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Les maîtres de l’acrobatie et les cobayes de la démocratie par B. Khelfaoui*

11 mai 2011

Contributions

« Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissance en devoir. »1

Ben Laden est mort !Le monde occidental sous l’orchestration du maestro oncle Sam, quoique réticent quant à d’éventuelles fausses notes, chante désormais la symphonie triomphante d’une «victoire» contre le «wanted» numéro One que les chasseurs de prime, avec leur globe war, ont quand même mis dix longues années «couteuses» et douteuses pour le descendre, dans un duel sol-air…D’autres, seraient paradoxalement tentés de réciter, dans une musique funèbre de toile de fond : «O le pauvre amoureux des pays chimériques !

Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,Ce matelot ivrogne, inventeur d’Amériques Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?»2

Est-ce la fin de la série télé-invasion d’un axe du mal ayant commis le sortilège pétrolé d’abriter le fugitif tant recherché ? Ou ce n’est là, que le début d’une autre série, semblable, qui enchainera ses épisodes à partir du contexte spatiotemporel final de la précédente qui a envoûté les écrans par la première place occupée dans le box office voire qui pourrait même remporter plein d’oscars !? Ce serait tellement rassurant de se sentir, enfin, débarrassé d’un «faux» Che Guevara et faire aboutir un printemps arabe sans devoir supporter une dictée en syllabes quant à un avenir hypothéqué par une ingérence caméléonesque. Une mère Theresa, débarquant sans visa, voulant à tout prix démocratiser des potentiels «terroristes», qui furent dans un passé récent des barbares à civiliser, non sans fouiner puis fouiller, avec l’assistance du ciel3, entre les herbes d’un Euphrate asséché par les complots, à la recherche d’armes de destruction massive léguées par les martiens !

Pourtant, il fut un temps, où ce problématique «terroriste» était, avant de tomber en disgrâce, un emblématique «Moudjahed» que la maison blanche noircie par l’antichambre des sorciers de la mort et ses alliés du Golfe, vantant ses prouesses, soutenaient moralement et financièrement, sous un décor de prêches jihadistes, ses actes antisoviétiques en encourageant l’afghanisation des haragas de l’Atlantique à l’océan indien ! Autres temps autres mœurs, même l’ex «dictateur», pendu en offrande de fête du sacrifice, fut leur puissant et rassurant allié contre une Perse expansionniste…

La machine de guerre, principale grande surface pour une mafia industrielle politico-militaire, médiatisant sa stratégie du choc bon gré mal gré un conseil d’insécurité pour les sudistes, testait onéreusement sa «marchandise», moyennant le baril de monarchies bon marché, à des cadavres marchants ! Ce produit, dont la thérapie antichoc des trônes était et demeure largement surmédiatisée, vantait et vendait les indications démocratisantes pour des bédouins ne sachant quoi faire de leur pétrole ! Depuis, la morgue tant irakienne qu’afghane, ne maitrisant plus le pourquoi et le comment faire la comptabilité macabre, a fini par se résigner à gérer dans la totale «indifférence» les cobayes de la démocratie option Abou Ghrib et Guantanamo.

Heureusement qu’il y avait le journaliste à la sandale ! Et le printemps bouazizien arriva pour exorciser le mal ! Dépassé par un imprévisible tsunami d’une «insignifiante» périphérie sensée occupée jusque-là, qui a, contre vents politiques et marées économiques, outrepassé un centre préoccupé par l’au-delà, le centre des centres, bercé par son Alice au pays des merveilles, proposa dans sa précipitation agitée sa machine à tuer avant de se voir, délogé de son hibernation, obligé d’interdire le pèlerinage d’un ex allié dans la démocratie des Hammamates !

Le coprésident d’un UPM mort-né, fêtant dans la précipitation sa momification agitée – onde de choc du tsunami oblige -, donnant naissance à une réunification démocratique des palestiniens et à l’ouverture permanente de la porte d’accès de la prison à ciel ouvert Gaza, est dubitativement mal digéré par les «saigneurs» de la démocratie !

En effet, si le vote israélien donne naissance à un gouvernement d’extrême droite prêchant la purification de la terre promise, c’est la règle du jeu démocratique ! Mais si par malheur les palestiniens osent élire un Hamas ou qu’Abou mazen outrepasse la feuille de route, égarée depuis le désenchantement d’Omar Souleimane, on crie – acrobatie démocratique oblige – au scandale en évoquant les vandales ! Paul-Eric BLANRUE ne l’a-t-il pas explicité dans son «oser dire»4 prohibé dans les salles ?

Décidemment ces seigneurs trapézistes, semant à tout vent la guerre, qui veulent installer la démocratie à coup de canons en Lybie mais cautionnent la répression sanglante de la majorité au Bahreïn et brandissent le véto contre une quelconque «ingérence» onusienne au sujet de la question «insignifiante» des droits de l’homme sur les territoires sahraouis occupés, ne sont pas encore en mesure de dépasser la citation du général Giap !

Le printemps arabe, pacifique, n’a pas encore révélé toute la splendeur de ses bourgeons prometteurs ! Le mérite de l’esthétique de ce «désordre» du nouvel ordre mondial c’est qu’il n’a pas été préparé dans les grands salons de beauté de la sphère démocratique et civilisée qui s’est crue, tel un coq vantant son utilité pour le réveil matinal, le Centre du monde. C’est à partir de Sidi Bouzid, la périphérie de la périphérie, qu’a débuté le commencement de la fin. La suite du feuilleton – n’en déplaise aux sortilèges – n’en serait que forcée de printemps sans clivages…Amen

«Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !

Faites, pour égayer l’ennui de nos prisons,

Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,

Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.

Dites, qu’avez-vous vu ?»5

*Universitaire

Notes :

1- J.J. Rousseau, « Du Contrat Social », ch III, p09, ENAG/Editions 1992

2- Baudelaire, « Les Fleurs Du Mal », La Mort, p172, Librairie Générale Française 1972

3- La puissance satellitaire

4- Paul-Eric BLANRUE, « Sarkozy, Israël et le juifs », marco pietteur, éditeur Juin 2009

5- Baudelaire, OP.CIT p172

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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