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Si beaucoup de choses sont au masculin, la lutte est au féminin par Farouk Zahi

11 mars 2011

Contributions

 

«La mère est une
école, en la préparant tu auras préparé un peuple de bonne extraction». Ahmed
Chawqi.

La lutte des
femmes, a été, comme on peut le constater, longue et éprouvante et n’est, certainement,
pas encore prête d’être remportée de sitôt. Suite...L’esprit grégaire du genre opposé
n’est pas, encore, en mesure d’accepter la parité. Le pays qui se targue d’être
celui des droits de l’Homme, n’a accordé le droit de vote à la femme qu’en
1944. Dans le gouvernement du Front populaire, trois femmes, pourtant,
sous-secrétaires d’Etat dont Irène Joliot Curie, prix Nobel de chimie, étaient
privées de ce droit. C’est dire, le grand décalage entre l’intention et la
réalité de sociétés réputées avancées. Ceci préfigure des luttes menées depuis
lors pour se forger, une opinion sur les idées reçues. Les lois ne font
qu’accompagner les militances.

Invitées par le
président de la République, les femmes étaient là en ce jour de célébration de
leur journée internationale au Palais des nations. Elles sont, probablement,
les seules à avoir eu l’insigne honneur d’être reçues par Bouteflika qu’elles
ont d’ailleurs, chaleureusement, ovationné. Que peut-on retenir du message
présidentiel adressé à la moitié de la nation en ce jour particulier ? Sans
revenir sur la volonté politique affichée subséquente aux textes fondamentaux
du pays qui donnent à la femme les mêmes droits citoyens que l’homme, il est à
relever, cependant, un mot clé qui a, particulièrement, attiré l’attention de
votre serviteur : «le monolithisme des préjugés» et c’est, probablement, là où
niche la problématique de l’émancipation, non pas politico-juridique, mais
sociale et économique de la femme. Même travailleuse intellectuelle, elle ne
disposera pas toujours du produit de son revenu en total versus avec les
préceptes religieux que beaucoup avancent pour mieux la dominer.

C’est pourquoi,
il est fait obligation à ce propos de relever, une multitude de traits de
caractères qui font encore, que tant qu’on parlera de la femme dans sa
connotation biologique, la société n’est pas prête à se départir, de son
machisme sexiste. Avocate, médecin ou même ministre, elle n’échappe pas au
carcan de «oulia». Il est impératif de voir à travers la femme côtoyée tous les
jours, ses propres, mère, sœur, nièce, fille, belle fille ou épouse. Ce n’est
qu’à ce prix là, que la gardienne des valeurs morales (certains diront,
excessivement, qu’elle porte l’honneur du clan entre ses jambes) pourra être
prémunie des dérives instinctives. L’environnement lui-même est biaisé.
Observons les salles d’attentes, les toilettes et autres lieux publics, la
différenciation est consignée par «femmes» et «hommes». Il est encore difficile
de prononcer ou même d’écrire : «Dames». Dans les guichets des postes, des
assurances et mêmes des banques, on interpelle à voix haute les personnes par
leur seul nom. Est-il aussi éprouvant de faire précéder le nom de la personne,
par un «madame» ou un «monsieur» ? Apparemment oui ! Cette dyslexie doit avoir
pour origine, un particularisme psychosocial que nos chercheurs spécialisés, se
doivent de mettre à nu. Il faut cependant reconnaître, qu’il échoit à la seule
responsabilité de la femme de s’être enfermée elle-même, dans ce carcan
psychologique. Belle fille, elle fera tout pour se libérer de l’emprise de sa
belle mère. Mère, elle favorisera le fils au détriment de la fille. Ce fils
fera l’objet de toutes les sollicitudes dues à son rang de mâle. Sa sœur, qui
va comme lui au lycée ou au travail, aura plus de tâches que lui, pour la
simple et bonne raison, qu’il n’a pas de plan de charge domestique. Il sera
nourri, blanchi «à l’œil». Sa part à table est plus généreuse ; il ne fera pas
un seul geste pour desservir, encore moins celui de faire la vaisselle. Revenant
«harassé» du dehors, il s’affalera sur le lit fait par sa mère, sa sœur ou sa
femme. Il exigera en plus, que l’on ne fasse pas de bruit. Elles devront se
rappeler que son sommeil, est hyper léger. Il ne doit être réveillé, pendant le
Ramadan, que quelques instants, avant le «medfa’a» (coup de canon : ancienne
pratique, annonçant la rupture du jeûne). 

Cette domination
«faunesque» remonte à très loin dans le temps, bien avant la naissance du mâle.
L’avènement de l’échographie a fait gagner beaucoup de temps. On n’espère plus
un garçon, on l’attend avec tout le cérémonial d’usage. La future maman se
valorise aux yeux de l’entourage, aussi bien, immédiat qu’éloigné. Elle ne sait
inconsciemment pas, qu’elle rajoute un autre stigmate à sa condition féminine.
Dans les services de maternité moderne, pourtant féminisés, les you-you sont
plus sonores et les congratulations plus chaleureuses, à la naissance du petit
mâle.

