RSS

Le jeune n’est pas un sandwich politique ! par Omar Chaalal*

4 février 2011

Omar Chaalal

                   La vie est simple mais les têtes vides des mandarins la rendent satanique et dure. Ils ne définissent jamais leurs mots dans un discours. Ils sont confus et ne comprennent pas le sujet qu’ils exposent. Souvent, ils utilisent une vérité exceptionnelle d’une manière trop lâche au point qu’elle perd son sens et se transforme en mensonge politique réel. Le mensonge politique qui fait exploser le ballon de haine dans la rue.

Pour éviter la confusion revenons aux définitions. Les définitions clarifient le discours.  Je définis les mots et les expressions qui véhiculent les idées dans ce texte. Le mot macaque vient du portugais macaco, qui signifie « singe ». Le mot DDDD n’est ni un produit chimique explosif ni une expression appartenant au mouvement culturel hip-hop, des ghettos où les chanteurs de Rap cadencent à longueur de journée l’air engagé « Demerr Dabez Defeg Degdeg (Pousses, bagarres, déverses et casses avec violence) » mais autre chose. EDEM Akoursi signifie tout simplement «prend le fauteuil » en Amazigh. NADEEM Al Koursi veut dire « les drogués du fauteuil » en arabe. En lisant ce texte, je vous conseille de ne pas oublier cette phrase « le Jeune n’est pas un sandwich politique dans la suite des atrocités inutiles accélérée par la concorde des EDEM Akoursi et des NADEEM Al Koursi».

L’interprétation des comportements des masses, mène des éducateurs à la théorie du centième macaque. Cette théorie est née au Japon. Son concept se définit comme suit « C’est un phénomène par lequel un apprentissage d’un comportement se généralise depuis un petit groupe de singes à toute la population de singes, une fois qu’un nombre critique d’entre eux aurait été atteint ». Cette théorie est conditionnée par un optimum appelé « le nombre critique atteint ». Une fois cet optimum obtenu, le comportement se propage et se généralise.

Ce comportement peut être un état de bonne conduite ou une condition de citoyen exemplaire chez nous ou chez nos voisins. Un comportement de citoyen lucide et conscient de ses actes. Il peut être aussi une vogue employée par des citoyens mécontents. Des citoyens qui dénoncent par la voix des rues la corruption, la gabegie, le gaspillage, le favoritisme régional, le banditisme et le «maquereau-job» politique des économistes moitié algériens et moitié américains ou autres choses. Un ambassadeur de la décennie noire nomme ce comportement un chahut de gamins, le « dégagé tunisien» le qualifie de bruit de voyous cagoulés.

La recherche axée sur les comportements des masses a débuté au Japon, sur l’ile de Koshima. Des chercheurs biologistes alimentaient des macaques de patates douces en les jetant sur le sable. Les résultats de cette recherche montrent que ces créatures aimaient le goût des patates douces, mais trouvaient la saleté qui couvrait les patates très désagréables à avaler. Une femelle âgée de 18 mois, appelée Imo, pensait qu’elle pouvait résoudre le problème du goût désagréable en lavant les patates dans un cours d’eau.

Elle enseigna cette astuce à sa mère. Les camarades de jeu de la petite Imo apprirent très vite ce savoir-faire et l’enseignèrent à leurs mères. En peu de temps, les singes adultes qui imitèrent leurs enfants montèrent une nette amélioration de leur vie sociale.

Le reste des singes adultes qui n’ont pas pris au sérieux la nouvelle technique résistaient au changement. Ces derniers, menèrent une vie très difficile avec leurs patates douces couvertes de saleté amère. Cette étude nous enseigne les points suivants

- L’âge et l’identité sont très importants dans l’étude des comportements des masses. (Imo est japonaise et a 18 mois).

- Les idées peuvent circuler dans un sens ascendant des plus jeunes aux plus vieux (les petits l’enseignèrent à leurs mères).

- Les idées se transmettent très facilement et très vite dans un groupe d’individus de même âge, mouvement horizontal (Les camarades de jeu apprirent très vite)

- Le maitre peut être plus jeune que son élève. (les singes adultes qui imitèrent leurs enfants)

- On ne peut pas changer toutes les mentalités d’une population par une seule leçon. Le plus important c’est l’étude du changement qui affecte la majorité (Le reste des singes adultes qui n’ont pas pris au sérieux la nouvelle technique).

