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87.L’Algéroise La nouvelle de Yasmine Hanane

11 juin 2011

1.Extraits

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Edition du Mercredi 23 Février 2011

Des gens et des faits 

L’Algéroise

La nouvelle de Yasmine Hanane 

Résumé : Accompagné d’une délégation et de Rachid, Nacéra se rendit à Fort-National, pour retrouver la fosse commune où étaient enterrés Mahmoud et deux autres compagnons de guerre. Émue, elle repense au passé. Rachid se demande comment faire pour identifier le corps de son père.

87eme partie

-Qu’à cela ne tienne, même si nous ne retrouverons que des ossements, je sais que parmi ces trois corps, il y a Mahmoud. Je connais aussi bien sûr les noms des deux autres combattants avec qui il a été enterré. De ce fait, nous allons tenter de leur donner une sépulture digne d’eux. Peu importe le reste. Que Dieu leur accorde Sa Miséricorde et les accueille dans son paradis éternel.
Un des accompagnateurs ajoute :
- Bien entendu, nous allons aussi essayer de retrouver d’autres fosses communes.
- Oui, mais cela prendra du temps. C’est tout un pays qui a perdu ses meilleurs enfants. Je pense que tôt ou tard, nous saurons redonner à chaque chahid sa place dans l’histoire de cette révolution qui nous a tant coûté.
Comme pour chasser de douloureux souvenirs, Nacéra passe la main sur son visage.
- Ils étaient, pour la plupart, jeunes et beaux, et animés de cette flamme patriotique que seuls les héros peuvent avoir. Avec Mahmoud, sont enterrés Mustapha et le petit Hamid.
- Le petit Hamid  ?
- Oui Rachid, nous avons tenu à ce que chaque frère ait son nom de combat et pour différencier les uns des autres, nous donnons parfois de petits surnoms. Petit Hamid était très jeune, à peine 16 ans. Nous l’appelons ainsi parce que le grand Hamid était notre chef, Si Hamid Moustache. C’est un homme de cette région, un Kabyle, qui est tombé sous les balles ennemies juste avant l’indépendance. Lui au moins a eu la chance d’être enterré auprès des siens car nous connaissions sa famille, et nous n’avons pas hésité à leur remettre son corps.
Nacéra pousse un soupir et continue:
- Allah yerham echouhada. Je ne suis pas près d’oublier les horreur de cette guerre, et même si un jour, je tente de tirer un trait sur ce passé si douloureux, mes cicatrices me le rappelleront à tout instant.
Rachid hoche la tête :
- Nous avons tous connu même indirectement les malheurs et les privations. Quand mon père est tombé sous les balles assassines, j’avais 14 ans, Nacer 8 ans, et Meriem 6 ans. Nous étions encore des enfants, des orphelins, qui sans la présence de nos grands-parents et de ma mère, n’auraient eu que la rue pour les héberger. Combien d’autres orphelins cette guerre a-t-elle engendrés ? Combien d’enfants de notre génération avaient-ils pu survivre sans ressources et sans but ? J’ai connu des dizaines de cas, la plupart travaillaient comme porteurs ou comme cireurs de chaussures. Ils étaient exploités et traités comme des moins que rien. Rendons grâce à Dieu que ma famille n’ait pas eu à souffrir de cette situation. Mon grand-père Tayeb tenait à ce que nous fassions de bonnes études afin de nous mettre à l’abri du besoin. Il avait mis à notre disposition tout qu’il possédait.
Grâce aux revenus de ses magasins, il nous a permis de grandir sans souffrir de quoi que ce soit, sauf de l’absence de notre père bien sûr. Mais là aussi, il nous a appris à être fiers de lui, et nous recommandait souvent de garder la tête haute devant tous ceux qui tentait de rabaisser ce “prestige” familial. Les héros ne meurent jamais, ne cessait-il de nous répéter. Et c’est aujourd’hui, devant la tombe de mon père, que je comprends davantage ce qu’il voulait insinuer. Non les héros ne meurent jamais. Mahmoud, Mustapha, petit Hamid, vous êtes l’exemple de la bravoure et du courage. Et nous écrirons vos noms avec des lettres d’or sur les pages de l’histoire.

(À suivre)
Y. H.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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