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Une mémoire qui refuse l’oubli LA TOPONYMIE Par : RACHID HAMATOU

17 juin 2011

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Edition du Dimanche 12 Juin 2011

Culture

Une mémoire qui refuse l’oubli 

LA TOPONYMIE


Par : RACHID HAMATOU

Ces noms ancestraux et millénaires, muets des siècles durant, semblent être dans l’air du temps.

À travers le grand Aurès – géographique et linguistique – (Batna, Khenchela, Oum El- Bouaghi, Souk-Ahras  et Tébessa dite Aurès des Nememchas), aussi bien dans les zones berbérophones que dans les villages et villes où le chaoui (tamazight) est moins prisé, la toponymie par les noms des lieux et les lieudits semble n’avoir rien perdu de son authenticité et de son ancrage dans l’histoire millénaire du pays.
L’Aurès, connu comme étant le fief de la résistance et de la rébellion, l’Aurésien semble avoir déteint sur son lieu d’habitation, à qui il a donné et pris le nom, et ce, en dépit d’une volonté malveillante des différents conquérants et colonisateurs qui se sont succédé avec une détermination délibérée d’effacer l’histoire du pays, en supprimant les noms des lieux et en les remplaçant. Il est évident que la toponymie a une dimension éminemment historique, identitaire mais aussi politique que le colonisateur n’ignorait pas. À travers le grand Aurès, il est possible  encore de trouver quelques noms de lieux  de différentes origines : romaine, byzantine et française même si dans leur majorité ils ont été quelque peu algérianisés ou berbérisés par la prononciation et l’usage populaire.
À titre d’exemple : “Saint-Arnaud/satarno”, “Maisonnette/mizouna”, “Pères blancs/berblan”. Le nom Aurès – dont la composition orthographique et les formes adjectivales  réduites apparentées (Aras/Arras) sont de consonance amazighe –, tire son étymologie et origine de la couleur même de la montagne qui a donné son nom au massif et pays chaoui ; cette même couleur (fauve et roussâtre) est celle du cheval barbe (berbère) qu’avait connue la Numidie et qui existe encore dans plusieurs régions des Aurès. A travers tout le massif aurésien, la quasi-totalité des noms de lieux (habités ou non habités) portent des noms berbères, mais aussi  les oronymes et hydronymes.
Dans les cinq wilayas des Aurès, la constatation est la même : la quasi-totalité de la toponymie ancienne répondait aux caractéristiques  géographiques ou naturel de l’endroit. Ighzar amelel (l’oued blanc), l’un des plus importants cours dans les Aurès est la parfaite illustration, ou encore Ich Moul, une montagne en forme de cœur, dans la région d’Arris. Quand bien même, ces lieux ont été rebaptisés par l’administration, dans la majorité des cas ils n’ont pas gardé le nom d’origine, ou dans le meilleur des cas on a opéré à des traductions approximatives ou pléonastiques. Les habitants des lieux ne suivent pas l’appellation officielle par spontanéité et habitude ancestrale, lui préférant la toponymie de la langue maternelle. Le nom d’une source d’eau (Hit Oulodh/la source de la boue), le nom d’un animal (Ich Ou Jerf/le sommet du corbeau) ou encore  une histoire ou une légende (Tader Ntslith/le rocher de la mariée), sont autant de noms et d’appellations qui ont certainement traversé les siècles pour nous parvenir, gardés et sauvés par le génie et la mémoire populaire orale. Ces noms ancestraux et millénaires, muets des siècles durant, semblent être dans l’air du temps.
Des enseignes des différents magasins, aussi bien dans la capitale des Aurès que dans les autres wilayas, s’installent timidement mais sûrement pour donner une dimension historique qui, dans un passé proche, sonnaient à l’orientale ou à l’occidentale mais jamais berbère. 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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