RSS

19 Juin 1965: Un redressement révolutionnaire au service de la nation par Abdelkader Bachir

16 juin 2011

Contributions

Esquisser un portrait du père du 19 juin 1965 n’est pas chose aisée. En effet, sans exagération aucune, on peut dire que parler du Président Boumediene c’est évoquer celui qui, d’une certaine manière, mérite d’être considérér comme le père spirituel qui a bâti l’Algérie moderne.

Il fut un stratège de la guerre d’indépendance et un maître à penser pour le jeune état encore traumatisé par une longue période de colonisation des plus féroces et d’une guerre des plus atroces.

Il a fait preuve de tout le génie dont il était capable en vue d’assoir une politique constructive qui a hissé l’Algérie au rang des pays libres et démocratique. En cet anniversaire du redressement révolutionnaire, il serait intéressant de rappeler qui est Boumediene, quel est son parcours et quelle sont ses principales réalisations.

Mohamed BOUKHAROUBA, dit Houari Boumediene homme d’état né en 1932 à Ain Hassainia , non loin de Guelma et mort le 27 décembre 1978 à Alger. Issu d’une famille modeste. Comme la plus part des jeunes algériens bercés dans la révolution dès leur tendre jeunesse, il assiste aux évènements sanglants du 08 mai 1945. Ce jour, au moment où les alliés fêtaient la victoire contre la barbarie nazie, Boumediene assista aux massacres des milliers d’algériens perpétrés par les forces colonialistes contre des civiles qui ont osé fêter à leur tour la fin de la deuxième guerre mondiale. A propos de ces évènements traumatisants, Boumediene dira « Ce jour-là, j’ai vieilli prématurément. L’adolescent que j’étais est devenu un homme. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu’il faudrait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là.»

Boumediene commença sa carrière dans les rangs du nationalisme algérien très jeune. Scout musulman, membre du MTLD. Après ses études en Algérie, il poursuit ses études au sein de des deux prestigieuses écoles de cette époque dans le monde arabe : Zaytouna à Tunis, et Al Azhar au Caire. C’est dans ce contexte que commence réellement la carrière révolutionnaire du futur président. Il participa activement à la préparation de l’insurrection au sein du bureau du Maghreb arabe » appelant à la sortie de ‘Algérie, Tunisie et Maroc du joug colonial.

Dans ce contexte, le premier bateau transportant des armes pour les moudjahidines algériens est acheminé d’Alexandrie à Nador au Maroc sous le commandement d’un Soudani et de Boumediene. Boumediene remet une correspondance de Benbella à Larbi Ben M’Hidi qui achemina vers la wilaya V la plus grosse partie d’armes.

L’acheminement des armes de Nador vers l’Algérie est essentiellement l’œuvre de Boumediene. Il est adjoint de Boussouf à la tête de la wilaya V, jusque 1957 et à partir de cette date chef de la cette même wilaya. Commandant la région ouest de l’Algérie, il prend le nom de guerre Houari Boumediene respectivement le nom de Sidi Houari saint patron de la ville d’Oran et sidi Boumediene saint patron de la ville de Tlemcen. Le jeune Houari Boumediene se distingua par son talent d’organisateur en dirigeant le PC d’Oujda, il devient chef d’état Major Général de l’ALN de 1959 à 1962. A l’indépendance, il fut Ministre d’abord et vice premier ministre sous Benbella en jusqu’à 1965. Durant le règne de Benbella, il n’apprécie guère la lenteur des réformes, les balbutiements de la mise sur rail d’une Algérie moderne qu’il souhaitait propulser au rang des pays industrialisés modernes et progressistes, tout comme, il souhaitait voir s’établir une autonomie politique vis-à-vis de l’Egypte. Il préféra agir. Suite à l’acte héroïque, révolutionnaire et nécessaire à une Algérie indépendante mais exsangue, le redressement révolutionnaire, Boumediene accède à la haute magistrature du pays. Il devient ainsi, le deuxième président de l’Algérie indépendante. Il mit en place le Conseil de la Révolution. Comme président, il a été secrétaire général du mouvement des non-alignés de 1973 à 1978. C’est à cette époque que Boumediene a fait de l’Algérie la Mecque des révolutionnaires.

Redressement révolutionnaire ou coup d’état ? Un coup d’état est motivé souvent par la prise de pouvoir pour le pouvoir, sans plus. Le redressement révolutionnaire est motivé par un acte patriotique au service du citoyen et du pays. Comment ose-t-on aujourd’hui renommer l’acte de 1965 en l’appelant coup d’état ? Boumediene hospitalisé à Moscou, au moment où son jeune frère Saïd est venu le voir, il s’est tout de suite insurgé sur le fait que ce dernier ait pu voyager sur les frais de la présidence et a demandé à ce que les frais soient retirés de son salaire de président. Ne s’agit il pas là d’une leçon de rectitude ?

