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Abdelkrim Bahloul : “C’est la biographie de Mohammed Dib écrivant la trilogie” LE TOURNAGE DE SON PROCHAIN FILM SUR L’ÉCRIVAIN

11 juin 2011

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Edition du Mardi 22 Février 2011
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Culture

Abdelkrim Bahloul : “C’est la biographie de Mohammed Dib écrivant la trilogie”

LE TOURNAGE DE SON PROCHAIN FILM SUR L’ÉCRIVAIN


Par : Sara Kharfi


Membre du jury officiel de la
27e édition du Festival international du film d’amour de Mons, le réalisateur nous livre les grandes lignes de son projet sur l’un des plus importants auteurs de la littérature algérienne, tout en revenant sur son film Voyage à Alger qui à la fois un hommage à sa mère et un hymne à la femme.


Liberté : Pour la première fois, vous avez tourné intégralement Voyage à Alger en Algérie. Comment est né ce film ?
 Abdelkrim Bahloul : C’était dans le cadre de la manifestation “Alger, capitale de la culture arabe” en 2007 que Bachir Derraïs m’a appelé et m’a demandé si j’avais un sujet. Ce qui était demandé, c’était de parler d’hommes politiques ayant servi l’Algérie. Il m’a dit tu m’avais raconté une histoire sur Boumediene, que ta maman et toi étiez partis voir Ben Bella, et il n’était pas là et vous aviez été reçu par Boumediene. Alors j’ai écrit rapidement, soixante-dix pages et donc c’est à son initiative que le film est devenu réalité.

Dans le film, il est, certes, question de la grande histoire, mais ce qui semble être le plus important, c’est la petite histoire, l’histoire du courage d’une femme…
 C’est la grande histoire mais c’était aussi une possibilité pour moi de parler du cheminement de la femme, de la femme arabe qui est une femme exploitée et je crois bien que les femmes arabes sont les bien moins loties de tout le monde, de toute notre planète. Moi j’ai été élevé par ma mère, nous avons été six ans enfants à être élevés par notre mère, donc notre mère c’est une héroïne et donc toutes les femmes qui ne sont pas héroïnes comme ma mère, ce sont des femmes que le système a brimées. Quand on voit le code de la famille, c’est indigne d’un pays comme l’Algérie ; donc je me suis dis que non seulement ça parle de la Révolution algérienne, mais c’est surtout le combat d’une femme qui va montrer de quoi est capable la mère algérienne.

Voyage à Alger nous installe dans les premières années de l’Indépendance. C’est comme la première femme, c’est très fort sur le plan symbolique…
Il y en a eu des dizaines de milliers qui ont dû avoir le même parcours de ma mère, la même lutte après la perte de leurs maris ou des hommes de la famille. Je raconte une histoire que je connais personnellement, mais quand je raconte l’histoire, les gens me disent j’ai mon oncle qui est mort, sa famille il lui est arrivé ça, on lui a pris sa maison… Il doit y avoir au moins cent mille cas similaires et avérés.

Etait-ce facile d’écrire votre histoire ?
  C’est super facile. Honnêtement, j’écris vite. Il doit y avoir un seul réalisateur algérien qui écrit plus vite que moi, c’est Merzak Allouache, mais sinon je peux écrire un scénario du jour au lendemain sans problème. Et c’est parce que c’est un passé dont on est fier. De dire que ma mère est une femme extraordinaire qui nous a élevés tous les six, que mon père a été tué par l’armée française pendant la guerre, c’est une fierté pour moi. Et je regrette ma mère parce qu’elle n’est plus là, mais en même temps c’est un hommage que je lui donne. Quand les gens de Saïda, les gens de ma famille, de ma tribu (les Ouled Khaled dans les environs de Saïda) ont vu le film, quand ils ont entendu parler du film quand il a eu le prix du public à Carthage, ils m’ont téléphoné, ils m’ont faxé, ils m’ont dit qu’ils étaient fiers, très, très fiers parce que l’histoire de cette femme qui fait partie de leur tribu, qui fait partie de Saïda, elle est connue et elle a un prix en Tunisie.

Votre fiction montre une autre facette de la femme algérienne. Une femme courageuse qui prend sa vie en main. Une image loin des clichés…
Elles sont deux d’ailleurs. Il y a le rôle de ma mère, et il y a le rôle de celle qui l’accompagne qui est très belle. C’est en même temps, le courage et la beauté, la beauté et le courage.

