Le Carrefour D’algérie
Sâadane est parti sans même rendre des comptes, diront beaucoup d’observateurs. Tout ce qu’il avait à faire c’est de déposer une démission: quelques lignes sur une feuille et le tour est joué. Il est désormais libre, sans pression,
loin des projecteurs et de tout le brouhaha des stades et des grands matches. Mais Sâadane, un homme en fin de carrière, est parti sur une série défaites, lui qui comptait certainement prendre sa retraite un peu plus tard sur encore une bonne prestation et en finir avec ce football, qui l’a si longtemps rendu triste, heureux, malade, terrorisé et souvent déçu, en beauté. Le cheikh a certes, réalisé un joli parcours avec les Verts, en 1982 d’abord, puis en 2010. Il a apporté un peu de bonheur à ces centaines de milliers de fans algériens fous de l’emblème national et fous des Verts. Certes, il a permis à l’Algérie de reprendre la voie des grandes compétions internationales, mais il aurait dû savoir s’arrêter et sortir, avec tous les honneurs, de la grande porte sous les applaudissements. Ils sont nombreux à avoir eu le courage de s’arrêter en bonne voie, car pour protéger sa réputation, sauver son honneur et garder la tête haute et froide, il faut une sacrée dose de courage. Sâadane a, manifestement péché par manque de réalisme et n’a pas dit «non… merci», quand il le fallait. Aujourd’hui, que la vapeur s’est renversée, c’est lui qu’on jette en pâture et donc c’est lui, qui doit payer pour les autres. A son âge, l’homme ne le sait que trop bien, car le cheikh est déjà passé par cette voie étroite et ingrate. Sâadane est parti avec le sentiment d’être abandonné, il reste un collectif qui mérite aussi d’être sérieusement secoué, pour apprendre une fois pour toute, que le professionnalisme rime avec le sens des responsabilités. Et à ce titre, les joueurs ont une grande part de responsabilité dans cette descente en enfer en l’espace d’à peine quelques mois. Le Onze Algérien a encore une longue période d’apprentissage devant lui, celle de la discipline et de l’engagement. Peut-être que Sâadane, dans ce sens, n’a pas beaucoup apporté au groupe. C’st donc à celui qui lui succède d’en tenir compte et de l’inculquer aux joueurs. Jouer en équipe nationale, est un honneur, d’abord et certains joueurs semblent l’avoir déjà oublier.






7 septembre 2010
Contributions