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Les ânes n’iront pas au paradis ! Souffles… Par : Amine Zaoui

9 septembre 2010

Contributions

Les ânes n’iront pas au paradis ! Souffles…  Par : Amine Zaoui dans Contributions logo_imp
Edition du Vendredi 10 Septembre 2010

Culture

Et pourtant l’âne a porté sur son dos toutes les grandes civilisations humaines depuis Gilgamesh jusqu’à la Révolution algérienne.


Kan ya makane, Machaho, il était une fois, un âne obéissant, discipliné, charmant et docile, à l’image de tous les ânes du village et de la planète. Tous les adjectifs provenant du concept “la soumission” lui vont comme une selle confortable ! Il a fait, et avec courage, conviction et amour, la guerre de Libération nationale de son pays, plutôt le pays de son maître. Sur son dos, les armes ont été transportées, toutes sortes d’armes. Sur son dos, on a pu déplacer la station de radio, l’émetteur mobile, les journalistes et d’autres équipements. Puis, il a fait “le combat” de la croissance, du développement économique, de la construction socialiste et capitaliste, en portant, toujours sur le même dos fatigué par les années et les multiples corvées, les élèves des hameaux vers l’unique école du village central, pour en faire des ingénieurs, des médecins et des poètes. Lui, il n’a jamais adhéré à un parti politique ni à une association pour la défense des droits de l’homme, ni à une association pour les droits des animaux. Il n’avait pas le droit de commettre ce délit. D’ailleurs, il n’a jamais entendu parler de Brigitte Bardot ! Il a porté les grandes jarres et les cruches pleines d’eau puisée des puits les plus reculés, pour que les gens se désaltèrent, se lavent, pour les ablutions musulmanes, pour préparer un berrad de thé à la menthe, pour irriguer un carré de pomme de terre, quelques têtes d’oignon ou un figuier chétif. Sur son dos, on a transporté des pierres, du sable et de la terre pour construire des maisons, des logis, des écoles, des refuges et des clôtures. Et pourtant les gens du village n’aimaient pas l’âne. Tout le monde est susceptible, voire superstitieux à la présence de cette bête indispensable dans le village. Par un jour, l’Ange Gabriel lui a rendu visite, et quand l’Ange Gabriel descend de son septième ciel, c’est pour annoncer l’heure de la mort ; il lui a dit : après trois nuits, tes jours prendront fin. Selon l’écrit de Dieu, je passerai reprendre ton âme. Et il lui a chuchoté à l’oreille le conseil suivant : mon cher, vous n’êtes pas aimé dans le village, et pour accéder au paradis, il faut aller voir tous les gens du village, un par un, et leur demander pardon. L’âne s’est demandé : qu’est-ce que j’ai fait de mal pour demander pardon à ces êtres humains inhumains ? Et parce que l’âne est gentil, docile et agréable, il a décidé de faire le porte-à-porte pour demander “pardon” au peuple du village. Il frappe à la première porte, puis il lança un hihan. Derrière la porte, une voix s’est levée sur un ton d’anxiété et inquiétude : Allah a qualifié, dans son Livre Sacré, cette voix de malédiction en disant : la voix des ânes est la plus dégoûtante de toutes les voix. Et la porte demeura fermée.
Il passa devant une deuxième porte, l’âne, le gentil et le fidèle, lança un doux braiment. Une voix irritée parvenant de l’autre côté de la porte aveugle tomba dans son oreille : malédiction ! Que Dieu nous garde de cette voix haineuse et maudite. Puis, tous les habitants du village ont fermé leurs portes et bouché leurs oreilles pour ne plus entendre la voix de l’âne. L’âne, triste et soucieux, retourna à l’ombre du figuier du village, il regarda le ciel, médita sur le monde qui l’entoure en marmonnant : mais, mon Dieu, pourquoi demanderais-je pardon à ceux qui m’ont toujours considéré comme la malédiction capitale du village. Je n’ai jamais fait du mal à quelqu’un. Soudain, l’Ange Gabriel survint, rabattit ses ailes et adressa la parole  à l’âne agonisant : as-tu demandé pardon aux citoyens du village ? Je n’aime pas partir au paradis qui abrite des gens haineux et venimeux, a répondu l’âne en se donnant tranquillement
 à sa mort profonde et angélique.

A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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