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Savoir à quoi s’en tenir par Ali Brahimi

17 avril 2011

Contributions

Avant d’accepter une mission élective ou pédagogique, il faut d’abord savoir que l’ensemble des conditions s’y prêtent, notamment celles liées aux voies et moyens constitutionnels applicables à tout moment et dans n’importe quelle circonstance, pour pouvoir agir en conséquence.

Et de contrecarrer efficacement les insuffisances observées dans tous les domaines. Et c’est ainsi que les électeurs pourraient juger de la volonté de leurs élus et sauraient séparer le bon grain de l’ivraie. En effet, les méthodes de gestion des ressources humaines et naturelles exigent un bon niveau de connaissances des réalités du terrain et leur mise à jour afin de stigmatiser, voire mettre fin aux agissements nuisant aux intérêts de la collectivité nationale. En d’autres termes, avoir la possibilité d’ordonner les priorités et pouvoir les régenter conformément aux exigences des citoyens et citoyennes. C’est, justement, cette culture démocratique qui fait défaut dans les assemblées élues et les institutions chargées de transmettre le savoir, manifestement incapables de cristalliser et capitaliser les espoirs intergénérationnels à l’échelle nationale et celle du monde arabe en train, par le biais des nouvelles générations, d’afficher ces derniers temps sa résolution à vouloir changer le cours d’existence de ces coquilles devenues vides par la force des intérêts étroits et des broutilles partisanes, dénotant clairement leur insouciance vis-à-vis des préoccupations et aspirations notamment de la jeunesse, fer de lance de l’avenir des pays arabes.

Ainsi, ce sont les mouvements de masse juvéniles de plus en plus contagieux et grossissants qui prennent le relais de ces soi-disant représentants du peuple, avouant leur impuissance, voire l’abandon de l’intérêt général au profit de celui personnel et, en conséquence, laissent libre cours aux lubies fomentatrices des risques de dérapage, y compris en pertes humaines, de temps, d’argent et d’efforts déployés par les bonnes volontés durant des décennies Un gâchis ! En d’autres termes, la faillite totale de l’ensemble des systèmes politiques et éducatifs arabes instaurés après les indépendances respectives.

En plus de ces insuffisances de gouvernance à tous les niveaux, les pays arabes sont en face d’enjeux et de défis d’ordre économique, entre autres, constamment reportés grâce à la rente pétrolière grassement octroyée à qui l’on veut pour les uns, fidélisés au parasitisme opportuniste interne et externe et, pour les autres, des aides squelettiques octroyées aux jeunes affectés aux nobles tâches de développement humain et socioéconomique. Dans les deux cas, ils sont à la merci du diktat et des desiderata des groupes d’intérêts internationaux superviseurs des économies, notamment celle liée aux échanges des produits alimentaires, puisque l’ensemble des pays arabes sont assujettis par cette dépendance ainsi qu’aux appréciateurs du développement humain, dans ses différents volets, selon des indicateurs plus ou moins éprouvés et, surtout, non basés sur ceux fallacieux affichés durant des décennies par des gouvernants soucieux de leur image au plan externe.

L’UNIVERSITE ALGERIENNE FACE AUX COMPORTEMENTS FALLACIEUX D’AUJOUR’DHUI

Des universitaires affirment, à juste titre, que le niveau moral de l’Université algérienne est à l’image de celui de la société en cours de constitution. Cependant, ce constat n’est exact que s’il est affranchi de tout esprit fallacieux. En effet, comment peut-on mettre en péril l’avenir des générations d’Algériens et d’Algériennes sous le prétexte, par exemple, que le salaire des enseignants est le plus bas du Maghreb ? Ce serait légitime s’ils revendiquaient d’être alignés au même rang en termes de respect et non pécuniaire, si la majorité des enseignants-chercheurs et leurs élèves étaient du même niveau, en termes de modestie morale et de puissance intellectuelle, que leurs homologues marocains et tunisiens, pour ne citer que ceux-là. Tout en estimant que ces jugements de valeur des capacités respectives restent relatifs. En ce qui concerne le jumelage de nos universités avec celles européennes, c’est une autre histoire. Tant que le milieu universitaire est sous l’influence des intérêts politiques étroits, excluant de facto les compétences et les spontanéités intellectuelles, c’est la désolation et la déshérence qui vont avoir le dessus, plus qu’avant, sur la floraison de la franchise et les honnêtes compétences.

Les faux-semblants, la malice, la sournoiserie, la couardise et les médisances, conjugués aux incompétences et passe-droits ont, pour le moins qu’on puisse dire et sans généralisation tendancieuse, miné profondément les nobles missions de l’Université algérienne, où seuls les échanges de l’intendance extra muros fonctionnent au… « top niveau », et par extension celles de tout le monde arabe, avec toutefois quelques exceptions, notamment pour les pays en train de faire leur révolution. En effet, seules ces dernières pourront radicalement changer l’état des choses.

