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Communication Par El-Guellil

18 août 2010

Contributions

Deux amies se té léphonent, cha cune d’un côté de la mer. On dit que jeûner à Paris, c’est difficile; le cadre ne serait pas chaleureux. En clair, les odeurs de chez nous n’y seraient pas ! C’est le Ramadhan.

- Allo… Je «tantant» très mal. Parle plus fort, j’ai un problème de «chant». – Mais non, je ne suis pas aux Champs-Elysées. Je te parle de ma fenêtre. Je surplombe Barbès.

- Mais parle dans le «cabini » et raconte-moi un peu sidna Ramadhane. – Voilà, j’ai ma bouche pile face au combiné ! Tu m’entends mieux ?

- Oui «jean tend mieux» – Comme ici, fi Barbès, comme là-bas fel quartier. Les gens sont agglutinés à la porte d’une pâtisserie, Les délices de Carthage, et ressortent avec des boîtes de gâteaux, du pain bien de chez nous, des «saha ftourek » en guise de musique de fond. El-msemmène rangé sur une caisse de fortune est vendu par une jeune fille de type maghrébin. Une autre s’aligne près d’elle et sort à son tour sa marchandise, du «matlou’» que sa mère vient juste de sortir du four, et se met à le vendre à tour de bras. Oui, mais chez vous, là-bas, la marchandise est recouverte de film alimentaire pour éviter que les microbes de la rue s’y accrochent.

- Tu te trompes, c’est comme chez nous, fel bled. C’est ça qui est beau. Il ne faut pas dépayser la clientèle. Quelques odeurs d’égout par-là, quelques mouches inoffensives par-ci… – Mais parle dans le cabini…

- Oui… tu sais, Ghalem, mon mari, il arrive même à acheter des cigarettes algériennes, vendues par ceux de chez nous fi les trottoirs. Khatra, khatra, la police les enquiquine, mais tu penses…. Itirou, nos jeunes qui jeûnent… De longs échanges se poursuivent sur la cherté de la vie comparée aux deux rives. C’est tantôt des multiplications par douze, des divisions par dix…! Elles abandonnent les calculs. Elles concluent que c’est dur pour tout le monde

- Ah yema, j’ai mal à la tête. – Passons à autre chose. Et les Français dans tout cela ? Mais parle dans le «cabini silteplai»

- On les compte sur les doigts de la main, tellement ils se font rares. Le quartier ressemble à un quartier de chez nous. Avec les mêmes personnes, les mêmes qualités, c’est-à-dire les défauts surtout, la même langue de chez nous, les mêmes marchandises, les mêmes fringues, les mêmes tout ! Parfois, y sont invités certains Africains et pour la plupart, ils sont musulmans. Chacun ramène un bout de son bled avec lui. Ce qui fait que, là-bas ou ici, c’est kifkif. – Au fait, si tu viens passer l’Aïd au bled, pense aux enfants. – Parle dans le combiné, je n’ai pas de chan…ge.

Le Quotidien D’Oran du 18/08/2010

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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