RSS

73.Si l’Algérie m’était contée (73e partie) Par K. Noubi

1 juillet 2011

1.Extraits, K. Noubi

Une ville, une histoire
Si l’Algérie m’était contée (73e partie)
Par K. Noubi

Persécution : On la taquinait, on lui lançait des pierres, sous le regard amusé des adultes, qui ne voyaient pas malice dans ce qui était pourtant des persécutions.

Il y a de cela longtemps, vivait dans un village reculé des Aurès, une jeune fille qui s’appelait Aïcha. Elle était assez jolie, mais la pauvre fille était un peu simple d’esprit, surtout très naïve, ce qui lui a valu le surnom de tabahlult, en berbère local, «la folle». En fait ce mot est également connu des arabophones, bahloul, féminin bahloula, et il a été porté par un saint maghrébin très connu, Sidi Bouhloul, qui avait justement la caractéristique de vivre dans l’excentricité, ce qui a fait croire qu’il avait l’esprit dérangé. Le mot est encore utilisé aujourd’hui, aussi bien en arabe qu’en berbère, et on en a tiré un verbe behlel : «être excentrique, avoir une tenue dépenaillée, faire le fou, etc».
Voilà donc Aïcha Tabehloult, belle mais idiote. Si certains la plaignaient, d’autres – et il faut dire qu’ils étaient nombreux, la détestaient. Il est vrai qu’elle avait la manie de poser des questions idiotes et de se comporter comme un enfant. Les enfants, eux, se moquaient d’elles. Dès qu’elle passait, ils se mettaient à crier : «Aïcha la folle ! Aïcha la folle !»
On la taquinait, on lui lançait des pierres, sous le regard amusé des adultes, qui ne voyaient pas malice dans ce qui était pourtant des persécutions.
Certains intervenaient parfois.
— Laissez cette pauvre fille, elle ne vous a rien fait !
D’autres haussent les épaules.
— Il n’y a pas de mal à la plaisanter !
— On lui jette des cailloux, on peut la blesser !
— Ce n’est qu’un jeu !
Mais un jeu dangereux. En effet, à plusieurs reprises, Aïcha a été blessée. Plus d’une fois, elle est revenue chez elle, le visage en sang.
— Que t’est-il arrivé ?
Elle se met à pleurer.
— On m’a lancé des pierres !
— Et qu’as-tu fait pour qu’on te lance des pierres ?
— Je n’ai rien fait !
On la gronde quand même.
— C’est ta faute ! Si tu ne te comportais pas comme une idiote, on ne se moquerait pas de toi, on ne te frapperait pas !
Elle répète :
— Ce n’est pas ma faute.
Mais on ne s’intéresse pas à elle. Alors, elle redouble d’excentricité. Elle s’habillait mal, elle allait tête nue, folâtrait dans les champs. C’est à croire que la folie l’autorisait à faire ce qu’elle voulait !
— Aïcha, arrête de faire la folle !
Elle roule des yeux, elle tire la langue…
— Je ne suis pas folle ! (A suivre…)

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Les commentaires sont fermés.

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...