En Algérie les citoyens apolitiques adorent la démocratie et la justice sociale car ces deux éléments composaient l’énergie de la locomotive qui tirait le train de la guerre de libération. La majorité des jeunes de cette époque ont pris le train révolutionnaire. Ils se sont sacrifiés. Ils ont donné leurs vies, pour que leurs enfants vivent dans une Algérie démocratique et populaire. Jusqu’ici « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes comme dirait Voltaire.

Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas vécu cette révolution. Ils ont entendu quelques histoires de la révolution mais jamais ses principes. Ils ne connaissent pas l’opium et le bâton de l’armée coloniale. Les jeunes de 15 à 30 ans s’en foutent éperdument des idées de Nasser, N’Kruma, Cabral, Mandela, Lumumba, Bourguiba, Sankara et les autres. Ici commence l’improbable. Ils crient tout haut « chaque jeunesse doit vivre son temps. Les jeunes d’hier ont vécu l’opium et le bâton, les jeunes d’aujourd’hui veulent labeur et pâton. Le pâton fait le pain et le bâton conduit à l’agressivité qui sème la haine dans les cœurs des gens» Comme Imo la Japonaise, nos jeunes sont à la recherche d’une astuce pour l’enseigner à leurs vieux parents.

La maxime algérienne « le chaton enseigne à son père chat comment cabrioler » est très valable. Pourquoi ne pas l’essayer?

Il ne faut pas leur en vouloir. Le monde est ouvert et l’information n’a pas de frontières. Ils ont tous un compte Facebook, cet œil-de-bœuf, qui donne sur le monde. Ils adorent l’Algérie, ils chantent la liberté. Ils dégustent le goût doux et sucré de la patate démocratique mais trouvent la saleté politique qui enveloppe cette patate très amère à avaler.

L’intention les pousse à agir. Les actes définissent la finalité. Si cette finalité vise l’intérêt de la nation et le bien du peuple, elle dure et influence. Par contre, si cette finalité mire les profits de clans et soutient les privilèges des sous clans, elle s’étouffe et s’oublie immédiatement.

Sans guide, sans boussole et sans repère, ils cherchent un oued politique limpide et sain pour laver la démocratie. Hélas ! Nos élus politiques sont trop loin de cet oued. Ils se baignent dans un oued trouble trop loin de la réalité de notre monde. En langage algérien de la rue « Nos élus sont à Oued Ya-Lill et les jeunes sont à oued La-La ». Nos jeunes cherchent des repères, une bonne direction au sens propre et au sens figuré. Cette idée est très bien décrite dans les travaux de recherche de l’Université Louis Pasteur de Strasbourg. Les travaux de recherche de Cédric Sueur à l’Université Louis Pasteur (Strasbourg), présentés dans une thèse soutenue en 2009, ont mis en évidence que les macaques de Tonkean prenaient leurs décisions d’une manière démocratique grâce à un système de vote. Un vote sans trafic et sans fraude. Ce vote leur permet de satisfaire la majorité des individus tout en conservant la cohésion sociale du groupe. Avant le départ vers un déplacement collectif, les macaques votent à propos de leur décision future.

Certains macaques s’orientent et avancent de quelques mètres vers une direction tandis que d’autres s’orientent vers une direction différente. Ici, Cédric Sueur présente le droit à l’opposition et l’acceptation des différences d’opinions.    D’autres macaques peuvent joindre l’une ou l’autre des directions en fonctions des affinités qu’ils entretiennent avec leurs semblables ou du nombre de macaques déjà orientés dans chaque direction. A ce point, Sueur nous donne un schéma de la liberté de choisir un mode de gouvernance. A un moment donné tous les macaques se déplacent dans une seule direction, celle pour laquelle la majorité a voté.

