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Et pourtant… par El-Guellil

13 juin 2011

Contributions

Ces pêcheurs qui bravent chaque jour la mer. Apporter du poisson. Voilà leur mission quotidienne. Terrienne. Ces poissons faiseurs de vie pour leurs familles. Le bonnet vissé sur la tête. Le regard aiguisé sans lunettes de protection. Aiguisé d’avoir trop navigué à travers les bleus du ciel et de la mer, sans jamais s’être perdu. Toutes les couleurs dérivées du bleu primaire. Parfois mêlées du rouge donnent une tertiaire proche de la mort. Ils ont appris et dompté. L’oeil s’est habitué depuis très longtemps. La beauté du lieu ne lui fait plus l’effet des premiers instants.

Celui des sirènes ensorceleuses. Leurs bras sculptés de nervures tracées pas de nombreuses aventures vécues sur les flots. Le visage tel les récifs transformés par l’écume. Leur regard toujours projeté au loin pour garder le cap. La tête relevée. Au milieu de la Méditerranée, ils ont l’impression que le monde leur appartient. Sans sécurité aucune.      C’est leur liberté qu’ils vont chercher tous les jours en gagnant le large. Quelques fois ils perdent la vie en voulant la gagner. Habillés de guenilles pour ne pas abîmer leurs vêtements du civil, ils sont pourtant magnifiques. Car ils savent être majestueux.

C’est la mer mère de tout apprentissage. Ne la fréquente pas qui veut. Croyez-moi. ll faut mériter son accueil. Elle forge le caractère. Loin des villes, ils sont confrontés à un monde dont les codes sont un partage entre les valeurs de l’homme et celles de la nature. Là, la mer impose sa suprématie. Faisant des pêcheurs des acteurs du monde universel. Une fois, le bateau chamarre, arrimé sur la plage. Les pieds à peine posés sur le sol. Les marins, au contact des autochtones, deviennent laids. De trop d’empressement, ils quittent leur cargaison au profit de gargotes ou seuls les estomacs sont maîtres. Avec des règles de marché imposées aux pêcheurs perdants. Hout yakoul hout. Qui sait que demain sera la même journée ?    Il ira prendre un peu de bonheur au loin pour faire face au malheur du monde. Sale et sans poésie. Dieu seul sait. Dieu seul sait pourquoi la sardine, pendant des mois, était introuvable sur nos marchés. Quand le poisson meurt de vieillesse.

Le Quotidien d’Oran  Lundi 13 juin 2011

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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