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Un peu de poésie dans un monde de communiqués par Kamel Daoud

25 juin 2011

Contributions

Les temps sont nouveaux, les mots ont donc l’âge de votre souffle. Dictionnaire des temps modernes.
D’abord révolution : cela ne veut pas dire chasser le colon mais chasser le dictateur, ses fils, femmes et serviteurs. Le colon n’est pas toujours un étranger, il peut avoir votre nationalité, votre visage, vos papiers, mais pas votre peau.



La révolution est un devoir, pas un souvenir. On y dépose ses os, pas sa gerbe de fleurs. Ses martyrs sont à venir, pas à commémorer. C’est une façon de reprendre la terre, pas de marcher dessus.

Liberté : à distinguer de libération. On n’est pas libre parce qu’on vous le dit, mais seulement lorsque vous le dites vous-même, à vous-même. La liberté a un prix, sinon la vie est gratuite. Vous êtes libre quand vous êtes prêt à en mourir et non lorsque d’autres sont morts à votre place avant que vous ne soyez né.

Manifester : ce n’est pas casser, mais briser. On casse une vitrine mais on brise ses chaînes.

Marcher : ce n’est pas user ses chaussures, mais prendre la route par l’encolure et lui dire où vous voulez aller, non là où on vous dit de vous arrêter. Manifester est un droit car le pays a vu naître vos pères et c’est la manière dont vous pouvez accoucher de vos fils. Là, on ne peut marcher, on ne fait que tourner.

Le slogan : ce n’est pas une étiquette mais un cri. C’est le résumé de tous vos livres. C’est la conjugaison de votre prénom mêlé à votre vie. Si vous n’en avez pas, frappez un mur et il vous donnera le premier mot de votre poème.

Réformes : c’est la manière dont on use pour vous enlever le pantalon en vous caressant les cheveux.

La peur : c’est le signe que vous êtes vivant. Si vous n’avez pas peur, cela veut dire que vous n’êtes pas vivant et que donc vous ne pouvez pas donner la vie à ceux qui suivent dans vos entrailles. Pendant la révolution, le dictateur vous frappera souvent. De plus en plus. C’est le signe qu’il a de plus en plus peur. Songez à ça. La peur c’est quand on croit que le courage est inutile. Et ce n’est pas le cas quand vous voulez mieux vivre.

Le chaos : c’est un monstre en papier. On ne peut pas avoir une maison si on n’a pas un pays. Et on n’a pas une maison si elle est bâtie par l’index de votre Roi. La Révolution c’est le chaos ? Oui. Car le chaos est ce qui précède la reconstruction.

Les islamistes : c’est un gaz qui a une barbe. Le ciel est à celui qui lève les yeux, pas à celui qui s’y soumet. Dieu n’a pas de corps, ni de mains, ni un kamis, ni un chef de cabinet. Méfiez-vous des voyages organisés vers les cieux : Dieu est comme la mort ou la naissance : c’est l’affaire de votre unique solitude et personne ne peut le rencontrer à votre place. Ni lui parler avec une procuration.

Elections : votez, n’acquiescez pas. On vote avec les mains pas avec un soupir de désespoir. C’est votre droit, pas votre jour férié. Cela ne sert à Rien ? Cela veut dire que pour le moment vous servez le pire.

Président : c’est un homme que vous payez pour s’occuper du pays pendant que vous vous occupez de vos enfants. S’il fait mal son boulot, changez-le. C’est votre droit : vous avez droit à une seule femme mais à quatre présidents. Le contraire est une ruse.

«Les services» : ils ne sont pas mieux que vous mais peuvent être pire. Demandez-leur des comptes, des noms et pas des pseudos. Plus il y a de voitures banalisées, plus les vies le sont aussi. Méfiez-vous de la sécurité d’Etat, ce n’est pas la vôtre. Le policier est votre employé, pas le contraire. Vous êtes plus nombreux mais ils sont plus organisés : inversez la tendance.

La démocratie : ce n’est pas le prénom d’une femme étrangère mais votre droit d’être un président, sinon un peuple, sinon une femme et un homme, sinon un commerçant, un militant, un architecte, un coucher de soleil paisible ou un promeneur solitaire. Lorsque vous avez la démocratie, vous n’avez plus besoin de demander un visa pour l’Europe, ni de marcher sur la mer, ni de gémir. La Démocratie c’est quand nous sommes tous des présidents de la république et que le président de la république fait la cuisine pendant que vous regardez la télé.

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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