A ce propos, pourquoi nos universitaires ne s’intéressent qu’à leurs salaires et « bien-être » individuel au lieu qu’ils révolutionnent, par exemple, à l’aide d’argumentations infaillibles, le niveau et la qualité de leurs enseignements ? Aussi, lorsque le milieu universitaire au niveau de l’encadrement de l’élite intellectuelle de demain est phagocyté par des luttes claniques acharnées, intéressées par la sauvegarde de leurs intérêts personnels au mépris de l’épanouissement des compétences, l’avenir de la société serait forcément houleux Cela est déjà visible par les signes avant-coureurs en train d’étaler les tergiversations du corps enseignant, souvent fomentées sciemment, sur la situation pédagogique actuelle et l’avenir de l’université, d’une part, et les inquiétudes justifiées de la part des étudiants, écartelés entre les réalités d’aujourd’hui et les rêveries des lendemains, d’autre part.

Ainsi, à titre d’exemple concret, un docteur d’Etat d’agronomie, qui n’applique pas un cursus enrichi par les nombreuses sorties d’expérimentations assidues dans le milieu de sa profession, ne pourrait constituer un agent de développement épanoui et efficient. Hélas, au fil du temps qui passe, il ne serait qu’un bouc émissaire de la gabegie des efforts universitaires et ceux de la société dans son ensemble. Afin de compenser ce vide existentiel, la majorité de la jeunesse arabe d’aujourd’hui l’exprime par la non-confiance en ses systèmes éducatifs dépassés par les contractions sociales, elles-mêmes tributaires des modes de gouvernance écartelés, également, entre les risques en termes de révolutions et l’anticipation hésitante de ces périls de plus en plus insistants.

LE POUVOIR RETROGRADE DE LA CONTRE-REVOLUTION ET SES BOUCS EMISSAIRES

Cela fait déjà quatre mois que le monde arabe est en effervescence révolutionnaire, assortie d’événements prévisibles et imprévus faussant tous les pronostics établis. En Libye, la révolution s’organise et s’aguerrit par le biais de ses jeunes initiateurs aux combats sur tous les fronts. Des universitaires participent en masse afin de changer l’état des lieux, notamment aux plans informatif et médiatique.

En face, le guide libyen, mi-bouffon mi-dictateur éclairé en place depuis plus d’une quarantaine d’années, rassemble d’autres jeunes à sa solde et n’hésite pas à les soudoyer puis les installer au-dessus de sa tanière blindée, en tant que boucliers humains contre les bombardements ! Et pour compléter cette folie meurtrière, des chanteurs et des danseurs professionnels les font s’amuser jour et nuit à l’aide d’euphorisants en tous genres et les exhortent à crier leur fidélité au guide bien-aimé. Le tout transmis en direct par une télévision rétrograde et tribalisée.

En milieu de semaine, ses proches ont proposé le règlement de la crise par des négociations, tout en réaffirmant que le guide libyen n’est pas la cause de la guerre civile en train d’incinérer « son » peuple ! Seigneur, comment pourrait-il un seul instant imaginer avoir la volonté, après tous ses excès de langage et de crimes de guerre, de vouloir diriger une importante partie du peuple qui l’a vomi ?

Au Yémen, le président en place, après avoir essayé tous les subterfuges afin d’échapper à la réalité, tente toujours de trouver d’autres échappatoires. En vain. D’ici peu, il se verrait lui-même bouc émissaire et il n’est pas exclu qu’en se mettant en face de son miroir, le matin, il se dise : c’est moi le prochain bouc émissaire ! En milieu de semaine, les USA, par le biais de l’Union des pays du Golfe, semblent décidés à trouver un compromis qui va traîner jusqu’à la fin du mandat de ce dictateur « élu ». A moins que sa fin soit prononcée d’ici là !

Dans le dernier bastion du Baath, la Syrie, les manigances vont bon train. Cette fois-ci, elles se passent au sein d’un conclave genre Saddam Hussein. En effet, un membre de ladite assemblée a vilipendé un commissaire politique, accusé d’être le principal auteur des tueries des manifestants de la ville de Derâa, située au sud de la Syrie. Ainsi, lui et d’autres boucs émissaires sont sur la liste. Cela ne résout en rien l’exigence de l’Histoire. En rien !

« Donc, il a devant lui – le président syrien – une occasion inespérée d’être en diapason avec sa génération mieux disposée à la démocratie que celle vieillissante, afin qu’il puisse se débarrasser de la chape de plomb instaurée par le parti du Baath, créé en 1947, coïncidant curieusement avec la date de création de l’Etat d’Israël, de plus en plus préoccupé, voire irrité par les inattentions et multiples écarts des dirigeants arabes du Golfe à l’Atlantique », (extrait de notre article paru jeudi passé au Quotidien d’Oran). Un fait mérite d’être signalé. Lors d’une rencontre sur la gestion des grandes villes, organisée au sein d’un établissement universitaire algérien, un urbaniste syrien avait affirmé hautainement que s’il y avait une guerre entre Israël et la Syrie, elle provoquerait la troisième guerre mondiale. Rien que ça ! Cette réflexion dénote clairement le caractériel des héritiers de Hadjdj ben Youssef et ses poésies macabres.

Aux prochaines envolées lyriques printanières dans le monde arabe du Golfe à l’Atlantique ! Espérons qu’elles seront celles de la démocratie des peuples et non celles des groupes aux rêves insensés !

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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