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Djeffal Amar dit Si Lazizi Amar …PORTRAIT… Par : Hamid Grine

11 juin 2011

Contributions

Djeffal Amar dit Si Lazizi Amar …PORTRAIT… Par : Hamid Grine dans Contributions logo_imp
Edition du Dimanche 30 Janvier 2011

Culture


Par ces temps de disette et de manque de repères, l’évocation de certains héros réchauffe le cœur et nous donne envie de continuer, malgré l’adversité, malgré les coups du sort, malgré les infortunes, malgré les échecs,

de croire en cette Algérie que plus preux que nous ont défendue jusqu’à la mort.  Ainsi en est-il d’Amar Djeffal dit Si Amar Lazizi. Avant d’être un martyr de la Révolution, il fut d’abord un homme de science et de connaissance, un érudit qui a recopié le Coran de sa main. Il fut élève de la grande zaouïa Hamlaoui, une école de résistance et de courage. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelait le taleb, l’enseignant, l’homme du savoir. Et le savoir l’a accompagné durant sa brève vie. C’est parce qu’il avait une conscience de classe qu’il rejoint l’Étoile nord-africaine puis le Parti du peuple algérien. Militant actif, il fut bien vite repéré et emprisonné à Constantine. Déjà son courage et son mutisme préfiguraient ce qu’il allait être. Peu disert, sérieux, Si Amar Lazizi était respecté à El-Khroub pour son engagement. Mais aussi pour ses qualités morales. C’était un homme de bien qui ne philosophait pas sur le bien, mais qui le faisait. Sans discours. Dans la discrétion la plus totale. Aujourd’hui encore à El-Khroub, si l’on parle du chahid, on se rappelle l’honnête homme. Proche du chahid Chihani Bachir, il assuma dès le déclenchement de la Révolution de 1954 la coordination entre les dirigeants de la Révolution et la base militante d’El-Khroub. Cette charge délicate, lourde à tenir, car elle requiert la capacité de savoir garder sa langue, la discrétion, mais aussi une fidélité à toute épreuve. Et cela va de soi, des capacités d’organisateur avérées. Son travail de coordination et de propagande pour la Révolution n’allait pas passer inaperçu. Repéré, il fut incarcéré en 1956. Torturé pendant plusieurs semaines, il n’ouvrit point la bouche. Faute de preuves, il fut relâché. Affaibli par le traitement que lui ont fait subir ses geôliers, il continua son combat comme si de rien n’était. Entre autres actions d’éclat, il réussit à prendre possession d’un grand lot d’armes d’une caserne connue sous le sobriquet de caserne des Sénégalais. Ces armes firent le bonheur des moudjahidine de la région d’El-Khroub. Il fut arrêté à plusieurs reprises pour ses activités. À chaque fois torturé, à chaque fois relâché faute de preuves, à chaque fois plus affaibli et à chaque fois plus déterminé. Car le miracle de cet homme est là : plus on le frappe, moins on le soumet. Les épreuves qui affaiblissent beaucoup d’hommes le rendent plus fort. Il avait expérimenté dans sa chair l’axiome nietzschéen : ce qui ne tue pas te rend plus fort. Il est comme l’acier : on le chauffe ? Il s’endurcit. Un jour, les sbires du deuxième bureau chargé des enquêtes vinrent chez lui pour l’emmener avec eux. Si Amar Lazizi qui portait beau mit son blanc burnous des grandes occasions. Il savait d’expérience que ceux qui sont venus le prendre ne laisseront ressortir que sa dépouille. Alors, par défi autant que par fierté, il s’habilla à la traditionnelle. Il ne sera pas dit qu’ils ont arrêté un fellagha, comme ils disent, tremblant et mal fagoté. Tête haute, il quitta sa maison. On aurait dit qu’il allait à une fête. Entre les mains de ses tortionnaires, il subit l’innommable. On lui arracha les yeux, on lui fracassa la figure avec une chaîne métallique. Et comme ce n’était pas assez, ils mutilèrent son corps et le crucifièrent sur une planche cloutée. Tel Jésus. Mais un Jésus algérien qui est mort sans un mot. Le 26 janvier 1957, Si Amar Lazizi rendit l’âme après d’effroyables souffrances. Ceux qui avaient recueilli sa dépouille furent stupéfaits par la sérénité qui s’en dégageait. Dans ce visage fracassé, il y avait le sourire de l’irréductible qui sait que l’indépendance pour son fils Brahim et pour tous les fils de l’Algérie ne s’arrache que par le sacrifice des pères. Il a donné sa part pour que vive l’Algérie. Oui, vive l’Algérie malgré tout…

H. G.
hagrine@gmail.com

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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