C’est ce redressement révolutionnaire, et non un coup d’état, qui a vu se concrétiser la souveraineté de l’Algérie : la base militaire de Mers el Kebir (Oran) est évacuée par la France, nationalisation des hydrocarbures, construction de grandes usines, de grandes écoles, des universités et tant d’infrastructures. La politique de la France coloniale a consisté, dès le début de l’invasion du territoire national, à l’effacement de la langue arabe au profit de la langue française et ce pour porter atteinte à l’identité algérienne et à la perturber à jamais. Le Président conscient de ce fléau a engager une politique d’arabisation capable de réconcilier les Algériens avec leur racines authentiques loin de toute démagogie. Boumediene apprécie de s’exprimer en arabe et ses discours en langue française non point légion. Il fut le premier chef d’état arabe à prononcer un discours entièrement en arabe devant l’ONU.

Les études scientifiques prouvent aujourd’hui que Le sport à travers l’esprit d’équipe peut refléter, et bien entendu cela n’est systématique, un état d’esprit de la santé politique d’un pays. Le sport comme valeur nationale, activité inhérente à la culture arabe et musulmane a formé la pierre angulaire de la politique de Boumediene. A travers le sport, il a su offrir aux jeunes algériens des espaces d’entrainements et de compétition. Cette politique a donné ses fruits avec plusieurs couronnements qui se sont prolongés même après sa mort telle la coupe d’Afrique, la coupe du monde, que ça soit pour le football ou le handball.

La politique menée dans ce domaine exigeait des sociétés nationales de réserver, tout comme pour la formation du personnel, un budget pour les activités sportives.

La révolution sportive a contribué à redonner aux Algériens leur fierté. Qu’en est-il aujourd’hui de l’état du sport en Algérie ?

Fin connaisseur de la langue arabe et de l’Islam, puisque, comme on l’a signalé plus haut il a fréquenté les universités de la Zaytouna et d’Al Azhar, il a toujours déclaré que l’Islam est une partie indivisible de la culture algérienne.

Ainsi, il déclare : « Pour moi l’Islâm a toujours fait partie de nous, l’Islâm c’est notre religion, parce que précisément, nous sommes un pays, nous sommes un peuple, nous sommes une nation qui a un passé, qui a une civilisation, (….)même si cette civilisation a été mise en parenthèse par l’occident, moi j’affirme que nous appartenons à cette civilisation, qui a existé et qui peut, (….), renaître dans un ensemble universel aujourd’hui » Conscient de l’état des pays arabes et musulmans sortis de la colonisation, détruits par les forces d’occupations, affaiblis, meurtris, il proposait une vision de l’Islam claire, moderne et progressiste loin de l’archaïsme. Ainsi, il déclare « Les expériences humaines dans bien des régions du monde ont démontré que les liens spirituels (…) n´ont pas pu résister aux coups de boutoir de la pauvreté et de l´ignorance pour la simple raison que les hommes ne veulent pas aller au Paradis le ventre creux. (…) Les peuples qui ont faim ont besoin de pain, les peuples ignorants de savoir, les peuples malades d´hôpitaux.» Signalons également, qu’on lui doit, la rédaction, sous sa présidence, de la charte nationale et la constitution d’une assemblée générale, la mise en place du suffrage universel, bref une véritable naissance d’un processus démocratique. Le Président Boumediene n’a pas oublié, dans sa gestion politique, le phénomène de l’émigration et il dira à ce sujet : « Ce qui nous importe c’est de considérer l’émigration algérienne dans les pays européens, non pas comme un problème banal mais une question nationale. Personnellement, j’estime que, progressivement, de nombreux concitoyens qui ont émigré retourneront dès qu’ils pourront jouir des conditions de travail dans le pays. »

Le Président Boumediene de part ces réalisations acquiert une influence internationale. Il organise le congrès des non-alignés et devient un leader du Tiers-Monde. A l’ONU, en 1974 il donna un prestigieux discours sur le nouvel ordre économique plus juste. En 1975, il accueille le premier sommet de l’OPEP. Vision nationale et internationale. Boumediene est sur tous les fronts. Ainsi, il réussit à sceller la paix entre l’Iran et l’Irak.

Aujourd’hui, les jeunes générations méritent d’être informées de ces réalisations et les historiens se doivent d’être honnêtes pour lui rendre justice au lieu de s’engouffrer dans des querelles et règlement de compte qui ne servent ni l’Algérie ni les Algériens. Boumediene nous a légué un héritage de fierté, stratégie et savoir faire, alors sauvons ce qui reste de la révolution.