C’est ainsi que vous vous représentez la femme algérienne ?
 La femme d’une manière générale, la femme algérienne en particulier. Les femmes ce sont elles qui élèvent les enfants. Et si la femme qui élève les enfants n’est pas instruite, les enfants ne pourront jamais être bien. Tant qu’on opprime la moitié de sa population, la moitié de la population qui fait l’éducation à la maison des enfants, on n’aura jamais un grand peuple formidable. La démocratie – je l’ai dit il y a quinze ans dans un débat – en Algérie et dans les pays arabes, n’est pas demandée par les femmes, elle est demandée par les hommes comme ci comme ça, par les intellos, par les héros, mais la vraie population normale des Arabes, des Algériens, des Maghrébins, ça les arrange d’avoir la femme à la maison et de la commander. Ce ne sont pas eux qui vont aller la demander. Si un jour, il y a un gouvernement démocratique dans nos pays, ce sera parce que les femmes auront demandé cette liberté pour elles-mêmes, cette démocratie pour elles-mêmes.
Et une fois qu’elles auront gagné cette démocratie, elles la donneront et en feront bénéficier les hommes, mais je ne crois pas que les hommes algériens vont aller demander la démocratie pour tout le monde, parce que quand on voit les manifestants, on ne voit que des hommes, à part pour les manifestants qui viennent de Kabylie où on voit que c’est mélangé, il y a des hommes et des femmes. Mais les autres quand ils manifestent, ils laissent les femmes à la maison. C’est seulement le jour où les femmes sortiront dans la rue qu’il y aura péril en la demeure, et que le combat pour la démocratie va atteindre son but et va gagner.

Une avant-première à Alger est-elle prévue prochainement ?
 Inchallah.

Vous allez prochainement entamer le tournage d’une fiction portant sur Mohammed Dib. Pourriez-vous nous en parler ?
 Le texte est prêt depuis août 2010. J’ai pris les trois romans et j’ai fait, ce qu’on appelle, une lecture transversale où j’ai privilégié l’histoire du petit Omar, c’est-à-dire que tout ce qui se passe est vu par l’enfant, alors que Mohammed Dib quand il écrit, il écrit d’un point de vue de l’écrivain, qui connaît tout, il peut passer de Aïni à un tel, à un tel… Moi je ne garde que l’enfant et je raconte l’histoire à travers l’enfant. Par contre, je raconte pourquoi Mohammed Dib a écrit l’histoire dans les trois romans de la trilogie et j’invente une espèce d’histoire entre Mohammed Dib et le petit Omar. Parce que j’ai lu au moins douze fois les trois livres, je les ai disséqués complètement, j’ai lu les ouvrages de Mme Khedda qui a écrit sur Mohammed Dib et qui est une très grande spécialiste. Et je me suis fait mon idée ; je me suis dit que Dib quand il était instituteur a dû avoir le petit Omar dans sa classe, il a peut-être dû lui donner un coup de règle.

C’est donc un film sur la relation entre un auteur et son personnage ?
On voit l’histoire qui commence avec Dib et un de ses élèves et après, on voit Dib qui part. On le retrouve en train d’écrire. On voit l’histoire de cet élève qu’il a frappé à un moment donné, et c’est l’histoire de la trilogie d’Omar. Après, les deux histoires se recoupent à la fin. C’est la biographie de Mohammed Dib écrivant la trilogie. On a fait des repérages, le casting, on a fait tout le travail technique en France, par contre on n’a pas encore démarré la production du film. Là c’est un problème financier, l’argent passe d’un endroit à un autre, c’est un peu long, un peu compliqué… C’est en train de se faire.

Qu’en est-il du casting ?
  Pour le petit Omar on est en casting. Je vais me mettre à genoux devant Samia Méziane pour qu’elle fasse le rôle de Lla Aïni. Et j’ai mon Dib, c’est un garçon qui s’appelle Mehdi Dehbi. C’est un des futurs plus grands acteurs ici en Europe. Il est né en Belgique, et il est d’origine tunisienne. C’est lui qui joue le rôle principal dans mon film, Le Soleil assassiné.

Quand est-ce que vous entamerez le tournage ? Et où tournerez-vous ?
  Je vais le tourner complètement à Tlemcen mais il a des décors extérieurs, des fermes de colons ou des ruelles bien françaises, donc on va peut-être faire quelques plans en France avec des trucages numériques pour enlever les paraboles et tout ce qui a été rajouté en parpaing à Tlemcen. Le tournage est prévu en juillet, on ne peut pas démarrer avant. C’est une œuvre importante.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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