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TARIK DJERROU, ECRIVAIN ET JOURNALISTE «J’écris pour me mêler de ce qui nous regarde !»

20 janvier 2011

LITTERATURE

TARIK DJERROU, ECRIVAIN ET JOURNALISTE

  «J’écris pour me mêler de ce qui nous regarde !»

Tarik Djerroud a 36 ans et porte plusieurs casquettes. Journaliste, auteur et éditeur dont le dénominateur commun est l’écriture et la soif de connaissances. Dans cet entretien, ce jeune de Sidi Aïch nous parle de son univers, de ses soucis et de ses projets.

●● Au commencement, si vous voulez bien, pouvez-vous nous parler un peu plus de Tarik Djerroud ? Je suis né en 1974 à Sémaoune, dans la région d’Ath Weghlis, en Kabylie, diplômé en électronique, passionné de littérature et amoureux de la vie. J’ai apprivoisé les mots depuis mon enfance, et je suis toujours sous l’emprise de leur magie !

●● Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ? Avant de mordre à l’hameçon de l’écriture, j’ai déjà beaucoup aimé la lecture ; durant mon enfance, je lisais les journaux et autres magazines auxquels je m’attachais chaque jour davantage. Le trait d’union qui m’a poussé vers l’écriture est l’ensemble d’interrogations qui habitent mon esprit et me boostent à trouver des réponses dans la nature humaine, animale et végétale. Ceci dit, l’écriture est une belle expérience qui permet d’approcher l’Homme avec le moyen des mots et appréhender ses problèmes avec sagesse, humanité et amour.

●● Votre premier roman est intitulé, « Le sang de Mars », qu’évoque-t-il justement ? « Le sang de mars » est une relation amicale entre un jeune algérien et un français venus d’horizons différents, mais les péripéties de la vie ont fait rencontrer. C’est un roman d’observation et d’analyses entre un passé immensément présent et un avenir qu’il faut préparer. Ce roman par la force de sa thématique se veut une métaphore des relations francoalgériennes, souvent tumultueuses et rarement apaisées, où se dessine en filigrane le visage morbide du colonialisme, ses conséquences sur les sociétés algérienne et française. Cependant, une question demeure en suspens : peut-on nous hisser, nous algériens et français, vers un niveau d’intelligence supérieure et construire une amitié conséquente ?

●● Commet vous avez eu l’idée de choisir ce titre ? Mon personnage algérien, Nordine en l’occurrence, est né au lendemain des accords d’Evian de mars 1962 qui coïncident avec l’indépendance de l’Algérie. En grandissant, le personnage a épousé l’histoire récente de notre jeune nation faite de grands moments et de périodes critiques. Outre le titre, l’originalité du roman est le fait de faire participer le lecteur à l’intrigue, ce dernier prendra tacitement la place du héros et sera appelé à son insu à résoudre un dilemme épineux !

●● D’où vous est venue l’inspiration de votre roman ? L’inspiration m’est venue des rencontres que j’ai faites il ya quelques années en France. Appelé à réparer une panne d’électricité, je me suis retrouvé devant Marcel (le Marseillais) et Nordine (l’algérois) qui vivaient sous le même toit La symbolique est frappante ; séduit, j’ai décidé d’en tirer un roman pour chercher des voies à une meilleure cohabitation entre les peuples algériens et français malgré le poids du passé…

●● Et qu’en est-il du deuxième roman, « J’ai oublié de t’aimer » ? Ce deuxième roman est empreint de romance, de déchirure, de questionnements ; plus le héros cherche à trouver des réponses plus il découvre des secrets d’Hommes et de vie. « J’ai oublié de t’aimer » est une ode à la tolérance, à un engagement mutuel sur la voie escarpée du destin pour rejeter toute forme de discrimination, il est un appel à se serrer les coudes contre tous les maux qui rongent la société humaine.

●● Comment vous est venue l’inspiration de cette histoire ? Le hasard fait bien les choses ! Au cours d’une balade, je rencontre un garçon sur une place publique, assis sur banc, éreinté de larmes. Je m’approche de lui, d’abord hésitant mais petit à petit, il s’est épanché avec une douceur et un pathos inoubliables… hélas, son malheur est commun à toute l’humanité.