 La fillette aînée recevra des remontrances et
parfois même des bastonnades, pour ne pas avoir fait attention à son petit bébé
de frère. Elle aidera sa maman dans l’élevage du petit «monstre», en le
langeant, le biberonnant et en le bichonnant. Il le lui rendra mal, plus tard.
N’a-t-on pas assisté une seule fois au moins, à des voies de faits exercés sur
la propre sœur, pour «crime de lèse majesté» ? La bru, se plaignant de la sœur,
la correction verbale ou physique ne se fera pas attendre de la part du frère.
N’a t-on pas entendu parler de ces «Céline» qui ont tout sacrifié, pour le
bonheur de leurs jeunes frères, parfois orphelins ? Elles seront pour la
plupart, immanquablement, déçues par l’ingratitude.

 Que s’est- il donc passé pour que cette
dichotomisation de la société, prenne des proportions qui n’augurent d’aucune
éclaircie ? Il n’y a pas si longtemps, on s’adressait par un «Yamma» à la dame
d’un certain âge, un «yaoukhti» pour celle de notre génération et «yabinti»
pour celle qui pouvait être notre fille. Cette marque de déférence, traçait
déjà les contours d’un comportement respectueux, intransgressible. Il est
devenu fréquent d’entendre çà et là des entretiens discursifs, diabolisant la
femme. Cette conviction acquise, ouvre la voie à la vindicte en se faisant un
point d’honneur, de malmener «Ibliss».

 Les voies et moyens importeront peu. Il est
remarquable aussi de constater, qu’il suffit de disposer d’une voiture, pour
accoster des dames, qui pourraient avoir l’âge de notre ascendance ou de notre
descendance. Ce dernier cas est malheureusement, le plus fréquent. Sur certains
lieux de travail ou de formation, cette déviance (harcèlement sexuel) est
érigée en règle, Il s’est trouvé, d’incongrues fatwas, venues d’on ne sait
d’où, pour préconiser à la femme travailleuse de donner le sein à son collègue,
mâle… pour se prémunir de la tentation de la fornication.

 On demande, encore, à la femme de se protéger
elle-même de ce fléau. Foutaises que tout çà ! Ce pourrait- il, que ces lieux
jadis sacrés, deviennent des lieux licencieux? Et c’est le moins que l’on
puisse en dire ! Il est enregistré quelques 3000 nouveaux nés par an, issus de
relations extraconjugales. Les femmes célibataires viennent pour la plupart, de
milieux défavorisés. La déchéance économique est pour beaucoup, dans cette
décrépitude des mœurs. Il est évidemment établi, que la responsabilité est
partagée, mais elle demeure néanmoins, à l’avantage du harceleur ou du violeur.
L’inclination actuelle de la bonne conscience, consiste à dire que le
législateur n’a pas omis cette perversion.

 Les textes existent, il «n’y a qu’à les faire
appliquer !». Il suffit de dénoncer par un dépôt de plainte !

 Peut on imaginer, une jeune secrétaire
subvenant aux besoins d’une nombreuse fratrie, ester en justice son chef ?
A-t-elle d’abord les moyens de s’en ouvrir, à un proche ? Ces allégations, seraient
elles prises au sérieux, compte tenu du moralisme feint de l’antagoniste ?
Comment pourrait- elle avoir l’outrecuidance de porter de graves accusations, à
l’encontre de «El hadj F’len» ? Ce serait tout simplement de l’hallucination
hystérique. Les laudateurs de tout bord, lui prêteront même des intentions
maritales, qu’elle ambitionnerait. Le statut social du mis en cause, est tout
indiqué, pour nourrir un tel dessein !

De velléitaires
tentatives de dénonciation ont toutes, lamentablement, échoué. Même la
hiérarchie reprochera à la plaignante, sa précipitation et son manque de
discernement. Et même si c’eut été vrai, avait-elle le droit de livrer, celui
qui aurait pu être son père, à l’opprobre de la condamnation ? Aurait- elle
oublié que cette respectable personnalité, est père d’une famille très connue
sur la place ?

Il ne sera
nullement surprenant, de voir cette «fille» livrée à toutes les intrigues
attentatoires. L’environnement humain subitement hostile, ne lui laissera pas
beaucoup de choix. La démission lui sera proposée comme une bouée de sauvetage,
à l’effet de la pousser vers la porte de sortie, sans aucune autre forme de
procès. Les préjudices matériel et moral entamés, il ne lui restera que les
yeux pour pleurer…..la descente aux enfers sera inéluctable. Happée par la
tourmente, sa condition humaine loqueteuse, interpellera plus d’une conscience.

Mais, il ne faut
guère se faire d’illusion, des sourires moqueurs ou des rires, carrément,
sarcastiques hoqueteux et éraillés se fouteront de cette conscience si tant
elle peut vouloir dire quelque chose. Mais pour qui, se prend-il ce sénior
moralisateur d’un autre âge ? La femme s’est depuis longtemps émancipée, elle
participe par son statut à la vie active du pays ; elle va à l’université, elle
est même ministre et tutti quanti…

N’est-il pas
honteux, de voir ces vieux maraudeurs ventrus, portant postiche, grosse
chevalière au doigt et chaîne platinée grosse comme une corde, affalés dans
leur carrosse rutilant, guettant l’œil glauque et concupiscent, la sortie
d’étudiantes de leur campus ? Cette jeune victime, qui n’est souvent pas à
l’abri du besoin, tombera dans l’escarcelle du trappeur, qui usera de
persévérance, de patience et surtout de brillance. Le jeune désargenté est
autant victime que sa fiancée, qui s’est faite séduire. La suite est connue de
tous….Leurs filles à eux, rentrent tous les soirs à la maison, elles ne
découchent pas.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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