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Kamel Malti s’en est allé enveloppé dans le linceul de l’indifférence (2/2) La chronique de Abdelhakim Meziani

15 juin 2011

1.Extraits


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Edition du Samedi 16 Avril 2011

Culture

Kamel Malti s’en est allé enveloppé dans le linceul de l’indifférence (2/2)

La chronique de Abdelhakim Meziani

Je faisais remarquer dans la précédente livraison que pour ceux qui ne le savaient pas déjà, Kamel Malti avait joué un rôle fondamental dans la reconstitution du patrimoine musical classique du pays,

principalement algérois et tlemcénien, et ce jusqu’à l’ultime khlass zidane dont il nous gratifia, à partir de Dijon où il fut hospitalisé. Alors que l’on se bouscule pour présenter les condoléances à un dignitaire du système après le décès d’une voisine d’il y a cinq décennies, la presse nationale n’a fait état d’aucun témoignage de sympathie adressé à la famille Malti par les secteurs directement concernés par cette disparition. Ni la ministère de la Culture, ni celui de l’Éducation nationale, encore moins les associations musicales n’ont accompli cet acte éminemment humain et de piété. Ce qui fit dire à une de ses anciennes élèves à la faculté des lettres d’Alger: “Kamel Malti était un grand homme, un seigneur, une institution… Il était trop grand pour les commis de l’idéologie dominante, trop beau, trop vrai…C’est le propre des grands, ils meurent dans l’anonymat.”
Quand, quelques années après, elle a cherché à le voir, il était relégué dans une espèce de réduit sombre et insalubre. Mais il semblait n’en avoir cure, il était dans son monde, si riche, dans un des palais de l’Andalousie, “à la recherche du temps perdu” ou simplement plongé dans une œuvre du XIXe siècle, dans une traduction heureuse …sur les pas de Saint Augustin.Je me souviens de l’époque où nous étions tous deux à l’association El Fakhardjia où il fut mon seul soutien à un moment où j’avais décidé d’en découdre avec le localisme et le régionalisme donnant une dimension nationale à la réappropriation du patrimoine nous tenant à cœur et d’organiser des concerts de musique classique algérienne dans des quartiers populaires bien loin des cercles fermés et de l’exclusion castratrice, voire pseudo citadine…
Que dire alors de sa grande satisfaction à l’issue des travaux du Colloque international sur le devenir de la san’â gharnati en Algérie et de l’insiraf de cette attachante manifestation qui fut des plus envoûtant tant par l’émergence de chercheurs algériens avisés que par la bonne intelligence ayant caractérisé les rapports fructueux entre les tenants de la tradition et ceux plus jeunes qui, tout en  reconnaissant à celle-ci de nombreux mérites, pensent qu’il est temps d’opter pour un système de codification susceptible de contribuer valablement à immortaliser un patrimoine que la seule transmission orale n’est plus en mesure de préserver dans toute son intégralité ? Kamel Malti fut comblé d’aise, tant il attendait ce moment béni avec impatience et considérait, à juste titre d’ailleurs, la réappropriation technique d’un patrimoine traditionnel monodique et homophonique des plus salutaires, déterminante en dernière analyse.
Il n’avait de cesse de confier à ses amis Sid Ahmed Seri et Mohamed Khaznadji que malgré quelques tentatives estimables, comme celles de Jules Rouanet au début du siècle dernier “on ne dispose pas encore d’études techniques qui répondent à toutes les questions que se posent les musicologues ou les simples mélomanes sur l’histoire ou le langage de cette musique, ni même sur la thématique des poèmes qui lui ont servi de support.”
Et il n’avait pas tort tant ce patrimoine qui nous est particulièrement cher, présente un certain nombre de traits spécifiques et d’oppositions qui en structurent le langage.  Quelle fière allure il avait ! Un personnage, me confie celle qui fut son élève : “Je revois sa stature, son trench marine, son gros cartable, ses cheveux raides poivre et sel, puis franchement blancs (une crinière qui lui donnait un beau genre… Berlioz?) et ses yeux bleu lavande…” Gênée, gênée… est une fidèle et nostalgique  lectrice de la chronique  pour ne pas réussir à trouver en elle ni les raisons ni un sens à la gratuité de certains actes des gens, leur fatuité… à l’absurde ! Ne peuvent être gênés, lui répondis-je, que ceux qui ont tendance à oublier qu’ils ne sont que des êtres humains, de simples mortels. Kamel était un boulimique de la vie qu’il s’accordait à déguster à belles dents.
Ce qui le sauvait, et qui me sauve en partie, ce sont nos Andalousies perdues. C’est ce sentiment indélébile d’appartenance à une civilisation où l’intelligence et la tolérance constituaient un socle, une belle raison de vivre…

A. M.
mezianide@djaweb.dz


À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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