De plus, le moment où le groupe part n’est pas fortuit ou aléatoire non plus, puisque cette décision nécessite qu’un quorum soit atteint (chez les macaques de Koshima les japonais l’ont appelé nombre critique atteint). En effet, il faut qu’il y ait un seuil minimum de macaques votants pour que l’ensemble des membres du groupe choisisse de partir dans la direction de la majorité.

Je me demande si nos partis politiques, associations, unions, fondations, députés et sénateurs ont le courage de suivre ce modèle de gouvernance dans notre pays. Les macaques ne sont pas égoïstes, ils acceptent le transfert du savoir-mener à tout politicien qui le demande. La situation actuelle dans mon pays est très complexe.          Elle mérite réflexion et sagesse. Nos responsables doivent définir quelques points de repères sérieux pour réfléchir cette question et agir en termes de prévention.

La complexité de ce problème se résume par un jeune étudiant en science politique à l’université d’Alger comme suit : Il commence par définir la personnalité algérienne «l’Algérien à une qualité propre, il peut s’accoutumer de tous les défauts sauf de la trahison et du mensonge. Il continue, la démocratie basée sur 4 D (DDDD) ne marche plus en Algérie. Il s’explique : Le premier D indique Démagogie. Le second D signifie D’accord. Le troisième D veut dire Demain et le quatrième est tout simplement le D de Dommage.

Il développe, lorsque j’expose mon problème à un élu, il me répond toujours par «D’accord» mais revient Demain. Demain, je reviens, il me répond froidement Dommage. « Allah Ghaleb ! ». Cette réplique froide est la source des mécontentements des jeunes. Il continue son raisonnement est conclue en disant « Aucun gaillard de la politique ne peut représenter la démocratie devant un jeune lorsque les comportements des gladiateurs bureaucrates dans l’administration brillent de corruption et d’arrogance. Sans mentir, ses comportements ressemblent parfois aux conduites d’un pape du moyen-âge, pour ne pas dire « un dieu bureaucrate sur terre ».

Dans les contrées où démocratie règne, la politique administrative sur le terrain reflète la géométrie des sièges dans le parlement et le sénat. A titre d’exemple, le ministère du travail est chapeauté par un ministre appartenant à un parti bien déterminé. Les règles de jeux dans les pays qui respectent la démocratie rechutent la responsabilité de mauvaise gestion toujours sur la tête du parti représenté par ce ministre. A l’école on apprend à nos enfants que la reconnaissance des erreurs est la base de l’éducation de la sincérité et de l’honnêteté. Nos ministres et nos chefs de partis n’ont pas le courage de reconnaitre leurs erreurs. L’histoire moderne de notre pays, n’a jamais enregistré ou même mentionné une démission de ministre ou de chef de parti après erreur.

Hélas ! Aucun de nos élus ne peut jouer au Zapata mexicain. Ils n’ont pas le courage de faire le tour de la question. Les causes et les explications possibles sont nombreuses. Si, par hasard, un élu veut de se prononcer pour analyser la situation il trouvera sans faute une part de responsabilité. L’intuition démontre leur silence et la raison de leur absence pour calmer le jeu serré de nos jeunes dans la rue.          Quand nos jeunes parlent de démocratie, ils ont souvent des idées anticipées au sujet de cette dernière. Ils estiment que l’application de la démocratie leur apporte bonheur, succès, emploi et liberté. Ils pensent souvent que la démocratie préserve la dignité et permet l’application de leurs idées dans la gestion du quotidien sans contraintes physiques ou morales.    Déçus par cette démocratie à la patate douce sablée, ils galopent vers la rue pour exprimer leur désarroi contre les élus qui prennent leur vie quotidienne à la légère.

A défaut de parlement, qui absorbe les mécontentements des jeunes, la rue se transforme en parlement où se déverse le ras-le-bol.

Sans bagage scientifique, un élu mal élu analyse les comportements de la rue et ne propose aucune solution valable. Son intervention confirme le principe de Peter au-delà de notre compétence nous devenons des incompétents notoires. L’exercice politique, cet opium de marque, excite les cerveaux de ceux qui le sniffent et se transforme en maladie incurable.

