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A la base par Ali Brahimi

20 mai 2011

Contributions

Ce qu’il y a à la base de toute démocratie, notamment celle survenue après une révolution, c’est l’opiniâtreté des masses déléguant leurs élites à ce qu’elles gouvernent dans le cadre d’un État de droit.

En effet les révolutions, visant l’instauration de la gouvernance par le peuple et au profit du peuple, ne sont pas apparues du jour au lendemain. Encore moins qu’elles réussissent à la légère. C’est une longue maturation de la prise de conscience des forces vives d’une nation en face à un ensemble de défis politiques, économiques, sociaux, culturels, scientifiques…. A titre de référence, en Europe, la révolution, qui avait réussie a atteindre ses objectifs principaux, est issue d’une première Révolution industrielle apparue en 1750, en Angleterre, est un long processus jalonné de crises sociales et de deux guerres civiles déclenchées un siècle plus tôt, entre 1642 et 1646, propulsant le royaume dans la voie de la République des élites (Commonwealth) instaurée par Cromwell (1599-1658) condamnant a mort le roi Charles 1er en 1639. Un des célèbres crimes de lèse-majesté depuis réparé grâce à la Démocratie type parlementaire. Ensuite, une seconde Révolution industrielle, déclenchée à partir de 1870, a rehaussé le niveau de la Démocratie puisque elle est structurée dans le sens d’une plus grande participation des citoyens à la vie politique.

Ainsi, renforcée par les nations émergentes en Europe de l’ouest et notamment l’Amérique du nord, une nouvelle phase décisive s’ouvrait devant ces pays désormais renforcés et sachant combiner force militaire et pouvoir des peuples animés par les sentiments du patriotisme et d’appartenance a une communauté solidaire.

Cet entrain est issu d’un ensemble de progrès : Une agriculture forte assurant l’autosuffisance alimentaire ; un réseau de transport ferroviaire pertinent massifiant les relations humaines ; un accroissement de l’habitat d’agglomérations instaurant la convivialité ainsi que du droit de cité et a la parole et donc du civisme industrieux; les centres manufacturiers des matières produites localement, etc. En un mot, des révolutions créatrices propulsant les pays de l’Europe et du nouveau monde (l’Amérique du Nord) dans la voie des découvertes fantastiques dont les bienfaits de la Démocratie. Ce qui avait permis aux nations, fondées sur les sciences et les connaissances conjuguées à la libre pensée, de stimuler leurs élites scientifiques à rechercher d’avantage des idées et les réaliser au profit de leurs sociétés. C’est ainsi que des nouvelles énergies (le pétrole et l’électricité) et des nouveaux matériaux dont le béton, l’aluminium et l’acier…, et tant d’autres progrès et découvertes, ont été utilisés à bon escient. Donc, c’est à partir de cette époque d’où sont issues les dialectiques existentielles de l’Histoire éclipsant les anciennes bâties autour de l’imprévoyance voire le fatalisme conjugué au pseudo religieux exploiteur et mystificateur.

A l’image de l’empire ottoman déclinant a l’époque. L’Afrique du Nord subissait, durant des siècles, le « protectorat » des janissaires, campés autour des principaux centres régionaux, a la solde des Caïds, Aghas, Bachaghas, Beys, Deys, soutenus par une myriade de serviteurs dont les mokkadems des Zaouïa sous l’emprise des Cheikhs de tribus qui, la plupart d’entre elles, n’avaient pas de lieux fixes et nomadisaient constamment du sud vers le nord et vice-versa. Ainsi, l’ensemble du Maghreb, notamment l’Algérie, était soumis aux nombreux impôts en nature (céréales, cheptel, laines, etc.), et donc prédisposé – colonisable – a l’emprise française, perçue comme une voie salutaire voire libératrice, renforcée par les retombées des deux révolutions industrielles et la Démocratie. Un grand tournant, pour l’humanité, défini à l’expansion du capitalisme colonisateur intensifiant l’exploration ainsi que l’exploitation des richesses du sol et du sous-sol et de l’homme par l’homme.

LES PROCHAINS DEFIS DES PEuPLES ARABES SERAIENT LA BONNE GOUVERNANCE DES TERRITOIRES AINSI QUE LA DEMOCRATIE

Après les indépendances respectives des pays du Maghreb, les survivances coloniales mélangées a celles des zaouïas rétrogrades basées autour de la possession des territoires, autrefois délimités approximativement puisque il y avait interpénétration des populations et intérêts entre les contrées maghrébines, combinés aux pires ignorances des peuples respectifs, de l’époque, car sous l’emprise redoutable des systèmes nationaux de gouvernance. Ces régimes, le plus souvent instaurés sur la base du clientélisme conjugué a la violence sous toutes ses formes durant un demi-siècle, ont laminé les ardeurs patriotiques, des générations successives transformées en léthargies annihilant tout esprit d’entreprise collective et du compter sur soi.

Des analystes ont tenté d’expliquer cette discordance entre gouvernés et gouvernants à l’échelle maghrébine et de l’ensemble du monde arabe. Le plus souvent pour faire plaisir a l’un ou l’autre de ces pays. Le temps a prouvé l’inconsistance de ces approches basées autour des desiderata des gouvernants optant des systèmes à l’unicité de pensées excluant les voix discordantes.

