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Fi trig el-gaz ! par El Houari Dilmi

9 janvier 2011

Contributions

Pour «tromper» une scoumoune qui ne le lâche pas d’une semelle, Lazreg aime se rendre à Trig el-gaz pour se rappeler sa jeunesse perdue. Isolé comme un moine contemplatif sur un promontoire pointu comme un canif,

Lazreg observe, le cœur lourd, les huit pipelines traversant de long en large son douar et venant du lointain Hassi R’mel pour déverser du gaz à gogo sur la «richissime» Arzew. En voyant du flouze transiter par montages entiers sans qu’aucun sou n’atterrisse ni dans ses poches dévidées ni dans l’escarcelle asséchée de son ex-Montgolfier, Lazreg déprime jusqu’à l’ivresse. En bonne compagnie de ses amis d’infortune, Lazreg noie son chagrin incurable dans de longs et interminables palabres nocturnes, assis sur un gros caillou à Trig el-gaz. Tous les soirs, par tous les temps, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige. Un jour sans pain, Lazreg eut une prise de bec des plus «épiques» avec son alter ego, Djelloul l’enturbanné. La pomme de discorde (qu’ils ne voulurent jamais partager !) était celle de savoir si le téléphone portable, ce «bidule» magique, était une bonne ou mauvaise «chose» pour les deux» «rurbains» qu’ils croyaient être. Pour Lazreg, jurant par le nom du saint patron de la région, Sidi Lazreg el Battache, le téléphone portable a contribué à le libérer du «joug» des longs et coûteux déplacements vers les KMS et autres «kabines tiliphouniques». D’ailleurs, depuis qu’il dispose d’un joli appareil made in Sidi Khourda, Lazreg n’a plus besoin de se rendre jusqu’à chez lui pour commander à sa douce moitié un bon couscous-merguez qu’il chérit tant. Mais son ami Djelloul est loin de l’entendre de cette oreille.

La raison à cela est cette «moussiba» qui lui est tombée sur la tête alors qu’il se trouvait à Trig el-gaz avec quelques amis «baghalas». N’ayant plus de «cridi» ni d’ailleurs aucun de ses amis ce soir-là, Djelloul ne put contacter sa douce moitié pour l’avertir qu’il allait rentrer un peu tard et qu’il fallait donc lui laisser bien au chaud sa part de tchicha bel mermez. Entré chez lui à une heure impossible, Djelloul passa la nuit l’estomac vide et comprit à ses dépens que le bouche-à-oreille était finalement le meilleur téléphone… arabe!

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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