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vahid halilhodzic PORTRAIT…

3 juillet 2011

Contributions

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Edition du Dimanche 03 Juillet 2011

Culture 

vahid halilhodzic

PORTRAIT…

Difficile de transcrire son nom sans une bonne mémoire. Halilhodzic, vous avez dit Halilhodzic ? Mais pourquoi ne s’appelle-t-il pas plus simplement, m’avez confié un voisin entraîneur de petits clubs qui faute d’arguments pour taper sur Hali (appelons-le ainsi, c’est plus simple, non ?)

s’en est pris à son nom. Oui à peine nommé, le voilà, le voici déchaînant les passions dans le microcosme du foot. Mais déjà on l’insulte, mais déjà les entraîneurs locaux le friment. Comme si Hali n’était rien et eux tout. Eux tout ? Lui rien ? Voyons voir. D’abord une réserve d’usage. Mettons de côté la génération de Saâdane et Khalef. Et posons les questions suivantes : quel est l’entraîneur algérien qui a été élu meilleur entraîneur en France ? Quel est l’entraîneur algérien qui a entraîné le PSG auquel il a offert une Coupe de France, quel est l’entraîneur algérien qui a entraîné la Côte d’Ivoire alignant 23 matches sans défaite ? Allez qu’on me cite un seul nom. Chiche… Oublions ce mauvais procès qui est une manière détournée de faire celui de Mohamed Raouraoua et parlons du bosniaque. Je l’ai connu en 1997 dans une période charnière de nos vies. Moi journaliste au Maroc et lui venant de débarquer au Raja de Casablanca pour enchaîner une série de résultats stupéfiants. Quasi inconnu comme entraîneur en prenant les rênes du club le plus populaire du Maroc (l’équivalent du MCA en Algérie), il s’est très vite fait un nom en mettant d’abord de l’ordre dans une maison qui n’avait que des patrons et point de porteurs d’eau, point de joueurs en somme, point d’équipe pour tout dire. J’étais curieux de connaître cet entraîneur bosniaque qui n’avait pas alors sa prolixité actuelle. Je le rencontrais alors en plein Ramadhan, si je ne m’abuse, dans un grand hôtel de la capitale économique. Au premier abord, je fus surpris pas sa mine triste de chien battu sous la pluie. Les yeux surtout d’un homme meurtri par le génocide de ses frères bosniaques. Il y avait du sang dans sa voix douce, du sang aussi dans son verbe saccadé, du sang dans son regard et dans son être. Je nous trouvais des similitudes à cause de nos deux pays déchiquetés et de nos cœurs déchirés. Dois-je l’avouer, j’avais de l’empathie pour lui puisqu’il ne m’était pas étranger, cet étranger qui n’avait pas encore de repères au Maroc. Sa voix était égale, celle d’un homme que plus rien n’étonne. Qui a tout vu. Et qui est revenu de tout. Il finissait souvent ses phrases par une moue, une sorte de rictus comme s’il se moquait de ce qu’il venait de dire. Je pense que déjà il avait appris la vanité des mots. Seuls les actes ont une importance. En voulant connaître les raisons de la métamorphose du Raja, il me répondit  : discipline et solidarité. Il me fit comprendre que le talent n’est rien sans la discipline et que la discipline n’est rien sans la solidarité. “Entre un très grand joueur et un bon groupe, je choisirai toujours le bon groupe.” Il m’a alors cité un proverbe que je n’ai pas mémorisé, mais qu’on pourrait résumer par : “Nul n’est indis