Au fil des décennies, ces exclusions s’accumulèrent, et c’est le divorce entre la base et le sommet des Etats en cours de désagrégations pour être ensuite recomposés sur de nouvelles bases de gouvernance. A ce propos, d’après les dernières déclarations des responsables des pays du Golfe, les royaumes Marocains et Jordanien vont être intégrés au conseil de coopération des pays du Golfe qui sont dans leur totalité des monarchies. Ainsi, à l’ avenir, les territoires monarchiques vont faire un seul bloc. En face, les Républiques, dans leur majorité ébranlées (Tunisie, Egypte, Libye, Syrie… etc.), leur union semble hypothétique voire faire tintin notamment les diplomaties indolentes puisque n’ayant pas su s’arranger ni d’en prévoir les nouvelles bases géopolitiques et stratégiques. La ligue arabe, à la base fondée selon des critères stratégiques liés à l’existence d’Israël, est en chute libre. En ce qui concerne le Yémen, il sera intégré d’ici peu au convoi. Après le départ de Ali Salah. La Libye pourrait rejoindre, plus tard, du moins dans un cadre géoéconomique, la caravane puisque elle a un passé royaliste. Après le départ d’ El Guedhafi. Actuellement les événements, en cours a l’échelle du monde arabe, ont bouleversé les anciennes convictions établies et, de plus, forcé l’admiration des autres peuples changeant leur vision a l’encontre des ces révolutions d’un genre nouveau combinant, tant bien que mal, une territorialité ouverte anti-autoritariste avec les vertus démocratiques A vrai dire, les générations posr indépendances ont opté, définitivement, de nouvelles méthodes d’approches liées a la gouvernance Démocratique de leur présent et surtout du futur Celle-ci est loin d’être une sinécure En fait, le plus grand défi jamais rencontré auparavant. Réussiront-t-elles a l’instaurer dans toutes ses dimensions ?

A ce propos, M. Winston Churchill, ex chef de gouvernement de la Grande Bretagne, avait formulé les préceptes de la Démocratie en les termes suivants : « c’est le pire des systèmes mais il n’existe pas de plus meilleur ». Cette réflexion, de l’un des vainqueurs, de la deuxième guerre mondiale, en face de l’idéologie du Nazisme, n’a pas perdue de sa pertinence jusqu’à présent. En effet, elle se confirme en Tunisie et en Egypte de plus en plus fragilisés par la non atteinte des objectifs principaux de leurs révolutions respectives et, donc, demeurent encore menacées par les officines de la contre-révolution tapie dans les rouages des gouvernements en place. En ce qui concerne la Libye, le Yémen, la Syrie…, a chacun ses prédispositions, ils sont en train de côtoyer l’anarchie et son corollaire la guerre civile a cause de l’entêtement des familles dictatoriales résidant dans des palais bunkers.

L’HISTOIRE NOUS APPREND QU’A LA FIN LES PALAIS BRULENT TANDIS QUE LES LES HUMBLES JUBILENT

Nullement qu’ils soient animés par la haine ni vengeance, nous semble-t-il, mais qu’ils aient le sentiment que ce n’est que justice. Cependant, la révolution des humbles est souvent reprise en main par ceux qui l’ont génère pour camoufler leur injustice. Vainement, car à la base de départ, toutes les révolutions naissent chez les gens modestes voire « naïfs » habitants les endroits populeux prédisposés aux soulèvements.

Puis, à cause des déceptions et lassitudes de ses promoteurs ainsi que de ses exécutants, elle décroît dangereusement comme si rien n’était. En apparence seulement. En effet, le feu continue de couver dans les tréfonds des chaumières. Il suffirait d’un soudain coup de vent pour que les flammèches reprennent de plus belle.

Cependant, ces résurgences ne se manifesteraient pas du jour au lendemain Pour le moment, la révolution, en train de secouer les pays arabes, suit lentement le cours voire élargit le périmètre initial de son épanouissement En effet, pour qu’elle ne soit nullement reprise en main par ceux-la même qui en sont la cause de son déclenchement, elle fait un travail de fourmi. Patiemment !

Aguerrie en si peu de temps, et avec une expérience acquise dans le feu de l’action, néanmoins elle est en train d’affronter la vieille garde du parti de la contre-révolution active en Tunisie, Egypte ; elle assassine en Libye, Yémen, Syrie ; embusquée pour le reste. Le tout, vainement. Car la révolution alimente son énergie des impairs de la contre révolution. Un saprophytisme mystérieux. Fatidique !.

Un obscur militant de l’ex parti unique Algérien, en visite cette semaine à Tripoli capitale de la caverne d’Ali Baba généreuse sans sésame ouvre-toi, a glorifié publiquement les exactions voire des crimes contre l’humanité que le peuple libyen est en train d’endurer.

Du gâchis, d’autant qu’il apporte de l’eau au moulin du Maghzen Alaouite Avait-il parlé au nom de l’Algérie ? Si oui, a quel titre ? On dirait qu’il se prend encore pour un militant d’une Kasma de base, des années 1970, condamnant l’agression Israélienne en Palestine. Par la tchatcha et autour d’une chakhchoukha.

En milieu de semaine, au Maroc, des milliers de personnes ont manifesté leurs colères en scandant : Non a la corruption, Non au terrorisme. Existe-t-il un lien ? En tout cas les nouvelles générations notamment issues des milieux modestes, dans l’ensemble du monde arabe, sont de plus en plus conscientes des enjeux et défis liés à leur avenir. Elles semblent décidées à prendre en main leur destin contre vents et marées.

Et les mensonges ! Donc, ce genre de magouilles fomentées se propagent telles des épidémies contaminant les saines volontés de ces jeunes révolutions.

Pour rien, car leur base est solide et qu’au bout du compte, toutes les dictatures chuteraient en bas et que les révolutions s’élèveraient au pinacle. En d’autre terme, un changement de fond en comble. Le verdict de l’Histoire a décidé qu’il en soit ainsi. L’heure des peuples est arrivée !!!

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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