Comme des drogués, les EDEM Akoursi et leurs acolytes les NADEEM Al Koursi ne peuvent pas vivre sans prendre une dose. Ils changent de parti et de principe comme ils changent de chaussettes afin de garder leurs intérêts.       Ils quittent le théâtre et y retournent par la trappe. Ils y restent, s’y accrochent souvent à vie. Ils s’accrochent à coups bas, à coups de poings, à coup de théâtre. Coups de théâtre synchronisés par les flatteurs tartuffes et les régisseurs des écuries étrangères.

Ils ne risquent rien et veulent tout avoir par dérogation et sans réserve. J’ai écouté avec attention les déclarions d’un nommé harki. Il prédisait un tsunami politique en Algérie. Il a la mémoire courte. Il a déjà oublié.

Il était acteur et responsable. Je ne suis pas un spécialiste en météo politique mais mon intuition d’éducateur me dit que les vagues de ce supposé tsunami ne ramèneront jamais les anciens NADEEM Al Koursi au voisinage des côtes du pouvoir. L’image de la démocratie diffère d’un citoyen à un autre et même d’un pays à un autre. Chez certains l’image de la démocratie s’éclipse quand un chef de parti, un président d’une association ou un président d’une fondation ne respecte plus la majorité quand cette dernière veut son départ.

Chez d’autres, l’image est claire quand les militants veulent que la démocratie soit le sédiment qui leur permet de tenir le plus longtemps dans un parti ou une organisation pour solutionner les problèmes de la nation.

Entre ces deux options, un groupe d’opportunistes calculateurs profite de la situation exceptionnelle et savoure la douceur de « la démocratie patate » dans certaines étables étrangères.

Comme les mandarins calculateurs, ils oublient leur passé, si passé existe, et souhaitent servir Israël. A un âge très avancé, ils reviennent aux folies de jeunesse même si les héros des montagnards de Oued El Abtal et les fils de Sidi Kada Ben Mokhtar père de l’Emir s’opposent.

L’histoire immédiate nous fait leçon :

l Quand un politicien ne mesure pas ses paroles devant le peuple et prononce des phrases démesurées de gamin étourdi.

l Quand son discours décrit les évènements chez lui par des actes terroristes impardonnables perpétrés par des voyous cagoulés, et accuse, sans preuve, des manipulateurs (venus d’un pays voisin).

· Quand il confond ses citoyens aux manipulateurs étrangers qui n’hésitent pas à impliquer « ses enfants » dans des actes de vandalisme et de destruction en diffusant des slogans et des informations mensongères.

Le résultat est honteux. Un départ en fuite irresponsable vers une destination imposée par la quantité de fuel du réservoir de son jet.       Une fuite de couard qui n’a jamais compris son peuple. Il s’évade, trésors en valise, comme un vrai Baba chantant sa Laila et murmurant la mélodie de son sésame.

En conclusion: L’un ne saurait sans doute être plus raisonnable que l’autre, si les opinions de chacun sont pour chacun la vérité (Socrate). L’Algérie nous est très chère. La vérité aboutit toujours à la liberté, le droit d’expression la défend, le gérance négative la démolie mais la justice la répare. Les diversités d’opinions font la force d’une société, lisons les idées de Rousseau et regardons nous-mêmes. «Supposons dix hommes, dont chacun a dix sortes de besoins. Formons une société de ces dix hommes, et que chacun s’applique, pour lui seul et pour les neuf autres, au genre d’occupation qui lui convient le mieux; chacun profitera des talents des autres comme si lui seul les avait tous; chacun perfectionnera le sien par un continuel exercice; et il arrivera que tous les dix, parfaitement bien pourvus, auront encore du surabondant pour d’autres. »

Cultivons la sincérité et la tolérance. Ces deux qualités mènent à la piété et la piété mène au Paradis. Evitons le mensonge et l’arrogance, ils mènent à l’impiété et l’impiété mène à l’Enfer! Raillons la violence de notre lexique. Acceptons-nous les uns et les autres.          Acceptons nous-mêmes. Cessons de détruire nous-mêmes par nous-même. Asseyons-nous avec nos grands, questionnons nos savants et fréquentons nos sages. C’est ainsi que se construit une nation.

*Pr. Associé Génie de Procédés

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Les commentaires sont fermés.

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...