B. BELKACEM JOURNALISTE DE LA VOIX
C’était durant les décennies cinquante et soixante, deux enfants d’Oran, Moussa El Barhouch et Didi le corse, deux noms d’hommes dits de « Rojla », d’hommes de parole. Ils détestaient la hogra, les exhibitions et coups fourrés de certains individus malhonnêtes.
Certains vieux oranais nous ont raconté comment ces deux personnes intervenaient aux profits des gens opprimés. Il suffit de les contacter dans leur lieu habituel au boulevard de la Soummam ou juste dans le café faisant angle face à la banque des gages, leur raconter avec exactitude votre histoire, un prêt non remboursé ou un différent dont vous êtes victime, etc. Ainsi l’intervention rapide de ces deux noms suffisait de régler le problème sans passer ni par le commissariat ni par la justice. Nous avons demandé par quelle méthode agissaient Moussa et Didi pour régler les contentieux. Etait-ce avec une méthode musclée ! Non absolument pas, répondaient nos interlocuteurs, seulement leur présence et leur nom. Ils étaient très respectés par leur comportement de vrais hommes, personne ne pouvait décliner leur intervention ou les ignorer. Ils ajoutent que même les policiers leurs reconnaissaient cette bonne initiative et plusieurs plaignants au commissariat étaient orientés vers eux : « allez y voir Moussa et Didi, votre problème sera réglé ». Les anciens oranais qui ont vécu cette époque, ont été pris d’une nostalgie pendant qu’ils nous racontaient « Moussa El Barhouch et Didi le Corse, n’ont rien à voir avec leur pseudonyme, Moussa n’était pas le et Didi n’avait rien de Corse », nous disaient ces vieux qui les avaient fréquentés quelques temps. En été, ils fréquentaient soit la pêcherie et Sidi El Houari, soit Aïn El Türck. Mais tout le monde les respectaient, dira Ami Dahou.
N°3527 – LUNDI 13 JUIN 2011 La Voix de l’Oranie

































13 juin 2011
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