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Le 9e art en fête à Oran par Mohamed Bensalah

25 décembre 2010

Contributions

«La BD convoque différentes compétences et peut donner lieu à des formations pour des profils ciblés, dans l’écriture mais aussi dans le dessin et la maîtrise de la couleur. Le transfert d’un art vers un autre multiplie les supports et offre différentes entrées à la pensée et une plus grande circulation des idées» Dalila Nadjem, commissaire du festival international de la BD d’Alger



C’est par la visite d’une merveilleuse exposition d’une trentaine de planches qu’a débuté samedi la manifestation « La BD en fête », organisée à Oran par le Centre culturel français. Au programme, des conférences, des tables rondes, des projections et des ateliers faisant de la création, de l’édition et de la distribution de la BD des thèmes à débattre. Durant une dizaine de jours, les bédéistes et les amoureux des bulles s’en donneront à cœur joie. Il sera question aussi bien de la BD française depuis ses origines que de la BD algérienne de 1969 à 2009. Les enfants de plus de 11 ans et les adultes sont privilégiés, puisque les ateliers organisés durant toutes les journées feront connaître le B.A-BA de la BD par le biais de la manipulation et des projections. Un Ciné-goûter est prévu en même temps que la projection du « Petit Nicolas », un film récent de Laurent Tirard avec Kad Merad et Valérie Lemercier, adapté à l’écran à partir des personnages créés par Gosciny René et Sempe Jean-Jacques. Plusieurs conférenciers, conviés à cette fête de la BD, ont donné leur accord. On regrette cependant à ce dialogue en bulles,

l’absence de grands noms de la BD algérienne, tels Slim, Melouah, Haroun, Red (Redouane Assari), Kamel Khelif… française, suisse et belge, Maximilien le Roy, David Boller, Cosey, Jacques Ferrandez, Albert Drandov…

C’est Murielle Bidault, conseillère pédagogique au CAVILAM (Centre d’Approche des Langues Vivantes et des Médias à Vichy), en France, qui a donné le coup d’envoi de la manifestation avec une première conférence illustrée ayant pour intitulé « Histoire de la bande dessinée francophone ». Les débats se poursuivront avec d’autres invités qui traiteront de la BD en Algérie, pays longtemps considéré comme le pionnier en la matière au Maghreb et en Afrique, mais qui, aujourd’hui, peine à maintenir le cap au regard de la régression qui a affecté, ces dernières années, l’expression artistique. Par la force des choses, la BD est appelée à s’imposer même si les écueils demeurent nombreux. Elle est l’art du siècle, le trait d’union entre les différentes cultures en même temps que moyen d’ouverture de l’esprit. D’ores et déjà, le cinéma, la vidéo et la télé la courtisent. Art générateur d’intertextualité, la BD s’est aussi bien imposée dans les domaines de la pédagogie de la formation et de l’emploi, que dans le domaine de l’édition et de la communication. Il sera question, ce mercredi 15 à 16 h, de « L‘évolution de la BD algérienne de 1969 à 2009 ». Mercredi 22, à 16 h, à la veille de la clôture, une autre table ronde traitera de « L’évolution de la BD algérienne ».

Murielle Bidault, qui encadre des stagiaires avides de connaissance, a bien voulu accorder à notre journal un entretien au terme de la conférence qu’elle a donnée au CCF d’Oran samedi après-midi, sur le thème de « La BD française des origines à nos jours ».

Trois Questions à Murielle Bidault

Le Quotidien d’Oran : Pouvez-vous nous parler de la genèse de la bande dessinée de par le monde ? A quel moment apparurent les bulles ?

Murielle Bidault : L’histoire de la bande dessinée a commencé en Suisse, au XIXème siècle. Rodolphe Töpffer croquait dans des cahiers, pour lui et sa famille, des scènes de la vie quotidienne. Un jour, il montre ses dessins à Freud, son ami, et celui-ci lui conseille de les publier, ce qu’il fit. En France, à Epinal, petite ville des Vosges, des artistes dessinaient depuis le XVIIIe des planches d’images connues sous le nom d’images d’Epinal. Comme les dessins de Rodolphe Töpffer, elles se présentaient sous la forme d’un dessin inscrit dans une vignette rectangulaire, accompagné d’une légende en dessous. En 1889, le dessinateur Christophe publie les aventures de La famille Fenouillard dans le journal Le Petit Français illustré. C’est l’un des premiers rendez-vous réguliers pour les Français avec la bande dessinée. Les images sont toujours du même type mais on voit apparaître des extraits de dialogue dans les légendes sous la case.