●● Vous excellez apparemment dans le choix des titres. Est-il devenu votre cachet ? Je ne sais pas si je suis excellent dans mes choix, je préfère me fier au verdict des lecteurs ! Cependant, tout titre à une part de mystère, une portée poétique, il capte l’humeur de l’auteur et, un bon titre, doit traduire la thématique de façon à créer une osmose dans le dialogue à distance entre l’auteur et le lecteur.

●● L’histoire de ce roman se déroule en France, pourquoi avoir choisi ce pays ? Pour une raison simple ; c’est en France que j’ai rencontré mes personnages !

●● Est-il aisé d’écrire et de publier des livres dans notre pays ? La production littéraire en Algérie est une bataille à fleurets mouchetés contre une lignée de problèmes… Tout est cher, les traditions littéraires sont inexistantes, les lieux d’échanges d’idées sont introuvables… Malgré tout, avec abnégation, passion et patience, il y a encore des acteurs dont le respect de la création littéraire n’a d’égale que leur engagement à servir au mieux notre société et contribuer à l’essor de sa culture.

●● Laissons un peu de côté Tarik Djerroud l’écrivain… Pouvez-vous nous parler un peu de Tarik Djerroud, le journaliste ? Le journaliste n’est pas loin de l’auteur ! L’écriture est un dénominateur commun et qui représente pour moi l’oxygène quotidien, une façon d’exister par et pour les autres car j’écris pour me mêler de ce qui nous regarde tous ! J’écris chaque jour, je lis chaque soir. Le journaliste est assigné à une mission difficile, celle de rendre compte du quotidien des gens avec fidélité, sérieux avec comme seul souci le service du bien collectif.

●● Quel regard portezvous sur la situation de la presse algérienne ? La presse algérienne est entre le marteau et l’enclume : peu de libertés, peu de moyens, je constate une nette clochardisation de la fonction, et pour quel gain au retour ? Rien… Bien au contraire ; les journalistes sont harcelés par les plaintes, les insultes des autorités qui se manifestent par la méfiance de la corporation, le tout pour un salaire peu réduisant réduit en peau de chagrin… mais, la conviction est plus forte que tout !

●● Pouvez nous parler aussi de Tarik Djerroud, l’éditeur, puisque vous venez de lancer une maison d’édition ? L’éditeur que je suis tente de prendre en charge le problème livresque à bras le corps, faire de mon mieux pour produire des titres de qualité, tendre la main aux jeunes auteurs, et baliser le chemin pour le retour vers la sagesse qui rayonne entre les lignes et la curiosité enfouie entre les pages. Belles-Lettres est une ode aux mots, un espace d’expression des cultures et un trait d’union entre les peuples. Ainsi, les portes sont ouvertes à tout genre de créations allant du roman aux nouvelles, de l’essai à la bande dessinée jusqu’aux beaux livres…

●● Qu’en est-il de vos projets ? Actuellement, je prépare la sortie de quatre titres : mes deux romans « Le sang de mars » en réédition et « Au nom de Zizou », puis « La France en Kabylie » qui est un recueil de travaux de l’éminent historien et ami de l’Algérie feu Charles- Robert Ageron et finalement, Rekku n tmetti, une pièce théâtrale de Foudhil Yeddou, un jeune auteur de Béjaïa. Ils seront sur les étals à la fin du mois en cours.

●● Un mot pour conclure… Le monde de l’écriture et l’univers livresque sont en péril en Algérie. La distanciation du peuple par rapport à ces cercles marque une rupture aux conséquences qui seront ravageuses à notre avenir… Il n’y a pas un seul pays au monde qui n’ait réussi son passage vers la modernité sans s’appuyer sur la science, la culture, l’art et la création. Aussi, un regain d’intérêt pour ces disciplines est une nécessité impérieuse qui serait de bon augure pour un élan salvateur pour l’ensemble du pays !

Entretien réalisé par Hafit Zaouche

 

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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