Le Quotidien d’Oran   Jeudi 16 juin 2011

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Une réponse à “19 Juin 1965: Un redressement révolutionnaire au service de la nation par Abdelkader Bachir”

  1. BACHIR Dit :

    Ne mérite t’il pas respect et pensée sincères ?‏

    Abdelaziz Bouteflika est au service de la patrie depuis l’âge de 19 ans. En effet, suite à l’appel, en 1956, de l’ALN, il rejoint l’institution militaire, fit son instruction, occupa le poste de secrétaire administratif et secrétaire particulier de Houari Boumédienne rahimahou Allah, alors chef de la Wilaya V.
    Après l’Indépendance, il mène une brillante carrière politique et diplomatique. A l’âge de 25 ans, il est ministre de la jeunesse, puis ministre des affaires étrangères, le plus jeune ministre des affaires étrangères au monde. Ainsi, il dirige la diplomatie algérienne chantre des non-alignés et présida la 29ème session, même, de l’Assemblée Générale des Nations Unies.
    Loin des affaires, il n’a pas hésité à se mettre à nouveau au service du pays pour le sortir du cycle infernal de la violence de la décennie noire. L’Algérie à feu et à sang, boycottée par les grands de ce monde qui de facto lui ont imposé implicitement un embargo a su résister au joug de l’intégrisme et la manipulation extérieure. Bouteflika s’est engagé à éteindre le feu de la fitna et replacer l’Algérie dans le sillage des pays respectés et respectueux.
    Il n’a pas hésité à déclarer « si les Algériens ne me suivent pas, je rentre chez moi. Je ne suis pas venu chercher un fauteuil, je suis venu, parce que j’ai un objectif ». Effectivement les réalisations de Bouteflika ne contredisent certainement pas cette déclaration.
    Sur le plan interne, la paix est revenue, la concorde civile a apporté ses fruits. Bouteflika a parcouru, des années durant, le territoire national pour expliquer la nécessité de la concorde civile, pour mettre en place une stratégie de développement économique et culturelle. Plusieurs barrages d’eau et des stations de dessalement ont permis aux citoyens d’oublier les coupures d’eau, l’autoroute Est Ouest a rapproché les régions, les universités dotées de budget et d’encadrement conséquents, des habitations ont supplanté les bidonvilles, etc.
    Sur le plan international, alors que durant la décennie noire, les compagnies aériennes boudaient les aéroports algériens, aujourd’hui, la plus part de ces compagnies ‘s’empressent à demander autorisation d’atterrissage sur Alger. Les entreprises étrangères, les banques étrangères etc. ont élu domicile en territoire algérien. Beaucoup de Président étrangers ont visité l’Algérie et ont été reçus par Bouteflika. L’Algérie est devenue fréquentable.
    En fin, avec Bouteflika, l’Algérie a retrouvé sa dignité bafouée suite à la décennie noire. Il a refusé la mise sous tutelle. Il a pesé de tout son poids, de toute sa stratégie pour redresser l’économie algérienne en lui assurant une autonomie financière et une indépendance vis-à-vis du FMI. Dès son retour aux affaires, il s’est insurgé contre le traitement indigne infligé aux Algériens demandeurs de visa français. Inconcevable disait il, de continuer à envoyer les demandes de visas à Nantes.
    Par ailleurs, au moment où les pays arabes sont secoués par des révoltes internes, les regards restent tournés vers l’Algérie pour puiser leçon de son expérience de stabilité. Le niveau de vie a été amélioré, les droits fondamentaux du citoyen garantis, le pluralisme de partis consacré et la liberté de presse sauvegardée. Tous les spécialistes s’accordent à dire que la presse algérienne est la plus libre au monde arabe.
    Après cette belle carrière au service de la patrie et au service du peuple, le Président ne mérite t il pas une attention particulière ? Aujourd’hui, alors qu’il résiste à la maladie, les oublieux ont aiguisé les couteaux pour déverser les propos les plus abjectes, pour écrire les choses les plus farfelus et blessantes même. Est-ce ça la culture arabo-musulmane ? Ne méritent il pas qu’on lui souhaite rétablissement ?
    Pourquoi des pseudos partis politiques s’empressent ils pour demander d’appliquer une loi de la constitution pour le remplacer ? Pourquoi, des journaux, profitant de la liberté de la presse, excellent-ils à semer le doute et parlent déjà de poste vacant et d’incapacité de Bouteflika à reprendre la gestion du pays ? Est-ce que le pays est en arrêt total suite à la maladie du Président ?
    Le Président mérite un respect et une pensée sincères. Heureusement nombreux sont ceux qui partagent notre point de vue et qui scrutent le ciel demandant Dieu guérison au Président et protection au pays si cher : l’Algérie.
    Abdelkader BACHIR

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...