après avoir conclu d’énormes contrats de ventes d’armes avec leurs gouvernants devenus soudain infréquentables ! Poursuivant la lecture de la revue de presse matinale, le Président observe que les sujets traités sont variés, touchant sur le plan national aux questions de l’enfance, de la maîtrise de la croissance démographique, du sport, des arts plastiques, de la musique et du cinéma à l’école, à la vie littéraire, à la construction de nouveaux complexes cinématographiques et de nouveaux théâtres dans les grandes villes du pays, à la tournée brillante de l’Orchestre symphonique national dans les principales capitales européennes, et au plan international au dernier round des négociations sur l’autodétermination imminente du Sahara occidental qui augure de la grande réconciliation maghrébine, les termes de réconciliation et de concorde étant si chers dans sa pensée et son action. Le Président apporte les dernières retouches à son message annuel à la nation qu’il prononcera comme ses dernières années, la veille du 5 juillet, Fête de l’indépendance et de la jeunesse ; le pays ayant renoué avec la tradition du défilé militaire du 1er Novembre, date du déclenchement de la lutte de Libération nationale victorieuse, déclarée «Fête des forces armées», manifestation qui fait la fierté des Algériens toutes générations confondues qui se tient désormais dans un grand boulevard de la capitale, la fameuse avenue de l’ALN devenue inadéquate, depuis la mise en service d’autoroutes et de leurs bretelles à l’entrée de la capitale. L’intérêt croissant que portent de plus en plus les jeunes aux technologies nouvelles mises au service des forces armées et de la défense de la patrie, remarqué à l’occasion des salons et journées ouvertes organisés par l’ANP, a emporté, dit-on, la décision du premier magistrat du pays de réhabiliter la revue militaire du 1er Novembre. Quelques années après, en tout cas avant la fin de son mandat, incognito, le Président se promenant dans le centre de la capitale, dans les quartiers populaires, observait avec émotion qu’il allait enfin pouvoir laisser en héritage un pays apaisé après de tragiques épreuves, un pays au travail, un pays propre, une nation digne et fière, maintenant plus forte et plus riche, désormais prémunie contre les dérives intérieures et les dangers extérieurs grâce à une arme de prévention et de défense massive, la démocratie, à la construction et à la consolidation de laquelle avec les forces vives de la nation, avec les partis restés fidèles à leurs principes, même dans leur opposition constante au mode de gouvernement et de gouvernance en place, et demeurés attachés à l’alternance pacifique dans la gestion des affaires du pays ; il a consacré les dernières années de son mandat. Il est d’autant plus ému qu’il note en son fort intérieur que si la génération de Novembre a rempli globalement sa mission durant la guerre de Libération nationale et pris régulièrement part dans des conditions diverses, parfois controversées, à la gestion du pays depuis le recouvrement de l’indépendance nationale, les historiens s’étant saisis à juste titre des évolutions, des bilans et des convulsions ; les valeurs de liberté et de dignité sont plus que jamais vivantes au sein de la société algérienne et, dans la jeunesse qui étudie, qui travaille et qui revendique, il y a certainement, sans crainte aucune, des hommes et des femmes patriotes capables de porter son destin avec ambition et loyauté envers les «constantes» de la nation au sens bien compris de ce terme. Alors, est-ce faire dans la nostalgie, dans la régression, dans «un optimisme béat» pour reprendre une formule ancienne qui connut de beaux jours, que de dire, pour peu qu’on intègre bien sûr dans un patrimoine commun avec honnêteté intellectuelle toutes les périodes vécues par notre pays sans reniement mais avec un esprit critique et autocritique permanent, que l’Algérie «des tâches de l’édification nationale» au lendemain de l’indépendance chèrement reconquise, l’Algérie de «la charte nationale» qui a vu son peuple débattre avec passion de son présent et de son avenir dans l’idéologie dominante d’alors et sous le sceau d’un unique parti omniprésent, l’Algérie des «grands chantiers de volontariat » même encadrés en ces temps-là de «l’être collectif», l’Algérie des résistances et des oppositions idéologiques, l’Algérie des mouvements de libération africains et des causes justes à travers le monde, l’Algérie des contestations populaires parfois tragiques qui ont ouvert la voie au pluralisme politique et à la liberté de la presse écrite, l’Algérie des terribles années de la décennie qui a failli emporter l’Etat et le citoyen, l’Algérie du désendettement et des premières étapes de l’émergence économique, l’Algérie réconciliée en grande partie avec elle-même et soucieuse avant tout de paix sociale même lorsque des cris de révolte légitime se font entendre, que l’Algérie riche de toutes ses périodes historiques, douloureuses ou heureuses, que l’Algérie toujours jalouse de sa souveraineté et de sa liberté de génération en génération, saura maintenir ses pas, volontaire ou rappelée à l’ordre par ses propres enfants, dans le sens de la marche de l’histoire. A cet instant précis, le lecteur se surprend à penser, avant de refermer son journal, qu’il suffit en définitive de peu, sans heurts et sans malheurs, pour que la fiction qui se déroule sous ses yeux, se transforme en une bienheureuse réalité.
B. A.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/07/06/article.php?sid=119663&cid=41

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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