Maintenant, à propos des bulles, ces dernières vont venir des Etats-Unis. En 1905, Windsor Mc Cay imagine le personnage de Little Nemo. Sur une planche, le dessinateur raconte les rêves du petit garçon et il se réveille tous les matins en se demandant s’il a rêvé : c’est précisément cette question qui est écrite dans la bulle. Jusque-là, la forme de la planche et des cases est restée classique. On parle de planche en gaufrier : une succession de cases carrées et alignées en plusieurs rangées. Si l’on regarde une planche de Bécassine, vers 1939, on se rend compte que cette structure commence à évoluer et on voit apparaître des cases rectangulaires, plus ou moins grandes, et des cases rondes utilisées par les dessinateurs pour faire des gros plans. En 1925, les bulles arrivèrent en France dans la bande dessinée Zig et Puce d’Alain Saint-Ogan, dans Le Dimanche illustré. Lors de ses débuts, Hergé est allé demander des conseils à Alain Saint-Ogan et si l’on regarde les premiers dessins de Tintin, on peut remarquer une certaine ressemblance avec le trait d’Alain Saint-Ogan.

Q. O.: Les premiers magazines de bandes dessinées, destinés en priorité aux enfants, eurent beaucoup de succès. Aujourd’hui, cette production se fait rare. Les BD actuelles s’adressent plutôt à un public adulte. Comment expliquez-vous ce phénomène?

M. B.: En 1938, le magazine Le journal de Spirou est créé par Rob-Vel. Il est le seul de cette époque à exister encore aujourd’hui, et de nombreux héros ont vu le jour dans ses pages : Gaston Lagaffe de Franquin, le premier antihéros, Les Schtroumphs de Peyo… Huit années plus tard, en Belgique, Raymond Leblanc crée Le journal de Tintin qui permet à Tintin et Hergé de connaître le succès qu’on leur connaît. Ce magazine a permis à ses lecteurs de découvrir les aventures de Blake et Mortimer d’Edgar P. Jacobs. Enfin, en 1958, Jean-Michel Charlier, Albert Uderzo et René Goscinny créent le magazine Pilote. Ce dernier hébergera un très grand nombre de dessinateurs devenus célèbres tels que Uderzo et Goscini (Astérix le Gaulois, 1959), Fred (Philémon, 1965), Marcel Gotlib (Rubrique à brac, 1968), Enki Bilal… Pilote permet à ses lecteurs de découvrir des artistes qui ont influencé fortement la BD en déconstruisant les structures de la planche et de la case.

A la suite de mai 68, au début des années 70, de nombreux magazines de BD destinée aux adultes voient le jour et proposent des bandes dessinées caustiques, grivoises, à l’humour noir… Une partie des dessinateurs de Pilote en ont profité pour changer de magazine, se sentant trop à l’étroit, et sont allés publier dans Fluide Glacial, Métal Hurlant, L’écho des savanes… La BD glisse alors du côté des adultes.

Q. O.: Aujourd’hui, l’Europe et même les Etats-Unis assistent impuissants à la déferlante mondiale des Mangas… Comment expliquez-vous cet immense succès planétaire ?

M. B.: A partir de 1990, c’est la déferlante Mangas en France. Les Français découvrent le monde technologique post apocalyptique et très souvent violent des dessinateurs japonais. C’est un énorme succès jusqu’à aujourd’hui. Au milieu des années 90, la bande dessinée connaît un vrai boom avec des ventes en hausse grâce aux nombreuses séries créées à cette époque et à de nombreuses adaptations audiovisuelles. Une nouvelle vague de jeunes dessinateurs talentueux alimente actuellement les rayons des libraires et fait découvrir des styles riches et variés à des lecteurs de plus en plus nombreux : Marjane Satrapi, Lewis Trondheim, Manu Larcenet, Joann Sfar, Riad Satouf, David B. … et plusieurs d’entre eux ont fait le choix de se regrouper au sein de L’association pour défendre leurs publications.

C’est précisément de tout cela dont il sera question durant cette quinzaine consacrée à la bande dessinée. En plus de cette conférence et de plusieurs autres, une semaine de formation est proposée aux enseignants de français sur le thème de la « Didactique de la bande dessinée en classe de Français Langue Etrangère » afin de les aider et de leur donner des idées pour utiliser la BD comme support d’apprentissage. Vos lecteurs peuvent consulter le programme du CCF pour les ateliers de ces deux semaines.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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